Tongariro & White Island (Nouvelle Zélande)

tongariro,white island,volcans,volcanoes,volcano newsLe Tongariro a émis un peu de cendre pendant les jours qui ont suivi l’éruption mais aucune nouvelle activité n’a été observée ces derniers jours. L’activité sismique est redevenue normale. En conséquence, le niveau d’alerte a été abaissé de 2 (petite acticité éruptive) à 1 (signes d’acticité volcanique). Toutefois, la couleur du niveau d’alerte pour l’aviation reste Jaune (le volcan connaît une activité supérieure à la normale).

Le niveau d’alerte de White Island a été réduit lui aussi de 2 à 1. Il n’y avait que peu ou pas de cendre dans le panache la semaine dernière. Le danger reste toutefois présent sur l’île et il est demandé aux visiteurs d’être prudents.

 

tongariro,white island,volcans,volcanoes,volcano newsMinor amounts of ash were emitted from Tongariro during the first few days after the eruption, but there had been no new activity recently. Seismic activity has returned to normal low levels. As a consequence, the alert level has been reduced from level 2 [minor eruptive activity] to level 1 [signs of volcano unrest]. The aviation colour code which indicates that the “Volcano is experiencing signs of elevated unrest above known background levels” remains at Yellow.

The alert level for White Island has also been reduced, from level two to one. Little or no ash was visible in the plume during the past week. The risk to visitors to the island remains higher than normal and people are still advised to be cautious.

Tongariro (Nouvelle Zélande)

tongariro,volcans,volcanoes,volcano newsOn peut lire dans la presse locale de Hawke’s Bay que la Protection Civile conseille à cette région de se préparer à des retombées de cendre en cas d’éruption du Tongariro.

Des organismes tels que la police, les pompiers, les services sanitaires et la protection civile se sont réunis vendredi dernier pour mettre au point un plan d’urgence dans le cas où l’activité du Tongariro viendrait à s’intensifier. Il faudrait alors s’attendre à voir une couche de cendre de 2 à 3 millimètres dans le secteur de Hawke’s Bay. Cela n’est pas considérable, mais suffisant pour causer des problèmes dans la mesure où cette cendre est toxique (on a relevé d’importantes quantités de fluor). Elle peut entraîner des problèmes respiratoires et être dangereuse pour le bétail. De plus, elle est abrasive et affecter les appareils mécaniques et électroniques.

Il est conseillé aux fermiers et aux horticulteurs de consulter le site Internet  du Ministères des Industries Premières afin de connaître l’impact que pourrait avoir la cendre sur leurs activités : http://www.mpi.govt.nz.

Au cours des derniers jours, le mauvais temps a empêché les volcanologues du GNS de se rendre sur le terrain et de voir si le Tongariro est susceptible d’entrer à nouveau en éruption.

 

tongariro,volcans,volcanoes,volcano newsIn an article released by Hawke’s Bay local press Civil Defence advises Hawke’s Bay to be prepared for possible further eruptions and ash fall from Mount Tongariro. 

Agencies such as Police, Fire, Ambulance, District Health Board and Civil Defence met on Friday and have agreed to a plan should the current state on Mount Tongariro escalate. In this case, the impact on Hawke’s Bay is likely to be ash fall to a depth of 2-3 millimetres.  While this sounds minimal, any amount of ash fall can have an impact, as volcanic ash is toxic (a high rate of fluorine has been detected). It can aggravate respiratory conditions and be poisonous to stock. Volcanic ash is also abrasive and can affect outdoor mechanical and electronic equipment. 

Farmers and horticulturalists should be familiar with information and consider how ash fall could impact their operations. They are advised to visit the Ministry for Primary Industries website http://www.mpi.govt.nz.

During the past days, bad weather prevented GNS volcanologists from visiting the Tongariro area and seeing how likely it is to explode again.

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Cette carte montre la situation géographique de Hawke’s Bay qui recevrait inévitablement de la cendre du Tongariro sous l’effet des vents dominants.

 

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Cette carte montre les zones les plus exposées aux projections du Tongariro, ainsi qu’aux avalanches incandescentes et autres coulées de boue.
 

Iles Kermadec & Tongariro

tongariro,kermadec,volcans,volcanoes,volcano newsD’après le site web de Radio New Zealand, les scientifiques de GNS ont peut-être identifié le volcan sous-marin responsable de la nappe de ponce gigantesque que l’on a vu flotter à la surface de l’océan. Il pourrait de s’agir de la caldeira de l’Havre – volcan inactif jusqu’à présent –  dans la partie méridionale de l’archipel des Iles Kermadec.

Je trouve personnellement assez étonnant que l’Homme soit capable d’envoyer des sondes et autres rovers sur d’autres planètes, sans être capable de détecter la source d’une éruption sous-marine sur Terre ! Il est vrai que les abysses de nos océans sont moins spectaculaires et moins médiatiques que la surface de la planète Mars !

Pendant ce temps, le Tongariro reste calme. Le « bruit » perceptible sur les sismos était dû aux vents violents qui soufflaient sur la région. Un lahar a dévalé la pente du volcan ; il a été provoqué par les fortes pluies qui ont affecté la région au cours des dernières heures. Son origine n’est absolument pas volcanique.

 

tongariro,kermadec,volcans,volcanoes,volcano newsAccording to the Radio New Zealand website, GNS Science may have at last identified the origin of the huge pumice raft that was seen floating on the ocean. It was probably coming from a previously inert caldera called the Havre Volcano near Curtis Island in the Kermadecs.

Strangely enough, we are able to send probes, rovers and so on to other planets and we are not able to detect the source of a submarine eruption on our own planet! The abyssal zones of our oceans are less dramatic than the surface of Mars!

Meantime, Tongariro volcano is quiet. The “noisy” signal that could be observed on the seismograph drums was due to windy weather conditions. A lahar was reported on the slope of the volcano. It was caused by the heavy rains that affected the region lately and not by volcanic activity.  

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Avec l’aimable autorisation de Wikipedia.

 

Tongariro (Nouvelle Zélande)

On peut se demander (deux blogonautes viennent de me poser la question) comment de nos jours, avec tous les instruments dont nous disposons, une éruption comme celle du Tongariro peut se déclencher et surprendre les volcanologues.

Avant tout, j’aimerais répéter ce que je dis lors de mes interventions en public : Aujourd’hui, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique ! Certes, les instruments nous alertent sur les humeurs des volcans mais nous ne sommes pas capables de dire comment se déroulera l’éruption proprement dite. Même sur des volcans comme le Kilauea ou le Piton de la Fournaise, les scientifiques en poste dans les observatoires se font parfois surprendre par la soudaineté des événements.

Au Tongariro, c’est une fois encore la soudaineté de l’éruption – de l’explosion devrais-je dire – qui a surpris tout le monde, d’autant plus que l’événement a eu lieu tard dans la soirée, vers 23h50 (heure locale). Pourtant, en y regardant bien, certains indices ont montré au cours des semaines précédentes que la situation était en train d’évoluer sur le volcan. Les sismographes se sont agités et les fumerolles ont émis des gaz volcaniques dans des proportions non négligeables. Ces indices montraient que du magma était en train de monter des profondeurs. Le problème, c’est qu’une intrusion magmatique ne débouche pas obligatoirement sur une éruption. El Hierro (Iles Canaries) vient de le confirmer parfaitement.

Une fois l’intrusion magmatique terminée, les sismos se sont calmés et, au bout de quelques jours, le niveau d’alerte a été abaissé.

Pas de chance – les volcanologues néo-zélandais ne pouvaient pas le prévoir – le magma est entré en contact avec des sources hydrothermales, ce qui a bien sûr provoqué une montée en pression colossale de la vapeur jusqu’au moment où la cocotte-minute a explosé. Les projections incandescentes dont font état plusieurs témoignages correspondent à la « tête » de l’intrusion magmatique mais les analyses ont révélé que la plupart des matériaux éjectés ne sont pas d’origine juvénile. De toute façon, leur couleur et celle de la cendre ne laissent aucun doute quant à l’origine phréato-magmatique de l’éruption.    

Une nouvelle explosion est-elle susceptible de se produire ? Personne ne le sait ! Tout dépendra de ce qui se passe en sous-sol. Si l’explosion a « purgé » la nappe phréatique qui sommeillait en aval du Te Mari Crater, il ne se passera rien d’autre, au moins pendant quelque temps. Par contre, si les sources hydrothermales fournissent un nouvel apport d’eau, il y a de fortes chances pour que de la vapeur s’accumule à nouveau et que le couvercle saute un jour ou l’autre. Les dernières observations font état d’émissions de SO2 (2100 tonnes/jour), de CO2 et de H2S au niveau des bouches éruptives, ce qui confirme la présence du magma en sous-sol. Il y a actuellement une épée de Damoclès sur la région du Tongariro et il est fort raisonnable d’attendre avant d’autoriser à nouveau l’accès au Tongariro Crossing.

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Le Tongariro Crossing: une randonnée longue mais pas très difficile, avec des paysages superbes.

(Photo: C. Grandpey)