Des fuites de méthane à gogo ! // Methane leaks galore!

Concentrations de CO2 : 431,44 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Une étude a identifié des dizaines de «méga-fuites» de méthane provenant d’infrastructures pétrolières, gazières et de décharges mal entretenues. Certaines émissions dégagent autant de chaleur qu’une centrale à charbon entière. On sait que le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre les plus agressifs. D’une durée de vie plus courte que le CO2, il n’en est pas moins l’un des plus dangereux gaz à effet de serre.

Selon un article paru dans The Guardian, de nouvelles images satellites ont mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révèle des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles proviennent d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier.

Le top 25 mondial des points les plus polluants est largement dominé par le Turkménistan.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Viennent ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas, où l’un des sites a rejeté jusqu’à 5,5 tonnes de méthane par heure. Des rejets similaires ont aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran. Dans le secteur des déchets, certaines décharges en Turquie, en Algérie, en Malaisie ou aux États-Unis libèrent elles aussi d’immenses nuages de méthane: les déchets organiques en décomposition produisent ce gaz lorsqu’ils sont mal gérés.

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure. Aux États-Unis, neuf des dix pires émissions proviennent du Texas, un État pourtant fier de son expertise industrielle.

Face aux critiques, le Turkménistan affirme avoir réduit ses fuites de 30% grâce à une coopération avec l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie et l’UE. Toutefois, l’analyse de l’UCLA contredit ces déclarations et plusieurs super-fuites» persistent. En conséquences, si Achgabat – qui gère le gaz au Turkménistan – veut vendre son gaz à l’Europe, il devra prouver qu’il prend réellement des mesures pour protéger l’environnement.

Grâce aux satellites, les émissions deviennent visibles et donc traçables. Les observateurs espèrent que ces révélations provoqueront un sursaut politique. En effet, réparer des fuites, contrairement à transformer un système énergétique, est une action presque immédiate, rentable et techniquement simple. Pourtant, tant que les responsables publics et privés resteront passifs, des millions de tonnes de méthane continueront de s’échapper chaque heure, invisibles à l’œil nu, mais bien réelles pour le climat.

Source : The Guardian.

Pour rappel, les concentrations de méthane dans l’atmosphère atteignent actuellement 1945,85 ppb, selon des dernières mesures effectuées en Novembre 2025.

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A study has identified dozens of « mega-leaks » of methane from poorly maintained oil and gas infrastructure and landfills. Some emissions release as much heat as an entire coal-fired power plant.

Methane (CH4) is known to be one of the most aggressive greenhouse gases. While it has a shorter lifespan than CO2, it is nonetheless highly dangerous to the atmosphere.
According to an article in The Guardian, new satellite images have revealed the worst methane « mega-leaks » in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), reveals dozens of giant emissions spread across several continents. They originate from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are well-documented and would be easy to address.

Turkmenistan dominates the list of the world’s 25 most polluting sites. Next come the United States, with several monumental leaks, notably in Texas, where one site released up to 5.5 tons of methane per hour. Similar releases have also been detected at facilities in Venezuela and Iran. In the waste sector, some landfills in Turkey, Algeria, Malaysia, and the United States also release immense clouds of methane. Decomposing organic waste produces this gas when poorly managed.
These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community.

Data from Carbon Mapper, used by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour. In the United States, nine of the ten worst emissions originate from Texas, a state that prides itself on its industrial expertise.

Faced with criticism, Turkmenistan claims to have reduced its leaks by 30% thanks to cooperation with the UN, the International Energy Agency, and the EU. However, UCLA’s analysis contradicts these claims, and several « super-leaks » persist. Consequently, if Ashgabat—which manages Turkmenistan’s gas—wants to sell its gas to Europe, it will have to prove that it is actually taking measures to protect the environment.

Thanks to satellites, emissions are becoming visible and therefore traceable. Observers hope that these revelations will trigger a political awakening. Indeed, repairing leaks, unlike transforming an energy system, is an almost immediate, cost-effective, and technically simple action. Yet, as long as public and private officials remain passive, millions of tons of methane will continue to escape every hour, invisible to the naked eye, but very real for the climate.
Source: The Guardian.

As a reminder, methane concentrations in the atmosphere currently reach 1945,85 ppb, according to the latest measurements performed in November 2025.