Antarctique (2) : Le monstre du Lac Vostok // Antarctica (2) : Lake Vostok’s monster

Dans le sillage de la note très sérieuse que j’ai publiée sur les mystères du Lac Vostok, voici un article mis en ligne par le journal britannique The Express le 30 novembre 2016. Le scénario qui y est décrit ressemble plus à un film d’horreur de science-fiction qu’à un rapport scientifique fiable! Selon l’article, un calmar géant capable d’hypnotiser sa proie et paralyser des humains a été façonné par Vladimir Poutine qui aurait l’intention de s’en servir comme arme secrète.
Le Dr Anton Padalka prétend qu’il faisait partie d’une expédition scientifique russe dans un lac sous-glaciaire de l’Arctique [première erreur: le lac Vostok est en Antarctique] où les hommes se sont trouvés face à face avec cette créature terrifiante, connue sous le nom d’Organisme 46-B. Il a déclaré que l’événement a été dissimulé par les autorités russes qui tentent maintenant de trouver le moyen de faire se reproduire le calmar à des fins militaires, avec des effets potentiellement dévastateurs.
Le Dr Padalka a déclaré que le calmar, qui vit dans un lac d’eau douce piégé sous 3200 mètres de glace, a tout un éventail d’armes à sa disposition et est responsable de la mort d’au moins deux de ses collègues lors de l’expédition.
Tout en donnant des détails qui ressemblent au scénario d’un film d’horreur, il a déclaré que les membres de l’expédition avaient rencontré l’Organisme 46-B dès le premier jour. Le monstre a désactivé leur radio, de manière parfaitement intentionnelle, comme ils l’ont appris plus tard. [Il convient de noter qu’aucun détail n’est donné sur la manière dont l’expédition a réussi à atteindre le lac à cette profondeur!]
Le calmar est également capable de paralyser une proie jusqu’à 45 mètres de distance en envoyant son venin dans l’eau. Un membre de l’expédition a été tué de cette façon. Ses collègues sont restés impuissants pendant que le calmar se servait de ses tentacules pour lui arracher la tête, et introduire les restes du corps dans sa gueule. C’était comme si l’animal avait hypnotisé l’homme par télépathie.
Ce cannibale de 10 mètres de long possède également une extraordinaire capacité à se camoufler. Elle lui a permis de suivre  les chercheurs en changeant d’apparence. Par exemple, l’animal est capable de prendre l’aspect d’un plongeur. Les scientifiques pensaient qu’un de leurs collègues nageait vers eux en tenue de plongée. Au moment où le scientifique le plus proche a réalisé qu’il s’agissait du calmar, c’était trop tard ; ce dernier s’est saisi de l’homme et l’a carrément déchiqueté avant de l’avaler.
Le calmar peut également utiliser ses quatorze tentacules pour tuer, même lorsque l’un d’eux a été sectionné. Un autre scientifique a été tué par un tentacule plusieurs heures après l’avoir tranché avec une hache.
Après cinq jours de lutte contre le monstre, les scientifiques ayant réussi à lui échapper ont finalement capturé l’Organisme 46-B et l’ont introduit dans une cuve. Ils l’ont remontée à la surface mais ont été très surpris quand les autorités russes ont déclaré à la presse internationale que rien de particulier n’avait été trouvé.
Le Dr Padalka a quitté le pays et a sonné l’alarme. Il a prétendu avoir découvert le projet de Vladimir Poutine d’utiliser le calmar comme arme militaire. Il a expliqué que le plan prévoyant de faire se reproduire cet animal pourrait s’avérer dévastateur. En effet, certaines espèces pondent jusqu’à 200 000 œufs. Il est facile d’imaginer ce qui se passerait si on les déposait dans des réservoirs et des lacs partout en Amérique du Nord…

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In the wake of the very serious post I published about the mysteries of Lake Vostok, here is a story released by the British newspaper The Express on 30 November 2016. It looks more like a science fiction horror film that a reliable scientific report! According to the article, a killer giant squid that can hypnotise its prey and paralyse humans is being developed as a secret weapon by Vladimir Putin.

Doctor Anton Padalka claims he was part of a Russian scientific expedition to a subterranean lake in the Arctic [first mistake : Lake Vostok is in Antarctica] that discovered the terrifying creature – known as Organism 46-B. He said their discovery at Lake Vostok was covered up by Russian officials who are now looking at ways to weaponise and breed the deadly squid, with potentially devastating effects.

Dr Padalka said the squid, which was discovered in a fresh water lake trapped beneath 3,200 metres of ice, possessed an array of weapons and was responsible for the deaths of at least two of his scientific colleagues on the expedition.

Giving details which sounded like the script of a horror film he said the members of the expedition encountered Organism 46-B on the first day. It disabled their radio, which they later learned, was intentional. [It should be noted that no details are given about how the expedition managed to reach the lake at this depth!]

The octopus is also able to paralyse a prey from a distance of up to 45 metres by releasing its venom into the water. A member of the expedition was killed this way. His colleagues watched helplessly as the squid used its arms to tear off his head then pop the remains in its mouth. It was as if it had hypnotised the man telepathically.

The 10-metre-long man-eater also boasts extraordinary camouflage that helped it stalk the researchers, including shape-shifting. For instance, it is able to shape itself into the form of a human diver. The scientists thought it was one of their colleagues swimming towards them in scuba gear. By the time the closest scientist had realised what it was, it had grabbed him and torn him to bits.

The octopus could also use its tentacles to kill, even after they had been hacked off its body. Another scientist was killed by a tentacle many hours after slicing it off with an axe.

After five days battling the animal, the remaining scientists finally trapped Organism 46-B in a tank. They brought it to the surface but were shocked when it was seized by Russian officials, who told the waiting international press nothing had been found.

Dr Padalka fled the country and raised the alarm after he claimed to have discovered Mr Putin’s plans to use the animal as a military weapon. He warned these plans, and any possible plans to breed more of the creatures, could prove devastating. He said that some species of octopus lay 200,000 eggs.  T is easy to imagine what would happen if they were deposited in reservoirs and lakes across North America.

L’« Alecton » tente de capturer un calmar géant en 1861 (Source : Wikipedia)

Antarctique (1) : Les secrets du Lac Vostok // Antarctica (1) : Lake Vostok’s secrets

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le continent antarctique cache de gigantesques poches d’eau douce sous la calotte glaciaire. Le lac Vostok est la plus grande de toutes. Son nom vient du fait qu’il se trouve en dessous de la station soviétique – puis russe – de Vostok. A cet endroit, la surface de l’inlandsis s’étale à 3 488 m au dessus du niveau de la mer. En conséquence, la surface de ce lac d’eau douce se situe à environ 4 000 m en dessous de la surface de la glace, soit à peu près 500 m en dessous du niveau de la mer.

Le lac Vostok mesure 250 kilomètres de long et 50 km de large et présente une superficie de 15 690 km2. Sa profondeur moyenne est de 344 m et son volume estimé est de 5 400 km3. Le lac est divisé en deux bassins reliés par une échancrure à environ 200 m sous l’eau, alors que la profondeur est de 400 m dans le bassin nord et de 800 m dans son homologue du sud. L’eau du lac Vostok reste liquide grâce au flux géothermique, à la pression et à l’isolation par l’épaisse couverture de glace.

L’eau du lac est peut-être isolée de tout contact avec l’extérieur depuis des millions d’années, ce qui en ferait une structure fossile tout à fait remarquable. On a tout d’abord pensé que l’eau du lac était intacte depuis sa formation, ce qui donnerait une durée de rétention de l’ordre du million d’années. Toutefois, des études ont suggéré qu’une partie de l’eau du lac gèle en permanence et est entraînée par le déplacement de l’inlandsis antarctique. En conséquence, la partie liquide serait renouvelée par l’apport géothermique du fond et par la fonte de la glace sous haute pression. L’estimation de la durée de renouvellement de l’eau du lac est alors fixée à une moyenne de 13 300 ans.

Dans des conditions aussi particulières (température, pression,absence de lumière, quantité de gaz dissous), on est en droit de penser que l’écosystème du lac est très différent de la vie ailleurs à la surface de la Terre. S’agissant de la température de surface, il faut noter que c’est à la verticale de ce lac, à la surface du glacier qui le surplombe, qu’a été mesurée la température la plus froide jamais observée sur terre : −90 °C, en juillet 1983. La température moyenne en surface se situe autour de −55 °C.

En 1989, une équipe soviétique a commencé à forer la glace afin d’étudier l’air emprisonné. Ce n’est que plus tard que les scientifiques se sont rendus compte de la présence du lac sous-glaciaire. Le forage s’arrêta en 1998 à 188 mètres de la surface de la poche d’eau. Les scientifiques espéraient alors découvrir dans les eaux du lac des formes de vie très anciennes. Dans la glace remontée sont apparues des bactéries proches des protéobactéries et des actinomycètes dont l’âge a été estimé à environ 500 000 ans. Cette découverte a cependant été contestée par une équipe franco-russe estimant qu’il s’agissait d’une contamination de la glace par le liquide de forage à base de kérosène. Les travaux de percement de la glace furent interrompus sous la pression de la communauté scientifique qui craignait une contamination de l’eau.

Le forage put reprendre en 2006 avec de nouvelles précautions pour éviter la contamination du site. Le lac a finalement été atteint le 5 février 2012. Il se dit que le fluide de forage aurait été expulsé sous la pression d’eau du lac qui serait remontée dans le puits sur une quarantaine de mètres, évitant toute contamination du lac lui-même. Les scientifiques ne sont retournés récupérer cette eau, gelée entre temps, qu’en fin d’année 2012.

Le forage a repris en janvier 2013. Le 10 de ce même mois, un premier échantillon d’eau du lac, puis d’autres, ont pu être prélevés pour la première fois. Il a fallu attendre la mi-mai pour acheminer les échantillons à Saint-Pétersbourg. Cela a permis aux chercheurs d’étudier les propriétés de cette glace et procéder à des analyses chimiques et microbiologiques.

La première analyse de la glace a montré que des micro-organismes pourraient exister sous une couche de glace de quatre kilomètres. Une seule espèce de bactéries thermophiles est connue de la science (Hydrogenophilus thermonucleus). Toutefois,  rien n’exclut que d’autres microorganismes existent dans l’ancien lac.

Une étude publiée en juillet 2013 fait état de la découverte de l’ADN de 3 507 organismes différents dans des carottes de glace prélevées en 1990 et dont l’âge serait situé entre 5 000 et 10 000 ans mais l’hypothèse d’une contamination par le forage n’est pas totalement exclue.

On pense que l’analyse de l’eau du Lac Vostok permettra de mieux comprendre ce qui se passe sous la surface d’Europe (une des lunes de Jupiter) et d’Encelade (une des lunes de Saturne) qui recèlent peut-être un océan liquide sous une épaisse couche de glace; cet océan pourrait être le point de départ du développement d’une vie extraterrestre.

Source : Wikipedia et plusieurs articles parus dans la presse scientifique internationale.

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Incredible as it may seem, the Antarctic continent hides gigantic pockets of fresh water under the ice cap. Lake Vostok is the largest of all. Its name comes from the fact that it is located beneath the Soviet – then Russian – station of Vostok. At this point, the surface of the ice sheet is 3,488 m above sea level. As a result, the surface of this freshwater lake is approximately 4,000 m below the surface of the sea. ice, roughly 500 m below sea level.
Lake Vostok is 250 kilometers long and 50 km wide and has an area of ​​15,690 km2. Its average depth is 344 m and its estimated volume is 5,400 km3. The lake is divided into two basins connected by a notch about 200 m underwater, while the depth is 400 m in the northern basin and 800 m in its southern counterpart.
The water in Lake Vostok remains liquid thanks to geothermal flow, pressure and insulation by the thick layer of ice.
The water in the lake may have been isolated from all contact with the outside for millions of years, which would make it a truly remarkable fossil structure. It was initially thought that the water from the lake had been present since its formation, which would give a retention period of the order of a million years. However, other research has suggested that some of the lake’s water freezes permanently and is carried away by the displacement of the Antarctic ice sheet. Consequently, the liquid part would be renewed by the geothermal input from the bottom and by the melting of the ice under high pressure. The estimate of the duration of the renewal of the lake water is then fixed at an average of 13,300 years.
In such particular conditions (temperature, pressure, absence of light, quantity of dissolved gas), the ecosystem of the lake is probably very different from life elsewhere on the surface of the Earth. Regarding the surface temperature, it should be noted that vertically above this lake, on the surface of the glacier above it, the coldest temperature was observed on Earth; it was measured: −90 ° C, in July 1983. The mean surface temperature is around −55 ° C.
In 1989, a Soviet team began drilling the ice in order to study the trapped air. It was only later that scientists realized the presence of the underground lake. The drilling stopped in 1998, 188 meters from the surface of the water pocket. Scientists then hoped to discover very ancient forms of life in the waters of the lake. In the upwelling ice, bacteria similar to proteobacteria and actinomycetes appeared, estimated to be around 500,000 years old. This discovery was, however, contested by a Franco-Russian team believing that it was a contamination of the ice by the kerosene-based drilling fluid. The ice drilling work was interrupted under pressure from the scientific community, which feared contamination of the water.
Drilling was able to resume in 2006 with new precautions to avoid contamination of the site. The lake was finally reached on February 5, 2012. It is said that the drilling fluid would have been expelled under the pressure of water from the lake which would have gone up into the well over about forty meters, avoiding any contamination of the lake itself. . The scientists returned to recover this water, frozen in the meantime, only at the end of 2012.
Drilling resumed in January 2013. On the 10th of the same month, a first sample of water from the lake, followed by others, was collected for the first time. The samples were shipped to St. Petersburg by mid-May. This allowed researchers to study the properties of this ice and to carry out chemical and microbiological analyzes.
The first analysis of the ice showed that microorganisms could exist under a four kilometer layer of ice. Only one species of thermophilic bacteria is known to science (Hydrogenophilus thermonucleus). However, nothing excludes that other microorganisms exist in the old lake.
A study published in July 2013 reports the discovery of the DNA of 3,507 different organisms in ice cores taken in 1990 and whose age would be between 5,000 and 10,000 years but the hypothesis of contamination by drilling is not totally excluded.
It is believed that the analysis of the water of Lake Vostok will provide a better understanding of what is happening under the surface of Europe (one of the moons of Jupiter) and Enceladus (one of the moons of Saturn) which may contain a liquid ocean under a thickness of ice, and which could be the starting point for the development of extraterrestrial life.
Source: Wikipedia and several articles published in the international scientific press.

Image RADARSAT du Lac Vostok obtenue en mai 2005

(Source : NASA)