Le mystère des cratères de Cérès // The mystery of Ceres’craters

drapeau-francaisUne nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications explique que les volcans de glace sur Cérès pourraient aider à résoudre le mystère de l’absence de grands cratères à la surface de cette planète naine
Avec un diamètre d’environ 940 km, Cérès est le plus grand élément de la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Une grande partie de la surface de Cérès est parsemée de cratères qui ont environ 60 kilomètres de large ou moins. Ils ont probablement été créés par des météorites qui se sont écrasées dans la surface de la planète. Le plus grand cratère d’impact connu sur Cérès a seulement 280 km de large.
Des travaux sur la surface recouverte de cratères de Vesta, le deuxième plus gros astéroïde de la ceinture, ont conclu que Cérès devrait avoir au moins six à sept cratères d’au moins 400 km de diamètre. Une autre recherche a affirmé que 10 à 15 cratères de plus de 400 km de large auraient dû se former à la surface de Cérès pendant sa durée de vie d’environ 4,55 milliards années. L’absence de grands cratères sur Cérès est donc un mystère.
Pour essayer de résoudre le mystère des cratères manquants, les chercheurs ont utilisé les données fournies par la sonde Dawn de la NASA, dont la mise en orbite autour de Cérès a eu lieu en avril 2015. Ils ont utilisé ces données pour modéliser l’évolution de l’astéroïde (qui est en fait assez volumineux pour être considéré comme une planète naine) au fil du temps et ils ont estimé que Cérès s’était formée entre 1 et 10 millions d’années après la naissance du système solaire.
Les scientifiques ont été surpris de constater que Cérès ne possédait pas de cratères géants, mais ne présentait pas non plus de cratères légèrement plus petits. Il ressort de leurs simulations que Cérès devrait avoir 90 à 180 cratères d’environ 100 km de diamètre chacun, alors que la planète semble posséder seulement 40 de ces cratères. Par ailleurs, les simulations indiquent que Cérès aurait dû avoir 40 à 70 cratères d’environ 150 km de diamètre, alors qu’elle ne présente que 20 ces cratères. Ce manque de grands cratères contraste fortement avec d’autres astéroïdes tels que Vesta.
Les chercheurs ont proposé plusieurs explications possibles. Par exemple, la surface de Cérès peut s’être tout simplement relâchée au fil du temps et est devenue plus lisse. Une autre explication concerne les volcans de glace. Des travaux récents suggèrent que l’intérieur de Cérès contient probablement jusqu’à 25% de glace d’eau, ce qui expliquerait l’existence d’une activité cryovolcanique. Certains scientifiques pensent que les éruptions cryovolcaniques ont pu radicalement transformer la surface de Cérès en effaçant de nombreux cratères. Ainsi, les chercheurs ont trouvé des traces d’un, ou peut-être deux, cratères d’environ 800 km de diamètre. Le cryovolcanisme a pu se produire sur Cérès au cours de ses premières années d’existence, quand son intérieur était plus chaud, et les volcans ont pu faire disparaître plusieurs grands cratères. Lorsque le cryovolcanisme a cessé sur Cérès, de plus en plus de cratères ont survécu, de petite taille pour la plupart.
Source: Space.com.

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drapeau-anglaisA new study published in the journal Nature Communications explains that ice volcanoes on Ceres might help solve the mystery of why large craters seem to be missing on the dwarf planet’s surface

With a diameter of about 940 kilometres, Ceres is largest member of the asteroid belt located between Mars and Jupiter. Large portions of Ceres’ surface are saturated in craters that are about 60 kilometres wide or smaller, likely created by meteorites crashing into the dwarf planet’s surface. However, the largest confirmed impact crater on Ceres is only about 280 km wide.

Prior work that analyzed pockmarked Vesta, the second largest asteroid in the asteroid belt, suggested that Ceres should have at least six to seven craters that are 400 km in diameter or larger. Another research suggested that 10 to 15 craters greater than 400 km wide should have formed on Ceres during its lifetime of about 4.55 billion years. The absence of large craters on Ceres was a mystery.

To help solve the puzzle of Ceres’ missing craters, the researchers used data from the NASA Dawn mission, which began orbiting Ceres in April 2015. They used the data to model how the asteroid (which is actually large enough to be considered a dwarf planet) might have evolved over time and they estimated that Ceres formed within 1 million to 10 million years after the solar system was born.

Unexpectedly, the scientists found that Ceres not only lacks giant craters, but is also missing craters that are only slightly smaller. Their simulations predicted that Ceres should have 90 to 180 craters that are each more than about 100 km wide, but Ceres appears to only have about 40 such craters. In addition, the simulations predicted that Ceres should have 40 to 70 craters that are each more than about 150 km across, but Ceres has only about 20 such craters. This lack of large craters was in stark contrast with other asteroids like Vesta.

The researchers had several potential explanations for how this could have happened; for instance, the surface of Ceres may have simply relaxed over time and become less crinkly. Another explanation may be ice volcanoes. Recent work suggests that Ceres may consist of up to 25 percent water- ice in its interior, and so may experience cryovolcanic activity. The scientists proposed that cryovolcanic eruptions might have dramatically transformed the surface of Ceres, erasing many craters. For instance, the researchers found faded evidence of one or possibly two craters about 800 km in diameter. Cryovolcanism may have been more common on Ceres during its earlier years, when its interior was warmer, and the volcanoes may have eliminated many of the larger craters. As cryovolcanism on Ceres died down, more and more craters would have survived, leaving behind mostly smaller ones.

Source : Space.com.

Ceres

Vue d’un cratère sur Cérès, extraite d’une vidéo réalisée à partir de la sonde Dawn en orbite autour de cette planète naine (Source: NASA).

Les cratères de l’Etna vus par un drone // Mt Etna’s craters seen by a drone

drapeau francaisEn tant qu’aéromodéliste, j’ai toujours dit que les drones seraient des engins parfaits en volcanologie. On a vu récemment comment ils pouvaient permettre de desiner une carte du cratère du Bembow au Vanuatu, en se déplaçant à travers les gaz, dans des lieux inaccessibles à l’homme. Je pense que dans les prochaines années on pourra les utiliser pour faire des prélèvements de gaz. En attendant, plusieurs volcanophiles les font voler afin de prendre des photos, comme dans ces prises de vues des cratères de l’Etna. Ce n’est pas parfait, mais on se rend compte des possibilités offertes par ces engins télécommandés. Attention toutefois de ne pas les faire voler à tort et à travers. Leur utilisation répond aux normes très strictes de l’aviation civile.
En cliquant sur ce lien, vous verrez les cratères sommitaux de l’Etna:
http://www.businessinsider.com/drone-footage-mount-etna-craters-italy-sicily-2015-6

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drapeau anglaisAs a modelplane flyer, I have always thought that drones would be perfect machines in volcanology. Recently, we saw how they could help draw a map of Bembow crater in Vanuatu, flying through the gas, in places that are inaccessible to humans. I think in the coming years drones will be used to take gas samples. Meanwhile, several volcanophiles fly them to take pictures, as in this footage of the craters of Mount Etna. The result  not perfect, but we realize the potential of these ROVs. However, you shouldl not to make them fly indiscriminately. Their use meets the stringent standards of civil aviation.
By clicking on this link, you’ll see the summit craters of Mount Etna:
http://www.businessinsider.com/drone-footage-mount-etna-craters-italy-sicily-2015-6

Le sommet de l’Etna (Sicile / Italie) // The summit of Mount Etna (Sicily / Italy)

drapeau francaisLes scientifiques de l’INGV ont effectué le 15 janvier 2015 un survol de la zone sommitale de l’Etna. Les bonnes conditions météo ont permis de prendre d’excellentes photos des cratères qui donnent une bonne idée de la situation du volcan à l’heure actuelle. Vous pourrez voir toutes les photos en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.ct.ingv.it/it/?option=com_content&view=article&id=1044

Les mesures thermiques ont montré l’existence d’un cône actif à l’intérieur de la Voragine (le cratère central de l’Etna), tandis que le plancher de la Bocca Nuova était effondré dans sa partie centrale. On y observait la présence d’un pit crater de forme circulaire semblable à celui observé en août 2014.
On pouvait voir à l’intérieur du Cratère NE un cône de dégazage dont l’aspect n’avait pas changé depuis août 2014. La lèvre du cratère montre toujours un champ de fractures concentriques.
Le Cratère Sud-Est (CSE) et le Nouveau Cratère SE (NCSE) – qui s’est formé sur flanc Est de son voisin – sont traversés par un faisceau de fractures orientées NE-SW. Le plancher du NCSE se trouve à une profondeur estimée à environ 60-70 mètres et est obstrué par des matériaux. Les fissures éruptives apparues le 28 décembre 2014, orientées vers le NE et le SO, ne montrent pas d’anomalies thermiques, ce qui laisse supposer qu’elles sont occupées par des produits d’effondrement.

L’article de l’INGV s’attarde ensuite sur le champ de lave formé lors de l’épisode éruptif du 28 décembre, avec un superbe schéma explicatif visible à cette adresse :

http://www.ct.ingv.it/images/20150114_Fig10.jpg

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drapeau anglaisINGV scientists performed an overflight of the summit area of Mount Etna on January 15th. Good weather conditions allowed to take excellent photos of the craters, which gives a good idea of the current situation of the volcano. You will see all the pictures by clicking this link:
http://www.ct.ingv.it/it/?option=com_content&view=article&id=1044

Thermal measurements showed the existence of an active cone inside the Voragine (the central crater of Mt Etna), while the floor of Bocca Nuova collapsed in its central part. There was a circular pit crater similar to the one observed in August 2014.
The scientists could see a degassing cone inside the NE Crater whose aspet had not changed since August 2014. The rim of the crater still showed a field of concentric fractures.
The South East Crater (SEC) and the New SE Crater (NSEC) – which was formed on eastern flank of its neighbour – are crossed by a network of fractures which are oriented NE-SW. The floor of the NSEC is about 60-70 m deep, and is blocked by material. The eruptive fissures that appeared on December 28th, 2014, oriented NE and SW, show no thermal anomalies, suggesting that they are occupied by collapse products.
The INGV article then deals with the lava field formed during the eruptive episode of 28 December, with a superb explanatory diagram that can be seen at:
http://www.ct.ingv.it/images/20150114_Fig10.jpg

Etna-cratères

Cette photo montre parfaitement les cratères sommitaux de l’Etna : Au 1er plan, on distingue le plancher obstrué du Nouveau Cratère SE avec l’ancien Cratère SE juste derrière lui. Au fond à droite, on découvre de Cratère NE. A gauche, des nuages de gaz et de vapeur sortent de la Voragine et de sa sœur jumelle, la Bocca Nuova  (Source: INGV).

Le sommet de l’Etna le 11 octobre 2014 // Mt Etna’s summit on October 11th 2014

drapeau francaisUn ami sicilien m’a fait parvenir des photos prises hier au sommet de l’Etna.

A noter qu’un panneau indique au départ du téléphérique que la couleur actuelle du niveau d’alerte est Rouge, ce qui est tout à fait faux. La couleur actuelle est Jaune. Cela signifie que l’on peut atteindre librement l’altitude 2900 mètres, mais que l’accompagnement d’un guide est nécessaire pour atteindre les cratères.

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drapeau anglaisA Sicilian friend has sent me photos taken yesterday at the summit of Mount Etna.
It should be noted that a signpostat the start of the cable car indicates that the current colour of the alert level is red, which is totally wrong. The current colour is Yellow. This means that hikers can freely reach the altitude 2900 metres, but they need to take a guide to get to the craters.

Etna 11 octobre 01_modifié-1

Etna 11 octobre 02_modifié-1

(Photos:  Santo Scalia)