Bonne nouvelle pour l’Arctique et pour l’environnement // Good news for the Arctic and the environment

Le 25 avril 2022, l’administration Biden a annulé une décision controversée de l’ère Trump qui aurait ouvert une partie de l’Alaska arctique au développement pétrolier.
Le Bureau of Land Management (BLM) a remis en place la politique de gestion de l’ère Obama dans la National Petroleum Reserve, une zone de 9,3 millions d’hectares dans la partie occidentale de la région de North Slope en Alaska.
Les mesures de l’administration Obama, contenues dans un document publié en 2013, autorisent l’attribution de concessions pétrolières dans environ la moitié de la réserve tout en renforçant la protection des zones considérées comme importantes pour l’écosystème arctique et pour les populations autochtones.
Le plan de l’administration Trump, décidé en 2020, visait à autoriser le développement pétrolier sur plus de 80 % de la Réserve, y compris sur le lac Teshekpuk, le plus grand lac de la région de North Slope. En plus, c’est une zone très riche en faune qui avait été protégée par des mesures remontant à l’administration Reagan.
Le plan Trump avait été attaqué en justice à deux reprises devant le tribunal fédéral d’Alaska. qui avait mis en attente l’attribution des concessions pétrolières. L’action du BLM rétablissant la politique de gestion de l’ère Obama fait partie de la réponse du Département de l’Intérieur à ces poursuites judiciaires.
La National Petroleum Reserve, la plus grande étendue de terres laissées vierges par l’Homme aux États-Unis, suscite l’intérêt des compagnies pétrolières qui convoitent des terres plus à l’ouest dans la région de North Slope. A l’heure actuelle, la recherche pétrolière se concentre dans la partie nord-est de la Réserve, qui est la plus proche des oléoducs existants et des champs pétrolifères sur les terres fédérales.
ConocoPhillips est la compagnie pétrolière la plus active de la Réserve. Elle gère en particulier le projet Willow de plusieurs milliards de dollars, avec à la clé quelque 600 millions de barils de pétrole.
Un sénateur républicain de l’Alaska et partisan de l’extension des concessions pétrolières, a critiqué la décision du gouvernement Biden car, selon lui, elle va à l’encontre de la sécurité énergétique au moment où la Russie envahit l’Ukraine.
De leur côté, les écologistes ont salué la décision du BLM mais ont appelé à davantage de mesures de protection. L’un de leurs porte-parole a déclaré que la réponse à la sécurité énergétique ne se trouvait pas sous le pergélisol arctique qui est en train de fondre, mais dans l’accélération du développement des sources de production d’énergie propres et renouvelables.
Source : Yahoo Actualités.

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On April 25th, 2022, the Biden administration overturned a controversial Trump-era policy that would have opened new swathes of Arctic Alaska to oil development.

The Bureau of Land Management (BLM) resurrected Obama-era management policies in the National Petroleum Reserve in Alaska, a 9.3-million-hectare area on the western side of Alaska’s North Slope.

Those reinstated policies, contained in a plan issued in 2013, allow oil leasing in about half of the reserve while boosting protections for areas considered important to the Arctic ecosystem and to indigenous residents.

The plan by the administration of former President Donald Trump, issued in 2020, sought to allow oil development on more than 80% of the reserve. It would have allowed leasing even at Teshekpuk Lake, the North Slope’s largest lake and an area prized for wildlife that had been protected under rules dating back to the Reagan administration.

The Trump plan was challenged by two lawsuits filed in the federal court in Alaska. No lease sales were ever held under it. The BLM action reinstating Obama-era management policies was part of Interior’s response to those lawsuits.

The National Petroleum Reserve, the largest tract of undisturbed public land in the United States, has drawn interest from oil companies that are expanding development farther west on the North Slope. Development is clustered in the northeastern corner of the reserve, the area closest to existing pipelines and legacy oil fields on state land to the east.

ConocoPhillips is the most active company in the reserve. Its interests there include the proposed multibillion-dollar Willow project, which holds an estimated 600 million barrels of oil.

An Alaska Republican senator and supporter of expanded leasing, criticized the decision as being against energy security at a time when Russia had invaded Ukraine.

Environmentalists welcomed the BLM decision but called for more protections. One of their spokesmen said the answer to energy security does not lie beneath the thawing Arctic permafrost but in accelerating the shift to clean, renewable sources of power generation.

Source: Yahoo News.

Source : Bureau of Land Management

On peut voit sur cette carte :

– en pointillés bleus, la limite de la région de North Slope,

– la National Petroleum Reserve à l’ouest,

– l’Arctic National Wildlife Refuge à l’est,

– Prudhoe Bay entre les deux. C’est le point de départ de l’oléoduc trans-alaskien (en rouge) qui aboutit à Valdez au sud.

La culture de la fourrure dans l’Arctique // Arctic fur culture

Pour les gens de ma génération, le seul mot « trappeur » évoque Davy Crockett, « l’homme qui n’a jamais peur », avec son bonnet de fourrure à queue de raton laveur. Les trappeurs existent dans les hautes latitudes depuis des siècles. Aujourd’hui encore, des milliers de Canadiens et d’Alaskiens, y compris les First Nation, s’adonnent toujours à cette activité très réglementée qui fait partie de leur culture ancestrale et représente parfois leur seule source de revenus.

Un article récemment publié dans la presse canadienne et relayé par Yahoo Actualités explique la situation des trappeurs dans le pays.

Peu de gens au Canada réussissent encore à vivre uniquement du piégeage des animaux, une tradition qui remonte à 400 ans, au moment où s’effectuait les premiers échanges entre les autochtones et les explorateurs européens.
L’habitat urbain empiète de plus en plus sur les espaces naturels, ce qui réduit l’espace de vie des animaux. De plus, avec les hivers plus courts à cause du réchauffement climatique et la chute des prix des fourrures, le piégeage devient de plus en plus compliqué.
Le marché de la fourrure doit aussi faire face au boycott des marques de luxe, à l’absence d’acheteurs chinois depuis le début de la pandémie de Covid-19, et maintenant à la perte de deux marchés clés en Russie et en Ukraine depuis l’invasion de ce pays par les Russes. Bien qu’à un niveau encore trop bas, il semble toutefois que la situation se soit stabilisée.
Le Canada est le plus grand producteur de fourrures dans le monde. Quelque 415 000 peaux ont été vendues au cours de la saison 2019-2020 pour un total de 13,8 millions de dollars canadiens.
Au moment de la plus grande vente aux enchères de fourrures en Amérique du Nord, à North Bay au Canada, à environ 350 kilomètres au nord de Toronto, les courtiers vérifient les produits avant le grand événement, qui se tient en ligne en raison de la pandémie de Covid-19. Dans un vaste entrepôt, des dizaines de milliers de peaux d’animaux, parmi lesquels des lynx, des renards, des loups et des ours noirs, sont attachées en paquets suspendus à des étagères. Elles sont triées en fonction de la taille, la couleur et la qualité.
La pression croissante des militants pour les droits des animaux en Europe et en Amérique du Nord a conduit plusieurs grandes marques de luxe, telles que Dolce & Gabbana, Burberry et Chanel, à cesser d’utiliser de la fourrure animale. Le retrait de Canada Goose du commerce des fourrures a été une très mauvaise nouvelle. Cependant, la demande reste très forte et d’autres fabricants devraient combler le vide laissé par l’entreprise canadienne, qui a annoncé l’an dernier qu’elle cesserait bientôt d’utiliser des garnitures en fourrure de coyote sur ses capuches de parkas, un accessoire qui, pendant cinq décennies, a permis de garder au chaud le visage des explorateurs de l’Arctique.
L’industrie de la fourrure animale devra également faire face au manque d’accès aux marchés ukrainien et russe. Ce dernier est le deuxième au monde pour la fourrure, mais victime des sanctions économiques canadiennes et alliées. Un membre de la Fur Harvesters Auction de North Bay a déclaré : « La guerre entre l’Ukraine et la Russie est un énorme handicap parce que nos autres gros acheteurs en Grèce, Italie et Turquie vendent leurs produits manufacturés en Russie et en Ukraine, et sont aujourd’hui soumis à des sanctions. »

Je comprends qu’il est difficile pour les militants pour les droits des animaux en Europe, et particulièrement en France, de comprendre la culture du piégeage dans l’Arctique. En France, par exemple, le nombre d’animaux sauvages est extrêmement faible par rapport aux régions arctiques et leur protection est essentielle à la survie des espèces. Au Canada et en Alaska, la situation est très différente. Les animaux sauvages pullulent et le piégeage – qui est strictement réglementé – permet de contrôler leur nombre et d’éviter la surpopulation.

On trouve à Anchorage des magasins de fourrure qui proposent de superbes vêtements en peau de loup ou de renard arctique, par exemple. Au risque de choquer certains, je dois admettre que si j’habitais en Alaska, je porterais un de ces manteaux qui assurent une protection parfaite contre le froid.

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For people of my generation, the very word « trapper » evokes Davy Crockett, « the man who was never afraid » with his raccoon-tailed fur cap. Trappers have existed in high latitudes for centuries. Whether in Canada or Alaska, many natives engage in this highly regulated activity which is part of their ancestral culture and sometimes represents their only source of income.

An article recently published in the Canadian press explains the situation of trappers in the country.

Few people in the country still manage to make a living solely in the business, which dates back 400 years to the first Indigenous trades of pelts to European explorers. However, thousands of Canadians, including Indigenous people, are still active in the now heavily-regulated industry.

With human encroachment reducing animal habitats, shorter winters caused by climate change, and plunging fur prices, trapping is getting more and more difficult.

The market has been struggling under pressure from luxury brands’ boycotts, the absence of Chinese buyers since the start of the pandemic, and now the loss of two key markets in Russia and Ukraine since Moscow’s invasion. Although at a low level, it looks as if the situation has stabilized.

Canada is the largest producer of wild furs in the world, with some 415,000 pelts sold in the 2019-2020 season for a total of 13.8 million Canadian dollars.

Inside North America’s last major fur auction in North Bay, about 350 kilometers north of Toronto, brokers are busy checking out the offerings ahead of the big event, which is being held online for a third year in a row due to the pandemic. In a vast warehouse, tens of thousands of animal pelts — including lynxes, foxes, wolves and black bears — are tied in bundles hanging from racks, sorted by size, color and quality.

Growing pressure from animal rights activists in Europe and North America led several major luxury brands, such as Dolce & Gabbana, Burberry and Chanel, to stop using fur. Canada Goose’s exiting the fur trade was very bad news for the industry. However, other manufacturers are expected to fill the « void » left by the Canadian company, which announced last year it would soon stop using coyote fur trim on its parka hoods, a feature that for five decades had helped keep Arctic explorers’ faces warm.

The industry will also have to cope with the lack of access to markets in Ukraine and Russia . The latter is the world’s second-largest for fur, but targeted by Canadian and allied economic sanctions. A member of the Fur Harvesters Auction in North Bay said : « The war between Ukraine and Russia is a huge handicap because our other big buyers from Greece, Italy and Turkey., used to sell their manufactured products into Russia and Ukraine, and are subject to the sanctions. »

I understand that it is hard for environmentalists in Europe, and especially in France, to understand the culture of trapping in the Arctic. In France, for instance, the number os wild animals is extremely low compared with Arctic regions. Trapping in Canada and Alaska – which is strictly regulated – helps to control the number of wild animals and avoid overpopulation.

Le renard est un animal très convoité par les trappeurs (Photo : C. Grandpey)

Comment les Etats Unis ont acquis l’Alaska (3ème partie)

Les Russes étaient prêts à vendre, mais il fallait que les Américains veuillent acheter! Dans les années 1840, les États-Unis avaient étendu leurs intérêts à l’Oregon, annexé le Texas, mené une guerre avec le Mexique et acquis la Californie. Le secrétaire d’État Seward écrivait en mars 1848 :
« La destinée de notre population est de faire avancer des vagues irrésistibles jusqu’aux barrières de glace du nord et de rencontrer la civilisation orientale sur les rives du Pacifique. » Près de 20 ans après avoir fait cette déclaration sur l’expansion dans l’Arctique, il atteignait son objectif.
En Alaska, les Américains prévoyaient de tirer profit de l’or, de la fourrure et de la pêche, avec davantage de commerce avec la Chine et le Japon. Les Américains craignaient que l’Angleterre ne tente d’établir une présence en Alaska et, selon eux, l’acquisition de ce territoire permettrait aux États-Unis de devenir une puissance dans le Pacifique.
Un accord aux conséquences géopolitiques incalculables a donc été conclu, et les Américains pensaient faire une bonne affaire pour 2 millions de dollars. Ne serait-ce qu’en termes de richesse, les États-Unis ont récupéré environ 1,5 million de km2 de nature sauvage, pour la plupart vierges, – près d’un tiers de la taille de l’Union Européenne – dont 890 000 km2 qui ont été transformés en parcs fédéraux et des refuges fauniques. Des centaines de milliards de dollars d’huile de baleine, de fourrure, de cuivre, d’or, de bois, de poisson, de platine, de zinc, de plomb et de pétrole ont été exploités en Alaska au fil des ans. Cela a permis à cet État de se passer d’impôt sur les ventes ou sur le revenu et de donner à chaque habitant une allocation annuelle. Sans oublier que l’Alaska a encore probablement des milliards de barils de pétrole en réserve dans son sous-sol.
L’Alaska est également un élément clé du système de défense des États-Unis, avec des bases militaires à Anchorage et Fairbanks. C’est aussi le seul lien du pays avec l’Arctique, ce qui lui assure une place de choix au moment où la fonte des glaciers et de la glace de mer va permettre l’exploration des importantes ressources de la région.
Source : The Cnversation, Yahoo Actualités.

Source : Wikipedia

Comment les Etats Unis ont acquis l’Alaska (2ème partie)

C’est avant tout le désir d’expansion territoriale qui a conduit la Russie en Alaska et finalement en Californie. Tout a commencé au 16ème siècle, lorsque le pays ne faisait qu’une fraction de sa taille actuelle. La situation a commencé à changer en 1581, lorsque la Russie a envahi un territoire sibérien connu sous le nom de Khanat de Sibir, qui était contrôlé par un descendant de Gengis Khan. Cette victoire clé a ouvert la Sibérie et, en 60 ans, les Russes ont atteint le Pacifique. à l’est.
Au début du 18ème siècle, Pierre le Grand voulait savoir jusqu’où s’étendait la masse continentale asiatique à l’est. La ville sibérienne d’Okhotsk est devenue le point de départ de deux explorations qu’il a commandées. En 1741, Vitus Bering traversa avec succès le détroit qui porte son nom et aperçut le mont Saint Elias en Alaska.
La deuxième expédition de Bering au Kamtchatka a été un désastre à cause des conditions météorologiques défavorables lors du voyage de retour. Bering a trouvé la mort, probablement du scorbut, en décembre 1741. Malgré cela, l’expédition fut un succès incroyable pour la Russie. Au retour en Sibérie, le navire, rempli de centaines de peaux de loutres de mer, de renards et d’otaries à fourrure, a impressionné les chasseurs de fourrure russes. Cela a déclenché quelque chose qui a ressemblé à la Ruée vers l’or dans le Klondike 150 ans plus tard.
Cependant, le maintien de ces implantations russes sur le continent américain n’était pas facile. Une fois en Alaska, les Russes – qui n’étaient pas plus de 800 au maximum – ont été confrontés à leur éloignement de Saint-Pétersbourg, alors capitale de l’empire, et les communications extrêmement difficiles sont devenues un problème clé.

De plus, l’Alaska était un territoire trop au nord pour permettre une agriculture importante et peu adapté à l’envoi d’un grand nombre de colons. Les Russes ont donc commencé à explorer des terres plus au sud, et recherché en priorité uniquement des personnes avec qui commercer afin de pouvoir importer la nourriture introuvable dans le climat rigoureux de l’Alaska. Ils ont envoyé des navires dans ce qui est aujourd’hui la Californie où ils ont établi des relations commerciales avec les Espagnols avant de créer leur propre colonie à Fort Ross en 1812.
Trente ans plus tard, cependant, l’entité mise en place par la Russie pour gérer les explorations en Amérique a échoué. Les Russes ont commencé à se demander sérieusement s’ils pouvaient maintenir leur colonie en Alaska. D’une part, elle n’était plus rentable après la décimation de la population de loutres de mer. Ensuite, l’Alaska était difficile à défendre et la Russie manquait d’argent en raison des coûts de la guerre en Crimée.

Source: The Conversation, Yahoo Actualités.

Représentation de l’expédition de Vitus  Bering dans les Aléoutiennes en 1741