Comment les Etats Unis ont acquis l’Alaska (3ème partie)

Les Russes étaient prêts à vendre, mais il fallait que les Américains veuillent acheter! Dans les années 1840, les États-Unis avaient étendu leurs intérêts à l’Oregon, annexé le Texas, mené une guerre avec le Mexique et acquis la Californie. Le secrétaire d’État Seward écrivait en mars 1848 :
« La destinée de notre population est de faire avancer des vagues irrésistibles jusqu’aux barrières de glace du nord et de rencontrer la civilisation orientale sur les rives du Pacifique. » Près de 20 ans après avoir fait cette déclaration sur l’expansion dans l’Arctique, il atteignait son objectif.
En Alaska, les Américains prévoyaient de tirer profit de l’or, de la fourrure et de la pêche, avec davantage de commerce avec la Chine et le Japon. Les Américains craignaient que l’Angleterre ne tente d’établir une présence en Alaska et, selon eux, l’acquisition de ce territoire permettrait aux États-Unis de devenir une puissance dans le Pacifique.
Un accord aux conséquences géopolitiques incalculables a donc été conclu, et les Américains pensaient faire une bonne affaire pour 2 millions de dollars. Ne serait-ce qu’en termes de richesse, les États-Unis ont récupéré environ 1,5 million de km2 de nature sauvage, pour la plupart vierges, – près d’un tiers de la taille de l’Union Européenne – dont 890 000 km2 qui ont été transformés en parcs fédéraux et des refuges fauniques. Des centaines de milliards de dollars d’huile de baleine, de fourrure, de cuivre, d’or, de bois, de poisson, de platine, de zinc, de plomb et de pétrole ont été exploités en Alaska au fil des ans. Cela a permis à cet État de se passer d’impôt sur les ventes ou sur le revenu et de donner à chaque habitant une allocation annuelle. Sans oublier que l’Alaska a encore probablement des milliards de barils de pétrole en réserve dans son sous-sol.
L’Alaska est également un élément clé du système de défense des États-Unis, avec des bases militaires à Anchorage et Fairbanks. C’est aussi le seul lien du pays avec l’Arctique, ce qui lui assure une place de choix au moment où la fonte des glaciers et de la glace de mer va permettre l’exploration des importantes ressources de la région.
Source : The Cnversation, Yahoo Actualités.

Source : Wikipedia

Comment les Etats Unis ont acquis l’Alaska (2ème partie)

C’est avant tout le désir d’expansion territoriale qui a conduit la Russie en Alaska et finalement en Californie. Tout a commencé au 16ème siècle, lorsque le pays ne faisait qu’une fraction de sa taille actuelle. La situation a commencé à changer en 1581, lorsque la Russie a envahi un territoire sibérien connu sous le nom de Khanat de Sibir, qui était contrôlé par un descendant de Gengis Khan. Cette victoire clé a ouvert la Sibérie et, en 60 ans, les Russes ont atteint le Pacifique. à l’est.
Au début du 18ème siècle, Pierre le Grand voulait savoir jusqu’où s’étendait la masse continentale asiatique à l’est. La ville sibérienne d’Okhotsk est devenue le point de départ de deux explorations qu’il a commandées. En 1741, Vitus Bering traversa avec succès le détroit qui porte son nom et aperçut le mont Saint Elias en Alaska.
La deuxième expédition de Bering au Kamtchatka a été un désastre à cause des conditions météorologiques défavorables lors du voyage de retour. Bering a trouvé la mort, probablement du scorbut, en décembre 1741. Malgré cela, l’expédition fut un succès incroyable pour la Russie. Au retour en Sibérie, le navire, rempli de centaines de peaux de loutres de mer, de renards et d’otaries à fourrure, a impressionné les chasseurs de fourrure russes. Cela a déclenché quelque chose qui a ressemblé à la Ruée vers l’or dans le Klondike 150 ans plus tard.
Cependant, le maintien de ces implantations russes sur le continent américain n’était pas facile. Une fois en Alaska, les Russes – qui n’étaient pas plus de 800 au maximum – ont été confrontés à leur éloignement de Saint-Pétersbourg, alors capitale de l’empire, et les communications extrêmement difficiles sont devenues un problème clé.

De plus, l’Alaska était un territoire trop au nord pour permettre une agriculture importante et peu adapté à l’envoi d’un grand nombre de colons. Les Russes ont donc commencé à explorer des terres plus au sud, et recherché en priorité uniquement des personnes avec qui commercer afin de pouvoir importer la nourriture introuvable dans le climat rigoureux de l’Alaska. Ils ont envoyé des navires dans ce qui est aujourd’hui la Californie où ils ont établi des relations commerciales avec les Espagnols avant de créer leur propre colonie à Fort Ross en 1812.
Trente ans plus tard, cependant, l’entité mise en place par la Russie pour gérer les explorations en Amérique a échoué. Les Russes ont commencé à se demander sérieusement s’ils pouvaient maintenir leur colonie en Alaska. D’une part, elle n’était plus rentable après la décimation de la population de loutres de mer. Ensuite, l’Alaska était difficile à défendre et la Russie manquait d’argent en raison des coûts de la guerre en Crimée.

Source: The Conversation, Yahoo Actualités.

Représentation de l’expédition de Vitus  Bering dans les Aléoutiennes en 1741

Comment les Etats Unis ont acquis l’Alaska (1ère partie)

Une grande partie du numéro 205 de la revue LAVE de l’Association Volcanologique Européenne est consacrée à l’Alaska avec une quarantaine de pages dans lesquelles j’explique mon attachement à cet Etat loin de tout, mais d’une grande diversité. On peut y être secoué par de violents séismes, être surpris par de violentes éruptions volcaniques, rencontrer des ours, admirer à l’automne de somptueux paysages et côtoyer une population pour laquelle le mot ‘solidarité’ prend tout son sens.

Voici en trois parties des explications sur l’acquisition de ce territoire par les Etats Unis.

Il y a 155 ans, le 30 mars 1867, le secrétaire d’État américain William H. Seward et l’émissaire russe – le baron Edouard de Stoeckl – concluaient leurs négociations par le traité de cession de l’Alaska, l’Alaska Purchase.  D’un trait de plume, le tsar Alexandre II cédait l’Alaska, le dernier pied-à-terre de son pays en Amérique du Nord, aux États-Unis pour 2 millions de dollars américains. Cette somme, qui s’élève à seulement 8 millions de dollars actuels, mettait fin à 125 années de présence de la Russie en Alaska et à son expansion de l’autre côté de la mer de Béring, en sachant qu’à un moment donné l’Empire russe s’étendait jusqu’à Fort Ross en Californie, à environ 150 km de la baie de San Francisco.
Aujourd’hui, l’Alaska est l’un des États américains les plus riches grâce à son abondance de ressources naturelles, telles que le pétrole, l’or et le poisson. C’est aussi une vaste étendue de nature sauvage vierge ainsi qu’une position stratégique car les Etats Unis possèdent avec l’Alaska une fenêtre sur la Russie et une porte d’entrée vers l’Arctique.

Source: The Conversation, Yahoo Actualités.

IDITAROD (Alaska) : la plus célèbre course de chiens de traîneau

Le 5 mars prochain sera donné le départ de l’IDITAROD, course de chiens de traîneau mythique, le plus important événement de l’année en Alaska. 2022 marquera le cinquantenaire de l’événement, en espérant qu’il ne sera pas trop affecté par l’épidémie de Covid-19.

J’ai toujours été fasciné par les courses de chiens de traîneau qui se rattachent à l’époque de la Ruée vers l’Or et aux récits de Jack London. En plus, comme je l’ai expliqué précédemment, l’IDITAROD est liée intimement à l’histoire du 49ème Etat des Etats Unis. La course célèbre un exploit Au cours de l’hiver 1925, une épidémie de diphtérie frappa la ville de Nome, dans l’ouest de l’Etat. La glace instable et un blizzard persistant empêchaient tout acheminement de sérum par avion ou bateau. Il fut alors décidé que, plusieurs mushers et leurs chiens se relaieraient pour rejoindre Nome avec le sérum salvateur. Ce trajet de 1750 kilomètres qui traverse tout le pays depuis Anchorage a donné naissance à la piste sur laquelle s’affrontent aujourd’hui tous les plus grands mushers du monde. La course est connue sous le nom de «course du sérum».

Nicolas Vanier – que je salue ici- y a participé en mars 2017. Le récit de son périple est ponctuellement diffusé par la chaîne Ushuaia TV:

https://ushuaiatv.fr/programmes/iditarod-la-derni%C3%A8re-course-de-nicolas-vanier-96128

On le trouve également en DVD.

J’ai eu la chance de visiter plusieurs chenils où sont élevés des chiens de traîneau, et de rencontrer des musherrs vainqueurs de l’Iditarod et de la Yukon Quest, autre course mythique du Grand Nord. Une balade au coeur de l’Alaska sur un traîneau tiré par une dizaine de chiens est une expérience qui vous marque….

Photos: C. Grandpey