La descente des Cascades (7): la région de Bend

Les forêts succèdent aux forêts le long de la route qui conduit vers Bend où j’ai prévu de séjourner pendant deux ou trois jours afin de parcourir tranquillement l’ « Oregon Scenic Drive ». Les volcans abondent dans la région. Les Three Sisters, le Mont Bachelor, le Mont Washington ou le Mont Jefferson dressent leurs masses encore enneigées en nous rappelant qu’ils ne dorment que d’un œil.
Une journée entière est consacrée au volcan de Newberry qui fait partie des National Volcanic Monuments. Ce secteur est particulièrement intéressant, car plusieurs volcans de types différents y cohabitent. C’est ainsi que Lava Butte a émis des fontaines de lave tandis que, pas très loin, on peut grimper sur une belle coulée de ponce et d’obsidienne. Comme le dit fort justement un panneau explicatif, ces volcans ont fait leurs achats dans le même magasin (= chambre magmatique), mais ils en sont ressortis avec des articles (=laves) différents. La montée vertigineuse au sommet du Paulina Peak se termine par une vue extraordinaire sur la Chaîne des Cascades, avec tous les sommets en ligne parfaite depuis le Mont Adams jusqu’au Three Sisters. La visite du Newberry Volcano ne serait pas complète sans pénétrer dans la Lava River Cave, beau tunnel de plusieurs kilomètres, ou sans déambuler dans la Lava Cast Forest et les troncs moulés par la lave. [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (6): le Mont Hood

Route à nouveau vers le sud. Petite halte en cours de route, histoire de pénétrer dans une grotte de glace ornée de stalactites et stalagmites, comme cela se produit souvent en milieu volcanique (voir la Grotta del Gelo sur l’Etna ou, plus près de nous, les trous de glace dans la cheire du Puy de Côme en Auvergne). Traversée de la Columbia River qui sépare les états de Washington et d’Oregon. Déjà le Mont Hood se profile à l’horizon, avec sa forme caractéristique de capuche qui est à l’origine de son nom. Les vergers font place à la forêt et nous parvenons rapidement au-dessus de la timberline, avec de belles vues sur le volcan qui s’est manifesté pour la dernière fois en 1866. La route qui conduit aux stations de ski permet d’approcher du sommet et d’observer le tracé des lahars où il est intéressant de ramasser quelques échantillons de roche. [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (5): le Mont Adams

Après avoir roulé vers le sud et longé la Columbia River, il faut remonter vers le nord pour atteindre le Mont Adams. J’ai prévu l’étape à Trout Lake, petit village calme d’ordinaire mais qui, depuis plusieurs jours héberge les pompiers qui luttent contre un wildfire dans la forêt au pied du volcan. Le panache de fumée dégagé par l’incendie était tellement volumineux la veille que certaines personnes à des dizaines de kilomètres de distance ont cru que le Mont Adams était entré en éruption ! Le camping et le motel du village étaient remplis à ras bord et c’est dans le B&B de Kelly que nous avons séjourné. Le petit lac de Trout Lake fournit un premier plan idéal pour photographier le volcan, mais gare aux moustiques, particulièrement agressifs dans cette région ! [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (4): le Mont St Helens

Beaucoup de volcanologues estiment que le Mont Rainier et le Mont St Helens sont les volcans les plus dangereux de la Chaîne des Cascades. Ils ne sont d’ailleurs pas très éloignés l’un de l’autre.
Le Mont St Helens a fait la une des journaux le 18 mai 1980 lorsqu’une formidable explosion le décapita, détruisant tout ce qui se trouvait sur la trajectoire du souffle (« blast ») sur des dizaines de kilomètres. Les arbres furent brisés comme des allumettes. On dénombra 57 morts dont le géologue David Johnston dont le nom a été donné à l’observatoire.
Après quelques soubresauts au cours des derniers mois, le volcan est à nouveau calme. J’avais prévu d’effectuer l’ascension jusqu’à sa lèvre sud en partant de Cougar par le sentier classique mais, là encore, la couche de neige était trop épaisse pour permettre l’ouverture du sentier. Je savais que ce risque existait et j’avais prévu de remplacer l’ascension par un survol du volcan en hélicoptère au cas où. La base de l’hélicoptère n’est pas très connue et le départ n’était pas gagné d’avance. Il faut au moins quatre passagers pour que le vol ait lieu. Le matin où j’avais prévu de l’effectuer, je suis rentré bredouille. L’après-midi, la chance était au rendez-vous, ainsi que pour deux Français qui avaient eu la même idée. Le vol coûte 130 dollars ; il est censé durer une demi-heure, mais le pilote était sympa et passionné et nous sommes restés beaucoup plus longtemps que prévu au-dessus des lahars. Du grand spectacle !
Un autre avantage du survol en hélicoptère est de pouvoir voir Spirit Lake, inaccessible par la route cette année ; elle a été emportée par des torrents de boue à 20 km de Windy Ridge au cours de l’hiver dernier. Elle restera fermée tout l’été et les rangers ne savent même pas si elle pourra ouvrir au printemps prochain. Tout dépendra de la météo des prochains mois. [Photos dans l’album].