Le magma du Katmai (Alaska)

katmai,novarupta,magma,volcans,volcanoeslady knoxIl y a quelques années, une équipe de sismologues américains de l’Université de Wisconsin-Madison a installé un réseau de sismomètres autour des volcans du Katmai, là même où s’est produite l’éruption cataclysmale du Novarupta en 1912. Ils étudient aujourd’hui les données fournies par les instruments afin de « comprendre ce qui se passe sous nos pieds, comment se comporte le système volcanique et pourquoi ».

L’éruption du Novarupta en 1912 a laissé des indices quant à la source magmatique. Le Mont Katmai, situé à une dizaine de kilomètres du Novarupta, s’est effondré pendant l’éruption, ce qui laisse supposer que le magma était stocké sous l’édifice. Il y avait probablement une interconnexion magmatique dans les profondeurs. La question est de savoir où est passé ce magma et quelle quantité reste dans la chambre magmatique.

L’équipe scientifique a eu recours aux ondes sismiques pour essayer de répondre à ces questions. Les chercheurs ont utilisé deux techniques pour modéliser l’alimentation magmatique de la région : la tomographie corporelle et la tomographie de bruit ambiant. La première ressemble au scanner hospitalier sauf que, au lieu d’utiliser des rayons X, les scientifiques se servent des ondes sismiques pour modéliser des coupes de la Terre. De son côté, la tomographie acoustique s’appuie sur un traitement extensif des données informatiques pour obtenir des schémas de vibrations de fond (vagues des océans, vent, véhicules) qui font frémir la Terre en permanence.

A partir de ces modèles, les chercheurs ont identifié au moins deux sources magmatiques laissées par l’éruption de 1912. L’une d’elles se situe sous le Mont Katmai (le volcan qui s’est effondré en 1912). L’autre réservoir se trouve sous le Mont Mageik, à 10 km au SO du Novarupta. Les deux réservoirs ont été localisés à des profondeurs de 3 à 5 kilomètres et ont une largeur de 2 à 4 kilomètres. Leur volume n’a pas encore été calculé. Malgré tout, les scientifiques pensent que la quantité de magma sous le Katmai et le Mageik est « substantielle » mais pas suffisante pour provoquer une éruption majeure comme en 1912.

Source : Live science.

 

katmai,novarupta,magma,volcans,volcanoeslady knoxA few years ago, a team of American seismologists from the University of Wisconsin-Madison installed a network of seismometers around the Katmai Volcanoes – the source of the cataclysmal 1912 Novarupta volcanic eruption. They are now studying the resulting data in order “to understand what’s beneath, how the whole system behaved and why”.

The1912 Novarupta eruption left few clues about its magma source. Mount Katmai, located about 10 km from Novarupta, collapsed during the eruption, leading researchers to assume the magma had been stored beneath it. It suggests there was some sort of connected volume of magma being stored underground. The question is to know where it is and how much is left.

The team turned to seismic waves to answer those questions. They used two techniques to model the region’s magma plumbing: body wave tomography and ambient noise tomography.

The first is similar to a CAT (Computerized Axial Tomography) scan, but instead of X-rays, scientists use seismic waves to model cross-sections of the Earth. Ambient noise tomography, on the other hand, relies on extensive computer processing to get distinctive patterns in the background vibrations — from ocean waves, wind and even vehicles — that constantly rattle the Earth.

From those models, the scientists identified at least two remaining magma reservoirs.

One of them is located under Mount Katmai, the mountain that collapsed during the 1912 eruption. The second lies beneath Mount Mageik, 10 km SW of Novarupta. The reservoirs are located at a depth of about 3 to 5 km and each is about 2 to 4 km wide. The team has not yet calculated their volumes. However, they think the magma beneath Katmai and Mageik is “substantial”, but not huge enough to trigger an eruption like in 1912.

Source: Live Science.

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Le Katmai et la Vallée des 10 000 Fumées (Photo: C. Grandpey)

Popocatepetl (Mexique)

popocatepetl,eruption,volcans; éruption volcanique,volcanoesAprès une période de calme relatif, le Popo connaît depuis 48 heures un regain d’activité. Au cours des dernières 24 heures, le CENAPRED a enregistré 211 panaches de vapeur, de gaz et de cendre, avec des retombées signalées à Ozumba, à l’ouest du volcan. Pendant les épisodes éruptifs, des matériaux incandescents sont projetés jusqu’à 500 mètres du cratère.

On peut raisonnablement penser qu’un nouveau dôme s’est à nouveau formé à l’intérieur du cratère et qu’il est en train d’être détruit par la pression des gaz.

Le niveau d’alerte volcanique reste Jaune à la phase 3.

 

popocatepetl,eruption,volcans; éruption volcanique,volcanoesAfter a relatively quiet period, Popocatepetl is going through a new eruptive episode. CENAPRED has recorded 211 “exhalations” (water vapour, gas and ash) during the past 24 hours. Ashfall has been reported in Ozumba, to the west of the volcano. During the eruptions, incandescent materials are ejected as far as 500 metres from the crater.

The odds are that a new dome has appeared in the crater and that it is being destroyed under the pressure of the gases.

The alert level is kept at Yellow, Phase 3.

Yasur (Vanuatu)

drapeau francais.jpgQuel est le volcan qui n’a pas sa webcam ? Ces précieuses caméras permettent de suivre l’activité en direct, quelles que soient la saison et les conditions météo. Le Yasur vient de s’ajouter à la liste. La caméra est placée au pied du cône et permet de constater actuellement que le volcan est bien actif. Son niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 4. Voici l’adresse du lien pour accéder à la webcam : http://www.geohazards.gov.vu/tmp/Pics/Yasur/YASH_PICS.jpg

A noter que l’observatoire Geohazards propose également un webicorder du Yasur qui permet de suivre l’activité sismique sur le volcan :

http://www.geohazards.gov.vu/tmp/Pics/Yasur/YASH_drumplot.png

 

drapeau anglais.jpgIs there a volcano that does not have a webcam ? These precious cameras help us to see volcanic activity live, whatever the season and the weather. The Yasur volcano has just been added to the list. The webcam has been installed at the base of the volcano and it allows us to see that it is quite active. The alert level is kept at 3, on a scale of 4. Here is the address of the webcam:

http://www.geohazards.gov.vu/tmp/Pics/Yasur/YASH_PICS.jpg

There is also a webicorder that allows to see the volcanic activity on Yasur :

http://www.geohazards.gov.vu/tmp/Pics/Yasur/YASH_drumplot.png

Un avenir de catastrophes naturelles?

Aujourd’hui, il existe des négationnistes pour presque tout (habitant à côté d’Oradour-sur-Glane, je suis bien placé pour le savoir), y compris pour le changement et le réchauffement climatiques. Certains affirment allègrement (vous apprécierez l’adverbe) que tout cela est faux et sans fondement. Pourtant, des phénomènes extrêmes ont lieu régulièrement à travers le monde. Des universitaires de Yale (Etats-Unis) ont eu la bonne idée d’étudier leur fréquence au cours des dernières décennies. Les graphiques correspondants sont très inquiétants.

http://www.youtube.com/watch?v=b0NrS2L6KcE&feature=player_embedded

Un premier graphique montre la fréquence des catastrophes entre 1980 et 201O La couleur marron fait référence aux événements géologiques (séismes, tsunamis, éruptions volcaniques). La couleur verte désigne les catastrophes d’origine météorologiques, comme les tempêtes. Le gris foncé représente les événements d’origine hydrologiques (inondations, par exemple). La couleur orange est réservée aux événements d’origine climatique (températures extrêmes, sécheresse, feux de forêts…). On remarque que la tendance est à une hausse régulière.

Catastrophes 01.JPG

 Les courbes suivantes – en gardant les mêmes couleurs que précédemment – montrent  le nombre de catastrophes naturelles ayant eu lieu entre 1980 et 2010. On se rend vite compte que les phénomènes météorologiques extrêmes et leurs conséquences marquent une forte hausse, alors que leurs homologues géologiques sont stables.

Les gens ont souvent l’impression que les séismes et les éruptions deviennent de plus en plus fréquents. C’est faux ! Cette impression vient du fait que l’information circule de plus en plus vite et que nous savons quasiment en temps réel ce qui se passe à l’autre bout de la planète.

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Sans tomber dans le catastrophisme, force est de reconnaître que la situation est inquiétante et que le climat terrestre connaît des déséquilibres profonds qui ont inévitablement des conséquences économiques. Ainsi, la récolte de maïs va probablement être très affectée par la récente sécheresse dans le Midwest des Etats-Unis, avec une flambée inévitable des prix …et des biens de consommation qui en dépendent. Je fais souvent allusion à la fonte des glaciers, mais des phénomènes beaucoup plus sérieux nous menacent si la tendance ne s’inverse pas.