Comme promis, j’ai ajouté un petit album photos dans la colonne de droite de ce blog. Elle montre l’activité du Kilauea pendant la première quinzaine de février.
Les premières images (1 & 2) montrent les Sulphur Banks, ensemble de fractures sur la zone sommitale du volcan d’où s’échappent des nuages de vapeur auxquels se mêle un peu de H2S. Il est intéressant de voir l’effet de la température et de l’hygrométrie ambiante sur les volutes de vapeur qui deviennent très denses quand le temps fraîchit en soirée, sans que la zone fumerollienne soit plus active.
Pas très loin des Sulphur Banks, le cratère de l’Halema’uma’u (photo 3) attire pas mal de visiteurs qui viennent voir la belle lueur qui s’échappe de la bouche qui perce le plancher du cratère (photos 4 à 9). Lors de mon séjour sur la Grande Ile, le niveau de la lave se situait à une centaine de mètres sous la lèvre. Le nuage de gaz était peu dense, ce qui contribuait à donner un très beau spectacle. Au cours de la semaine écoulée, le niveau du lac est monté jusqu’à seulement 70 mètres sous la lèvre. Les scientifiques du HVO se demandaient même s’il n’allait pas déborder. En fait, un brutal dégonflement du volcan au cours des dernières heures a fait chuter la surface du lac.
Un survol en hélicoptère avec la fenêtre ouverte m’a permis de redécouvrir le cratère du Pu’uO’o et le Thanksgiving Eve Breakout (TEB) [photos 10 à 15], source des coulées actuelles. Le Pu’uo’o était parfaitement dégagé. On pouvait voir une coulée qui s’échappait d’un petit cône dans la partie ouest du cratère. (Il semblerait que depuis mon survol la lave ait migré vers la partie est du plancher).
Le parcours emprunté par la lave est facilement visible sur le TEB et le pali grâce aux panaches de gaz qui s’échappent des tunnels. Toutefois, aucune lucarne n’était visible pendant le survol.
Quelques coulées de surface apparaissent de temps à autre sur le pali et sur la plaine côtière, mais la lave n’entre pas dans l’Océan Pacifique. Les coulées les plus en aval se situaient la semaine dernière à 2 ou 3 km du littoral.
Les coulées de surface sur la plaine côtière (photos 16 à 27) se trouvent à 1,5 – 2 km de Kalapana, là où la route 130 a été coupée par la lave. Quand je les ai atteintes après avoir traversé un terrain classique de dalles et de cordages, la lave finissait de consumer un îlot de verdure (kipuka en hawaiien) et nourrissait plusieurs coulées éphémères assurant de belles photos au crépuscule.
A noter que ces coulées sont sur des propriétés privées. Leurs propriétaires ont organisé un petit business et, moyennant 50 dollars, ils guident sur leurs terres les touristes désireux de s’approcher de la lave. Personnellement, je trouve qu’il assez normal qu’ils profitent de la situation. Il ne faudrait pas oublier que l’éruption actuelle a détruit plusieurs maisons ces derniers temps dans la subdivision des Royal Gardens. Ce n’est pas tous les jours que la lave s’écoule hors du Parc des Volcans et, très honnêtement, je pense que je ferais la même chose si j’étais à la place de ces gens. Ne soyons pas hypocrites… !
Au cours de deux visites sur le site, j’ai pu faire des observations, mesures (écoulement, températures) et prélèvements (photos 28 & 29) intéressants qui vont me permettre de poursuivre un travail sur le processus de refroidissement de la lave.
Selon l’observatoire volcanologique du Costa Rica, une petite éruption phréatique s’est produite le 2 février dans la partie centrale de la Laguna Caliente, le lac qui se trouve au sommet du Poás. Des matériaux de couleur sombre ont été projetés à environ 6 mètres de hauteur avant de retomber dans le lac. Avant, durant et après l’éruption, une surface d’environ 15 mètres de diamètre a été agitée par des bulles de gaz entraînant une remontée de sédiments.
According to Costa Rica’s volcanological observatory, a small phreatic eruption occurred on February 2nd from the central part of Laguna Caliente, the summit lake of Poás. Dark material was ejected 6 metres high and fell back into the lake. Before, during, and after the eruption a concentric area of the lake surface about 15 metres in diameter was disturbed by bubbles of gas and upwelling sediments were observed.
Le Cratère SE de l’Etna a connu un nouvel épisode éruptif le 18 février (le précédent avait eu lieu les 12 et 13 janvier). Il a duré environ 11 heures, entre 3h30 et 14h30 (GMT) avec une forte activité strombolienne et des fontaines de lave. Les mauvaises conditions météo n’ont pas permis d’observer l’éruption dans de bonnes conditions mais l’événement a probablement été semblable au précédent, tout en étant moins intense semble-t-il.
The South East Crater of Mount Etna went through another paroxysmal eruptive episode on February 18th (The first event took place on January 12th and 13th). It lasted about 11 hours between 3:30 and 14:30 (GMT), with strong strombolian activity and lava fountains. Poor weather conditions did not allow to have a good view of the eruption but it seems that this event was similar to its predecessor, although probably less powerful.
Le Kirishima reste très actif au niveau du cratère Shinmoe-dake. Une forte explosion a en particulier secoué le volcan lundi matin. Toutefois, comme je l’ai indiqué dans une note précédente, c’est surtout le risque de coulées de boue qui inquiète le plus les autorités en ce moment.
Kirishima is still quite active at the Shinmoe-dake Crater with an impressive explosion occurred on Monday morning. However, the threat of mudslides is now worrying the authorities more than the volcano itself.