Sacré Katla!

Objet de toutes les attentions de la part de la presse – britannique en particulier – le Katla semble vouloir prendre sa revanche et montrer qu’il a quelques tours dans son sac ! C’est ainsi que le 9 décembre aux premières heures de la matinée, le 112 (numéro de téléphone islandais en cas d’urgence) a reçu un appel en provenance de Norvège. Des personnes s’inquiétaient car elles pensaient que le Katla était en train d’entrer en éruption! Elles avaient aperçu sur le Myrdalsjökull, via la webcam, des lumières brillantes qui, selon elles, ressemblaient à une coulée de lave. Après vérification, les Norvégiens ont pu être rassurés. Il s’agissait en fait d’une équipe de télévision qui profitait de la belle lumière matinale pour tourner un épisode de la série intitulée Le Trône de Fer (en anglais Game of Thrones). Des séquences avaient déjà été tournées sur le Vatnajökull en novembre.

Comme me le faisait remarquer récemment un visiteur de mon blog, je vais bientôt être en mesure de faire un bêtisier à propos du Katla !

 

Fuego (Guatemala)

drapeau francais.jpgDans sa dernière mise à jour hebdomadaire, le Global Volcanism Network confirme que le Fuego est actuellement l’un des volcans les plus actifs de la planète. Début décembre, il générait des panaches montant jusqu’à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet. Une coulée de lave d’environ 150 mètres de longueur descendait en direction de Ash Creek et des avalanches de blocs atteignaient les zones de végétation.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest weekly update, GVN confirms that Fuego is currently one of the most active volcanoes of the world. Early in December, it produced ash plumes rising several hundred metres above the summit. A150-metre-long lava flow descended toward Ash Creek and avalanches reached vegetated areas.

 

Toujours plus loin…

Après avoir convaincu tout le monde qu’une éruption du Katla (Islande) était imminente, les Britanniques passent à l’étape suivante ! La compagnie bas coût EasyJet affirme avoir mis au point un détecteur de cendre dont l’installation sur ses avions devrait éviter de les voir cloués au sol comme ce fut le cas au printemps 2010 avec l’éruption de l’Eyjaflallajökull.

 

Le système, baptisé AVOID (Airborne Volcanic Object Imaging Detector), a été testé il y a quelques semaines en Sicile à bord d’un petit avion au-dessus de l’Etna et le Stromboli [voir ma note du 24 novembre]. Des tests avec un appareil plus gros devraient avoir lieu prochainement. Comme je le faisais remarquer à l’époque, il faudrait que les tests soient effectués au moment d’un paroxysme de l’Etna et non pendant des périodes d’activité faible comme cela a été le cas jusqu’à présent.

 

AVOID utilise des caméras infrarouges capables de détecter des particules de cendre jusqu’à une centaine de kilomètres devant les avions, ce qui devrait permettre aux pilotes de prendre des mesures afin d’éviter la zone à risques. De plus, les données fournies par AVOID pourraient être confrontées à celles envoyées par les satellites pour obtenir une image en 3D.

 

Les responsables d’EasyJet sont très optimistes et sont persuadés que si leur système de détection avait existé au moment de l’éruption de l’Eyjafjallajökull au printemps 2010, des centaines de milliers de passagers ne seraient pas restés bloqués dans les aéroports.

 

Un scientifique de l’Institute of Mechanical Engineers met toutefois un bémol à cet optimisme. Il fait remarquer que le système AVOID ne rend pas les avions imperméables à la cendre volcanique. Si le système est capable de détecter la cendre à distance, il ne constitue pas un bouclier contre cette dernière !

 

De plus, si cette solution semble séduisante, on imagine facilement l’accumulation de problèmes que cela va représenter pour les contrôleurs aériens qui vont se retrouver face à de nombreux aéronefs en train de dévier ensemble de la trajectoire qui leur a été attribuée !

 

Il ne nous reste plus qu’à attendre l’éruption du Katla – Attention ! Le volcan est en retard sur son tableau de marche éruptif ! – pour voir si le « renifleur » de cendre EasyJet est efficace. Comme on peut s’en rendre compte régulièrement en volcanologie, il y a un fossé entre la théorie et la pratique ! Si l’éruption du Katla prend l’ampleur annoncée par un grand nombre de scientifiques, il y a fort à craindre qu’AVOID ne soit pas d’une grande utilité.

 

 

 

Le Kilauea: un volcan gentil?

Au cours d’une conférence lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union à San Francisco le 6 décembre dernier, Don Swanson – géologue bien connu du HVO – a attiré l’attention du public sur le risque d’activité explosive sur le Kilauea. Il a rappelé que le volcan hawaiien n’avait pas toujours connu une activité effusive paisible comme c’est le cas à notre époque. Swanson a en particulier fait référence à une éruption de novembre 1790 au cours de laquelle quelque 400 guerriers avaient perdu la vie sous les blocs incandescents propulsés par le volcan. Plus récemment, en mai 1924, un photographe a perdu la vie au cours d’une phase explosive du Kilauea.

Les techniques modernes de datation ont permis aux scientifiques américains de découvrir que d’autres épisodes explosifs du Kilauea avaient eu lieu dans le passé. Ils pensent que ces éruptions violentes ont, pour la plupart, une origine phréato-magmatique. Il se peut aussi que, dans des temps reculés, le CO2 ait joué un rôle dans cette activité explosive.

Au cours des 2500 dernières années, 60% de l’activité du Kilauea a été explosive et elle a été effusive pendant les 40 autre pour cent. Selon Dan Swanson, ce serait une erreur de se complaire dans les coulées de lave telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Le retour à une période explosive poserait un gros problème car le sommet du Kilauea devrait être évacué et le Parc des Volcans devrait être fermé pendant une longue période. On imagine facilement les effets désastreux que cela aurait sur l’économie de l’archipel hawaiien qui tire une grande partie de ses revenues du tourisme.

 

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Aujourd’hui, les explosions se produisent essentiellement sur le littoral quand la lave entre en contact avec l’océan.
(Photo: C.Grandpey