Histoire de geysers

A l’heure où les énergies renouvelables – la géothermie en particulier – sont de plus en plus d’actualité, on peut lire sur le site Canada.com (http://www.canada.com/) un article intéressant sur les geysers que l’on rencontre dans les zones de sources chaudes tant convoitées par les adeptes de la géothermie.
L’auteur de l’article rappelle tout d’abord que le Vieux Fidèle porte bien son nom et fait le bonheur des touristes à Yellowstone toutes les 50 à 90 minutes. Les horaires de ses jaillissements sont d’ailleurs indiqués dans le lodge du Parc.
A Geysir en Islande, si le Strokkur – la baratte – se manifeste très régulièrement toutes les 8-10 minutes, il n’en va pas de même du Grand Geyser qui est beaucoup moins nerveux. Il lui arrive de connaître de mini éruptions, mais le véritable spectacle se produit lors des grandes occasions, comme la Fête des Commerçants de Reykjavik. On déverse alors dans son cratère quelques dizaines de kilos de savon et, après quelques raclements de gorge, le geyser expulse eau et vapeur pendant plusieurs minutes avant de retomber dans la léthargie.
Le Lady Knox en Nouvelle Zélande connaît le même manque de virilité. Pour qu’il se manifeste quotidiennement à 10h15, un ranger jette du détergent dans l’orifice et, comme pour le geyser islandais, les touristes présents peuvent assister à un jaillissement d’eau et de vapeur (en fait, surtout de vapeur) jusqu’à une vingtaine de mètres de hauteur, bien assis dans un amphithéâtre ! Je dois dire que ce spectacle artificiel m’a laissé un peu sur ma faim.

Pourquoi le savon parvient-il à provoquer l’éruption d’un geyser ?  Tout simplement parce qu’il a pour effet de réduire la tension de surface de l’eau qui a été portée à haute température à l’intérieur du conduit par la chaleur des profondeurs. Cette tension est due à la force d’attraction des molécules d’eau qui, à température normale, lui donne son aspect liquide. Dans les liquides, ces molécules se caractérisent par leur proximité alors que, pour les gaz,  l’espace qui les sépare est plus grand. En conséquence, si l’on parvient à réduire la tension de surface d’un liquide, les molécules d’eau (H2O) se séparent plus facilement les unes des autres de sortes que le liquide devient un gaz. Les molécules des tensioactifs (que les anglo-saxons appellent volontiers ‘surfactants’, raccourci de ‘surface active agents’), substances qui comprennent les savons et les détergents, se frayent un chemin entre les molécules d’eau de sorte que l’eau bouillante se transforme instantanément en vapeur. Cette vapeur repousse violemment l’eau qui s’est accumulée dans le conduit et l’éruption du geyser se produit.

L’histoire dit que le déclenchement artificiel de l’éruption d’un geyser avec du savon s’est produit accidentellement en 1901 en Nouvelle Zélande lorsqu’une ‘prison ouverte’ a été établie à Waiotapu – zone volcanique active ! – pour des détenus qui n’étaient pas vraiment un danger pour la société. Ces derniers ont vite compris qu’ils pouvaient utiliser les sources chaudes pour laver leur linge. Un jour, l’un des prisonniers a, semble-t-il, déversé dans une source chaude juste ce qu’il fallait de savon pour provoquer l’éruption d’un geyser et le procédé a été conservé par la suite pour réveiller le Lady Knox. Toutefois, le détergent a remplacé le savon car il est moins nocif pour la tuyauterie du geyser. Il semble que la même évolution concerne de nos jours le Grand Geyser islandais.
Je connaissais une anecdote similaire à Yellowstone. Je raconte dans mes Volcanecdotes comment un Chinois installé dans le Wyoming a vu sa blanchisserie voler en éclats lorsque le savon a réveillé un geyser qui se trouvait au-dessous !

Tous les geysers n’expulsent pas de l’eau chaude. C’est le cas du Crystal Geyser dans l’Utah qui, de temps en temps, fait jaillir de l’eau froide, éruption qui est provoquée par accumulation de gaz carbonique. J’en ai décrit le fonctionnement dans une note rédigée le 21 juillet 2010, quelque temps après avoir visité le site.

A la fin de l’article canadien, l’auteur nous explique comment on peut confectionner chez soi un mini geyser à eau froide. Il est toutefois recommandé de faire l’expérience à l’extérieur de la maison ! Il suffit d’introduire deux pastilles de Mentos dans une bouteille de Diet Coke et le résultat ne se fait pas attendre. On peut corser l’affaire en glissant un tube dans le goulot de la bouteille et en introduisant une dizaine de Mentos. Le liquide va alors gicler à une dizaine de mètres de hauteur ! Regardez plutôt :
http://www.youtube.com/watch?v=X0VUAkYw73k
C’est toutefois une rigolade à côté de ce qu’est capable de faire le Steamboat Geyser de Yellowstone qui, sans crier gare, envoie son jet d’eau et de vapeur à quelque 90 mètres de hauteur !

 

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Le Lady Knox et ses fans. (Photo: C. Grandpey)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska / Etats Unis)

drapeau francais.jpgL’AVO indique qu’une nouvelle brève explosion du Cleveland a été détectée à 16h05 (heure locale) le 10 mars 2012. Probablement à cause des mauvaises conditions météo, les images satellites ne révèlent pas de nuages de cendre. Cette explosion est semblable à celles qui se sont produites le 7 mars et en décembre 2011. Elles avaient généré de petits nuages de cendre qui s’étaient dissipés rapidement sans affecter le trafic aérien.

 

drapeau anglais.jpgAVO indicates that another small, short duration explosion from Cleveland volcano was detected at about 4:05 p.m. (local time) on March 10th. No ash cloud from this event was detected in satellite imagery probably due to cloudy weather conditions. This explosion was similar to recent small events that occurred on March 7th and in December 2011. These events produced small ash clouds that dissipated quickly and did not affect air traffic.

 

La Sicile que j’aimais…

J’ai eu la chance de connaître la Sicile à une époque où elle n’était pas encore envahie par des hordes de touristes. Dans les années 1990, on pouvait séjourner tranquillement dans les Iles Eoliennes et partager le farniente des habitants. L’accès au sommet du Stromboli était libre et les bivouacs laissaient des souvenirs inoubliables. On pouvait accéder sans problème – et gratuitement ! – au cratère de la Fossa à Vulcano et même descendre à l’intérieur sans être importuné. Même chose pour les cratères de l’Etna qui ne faisaient pas l’objet d’ordonnances d’interdiction de la part de la Préfecture de Catane.

Aujourd’hui, tous ces bons moments appartiennent au passé et je ne pense pas qu’ils redeviendront réalité. Le principe de précaution étant devenu à la mode, on ne peut accéder à Stromboli et au sommet de l’Etna qu’avec les guides, ce qui laisse supposer que le volcan les respectera et qu’aucune explosion ne se produira en leur compagnie ! S’agissant des guides de l’Etna, leur chef s’en est allé dans un autre monde et je n’ai plus aucune envie de fréquenter un lieu qui est devenu une entreprise commerciale.

Je dois donc visionner les diapositives de cette époque révolue pour retrouver le plaisir de mes escapades siciliennes. J’ai effectué de nombreuses observations dans la Fossa di Vulcano, que ce soit pour y mesurer la température ou pour y prélever des gaz (voir document dans la colonne de gauche). J’en ai profité pour imprimer sur la pellicule les dépôts de soufre qui ornaient les évents à l’intérieur du cratère et  sur sa lèvre. Vous en trouverez quelques exemplaires dans un petit album photo dans la colonne de droite.

 

El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

drapeau francais.jpgSuite à la baisse du niveau d’alerte à El Hierro décrétée par le PEVOLCA au vu du déclin de l’activité sismique et éruptive, l’Autorité Maritime de Santa Cruz de Tenerife a limité la zone d’exclusion au niveau de l’éruption sous-marine à un rayon de 0,5 mile (soit 900 mètres environ). Toutes les activités de pêche, les sports et loisirs y sont interdits.
La navigation dans ce secteur n’est autorisée que pour des raisons techniques ou scientifiques, uniquement avec l’autorisation préalable de la Capitainerie.

 

drapeau anglais.jpgFollowing the reduction of the alert level at El Hierro by PEVOLCA after the decline of eruptive and seismic activity, the Maritime Authority of Santa Cruz de Tenerife has limited the exclusion zone above the submarine eruption to a radius of 0.5 nautical miles (900 metres or so). All activities – fishing, sporting, recreational – are forbidden in the area.

Shipping in the area can only be allowed for technical or scientific purposes, only with permits delivered by the Maritime Authority.