Tungurahua (Equateur)

drapeau francais.jpgLe volcan connaît un regain d’activité depuis le 20 avril. Une intensification de cette activité au cours des dernières 24 heures a poussé les autorités à fermer des écoles dans quatre localités et à évacuer des personnes vivant à proximité du volcan dont le panache de cendre montait à 6 km de hauteur. Six phases éruptives successives ont été enregistrées, avec des retombées de cendre qui ont déjà endommagé des pâturages et des cultures.

 

drapeau anglais.jpgThe volcano has been active again since April 20th. An intensification of this activity during the past 24 hours led the authorities to close schools in four communities and evacuate people living close to the volcano whose ash plumes rose up to 6 km. Six eruptive episodes have been recorded, with ashfall that have already damaged pastures and crops.

Eyjafjallajökull (Islande)

Un rapport scientifique qui vient d’être publié dans le bulletin Proceedings of the  National Academy of Sciences révèle que l’arrêt du trafic aérien – et la panique que cela a provoqué dans les aéroports – en avril 2010, suite à l’éruption de l’Eyjafjallajökull, était justifié.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de cendre du volcan et ont eu la confirmation qu’ils étaient susceptibles de causer une catastrophe. En effet, ces fragments très abrasifs auraient pu endommager les vitres des cockpits au point de rendre nulle la visibilité et ils étaient susceptibles de bloquer les moteurs des avions.

Il est écrit dans le rapport que ces résultats d’analyses pourraient servir de référence pour la conduite à tenir lors de futures éruptions.

 

Cette étude entraîne de ma part un certain nombre de remarques :

Comment se fait-il que ces conclusions ne parviennent que plus d’un an après l’événement? Il n’est pas besoin d’être un éminent scientifique pour se rendre compte que les cendres volcaniques – celles de l’Eyjafjallajökull en particulier – sont abrasives. Un simple examen au microscope le montre en quelques minutes !!

S’agissant du blocage des moteurs, l’étude fait référence aux problèmes rencontrés par les pilotes lors de l’éruption du Galunggung en 1982, mais elle ne fait aucune allusion aux résultats obtenus avec des avions « renifleurs de cendre » durant l’éruption islandaise de 2010 ! Ces tests s’étaient révélés relativement négatifs car les dégâts subis par les appareils étaient jugés négligeables.

Pour terminer, aucune comparaison n’est faite entre la densité de cendre dans les panaches de l’Eyjafjallajökull et dans ceux du Galunggung. Comme plusieurs scientifiques l’ont fait remarquer à l’époque de l’éruption islandaise, l’arrêt du trafic aérien était justifié lors de la première phase de l’éruption mais l’était beaucoup moins par la suite.

 

Reste à savoir maintenant quelle sera l’attitude des compagnies aériennes si une nouvelle éruption de ce type se produit ! Je ne suis pas certain qu’elles suivront les conclusions de cette étude scientifique ! Il ne faudrait pas oublier que les panaches de cendre de l’Eyjaflallajökull n’ont rien à voir avec ceux de volcans comme le Mont St Helens ou le Merapi  (dont la dernière éruption n’a que très peu perturbé le trafic aérien en Asie). Il est fort à parier que des compagnies comme Air France, British Airways ou la Lufthansa ne sont pas prêtes à connaître de nouvelles pertes financières s’il n’est pas prouvé de manière irréfutable (ce qui n’a pas été le cas en 2010) que leurs passagers sont mis en danger.

Etna & Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgLe calme est revenu sur l’Etna après le bref épisode éruptif du 10 avril dont on peut voir les traces sur l’image satellite mise en ligne par la NASA. 51 jours s’étaient écoulés entre cette dernière colère du volcan et la précédente qui avait eu lieu le 18 février 2011. Il y a de fortes chances pour que l’Etna se manifeste à nouveau d’ici quelques semaines (en juin ?), lorsque la pression des gaz sera suffisante. On peut imaginer que le Cratère SE sera à nouveau le siège de cet événement.

De son côté, le Stromboli est particulièrement calme en ce moment avec, en moyenne, 9 événements explosifs de faible intensité chaque heure.

 

drapeau anglais.jpgThe situation is quiet again on Mount Etna after the short eruptive episode that occurred on April 10th and that can be seen on NASA’s satellite image here below. The time span with the previous eruption (February 18th) was 51 days and the odds are that another eruption will take place in a few weeks (some time in June?) once gas pressure is sufficient. The SE Crater will probably be again the seat of the event.

As far as Stromboli is concerned, the situation is very quiet with an average of 9 low-intensity explosive events each hour.

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Les traces laissées par la dernière éruption de l’Etna.
(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Novarupta (Alaska / Etats Unis)

Quand l’activité volcanique est réduite dans le monde, comme c’est le cas actuellement, la presse se rabat sur des articles plus généraux et fait part des résultats de recherches scientifiques plus ou moins intéressantes.

Ainsi, dans l’Anchorage Daily News – journal très populaire en Alaska – un article revient sur l’éruption qui a secoué pendant trois jours le volcan Novarupta en 1912, en donnant naissance à la Vallée des 10 000 Fumées. La cendre vomie par le volcan a généré un nuage de 30 km de hauteur et un volume cent fois supérieur à celui observé lors de l’éruption du Mont St Helens en 1980.  

On apprend qu’une scientifique britannique a réalisé une étude sur les effets que pourrait avoir une éruption semblable du Novarupta au 21ème siècle. S’appuyant sur des simulations et autres modélisations informatiques très à la mode de nos jours, elle est arrivée à la conclusion qu’une éruption de l’ampleur de celle de 1912 réduirait à néant le trafic aérien pendant plusieurs jours en Amérique du Nord et en Europe. En effet, cette région du Pacifique nord représente l’un des couloirs aériens les plus fréquentés, avec plus de 200 survols quotidiens. Selon la scientifique, « les pertes financières dépasseraient 300 millions de dollars en termes de passagers et vols retardés ».   

Travail intéressant certes, mais rien ne dit que le Novarupta entrera de nouveau en éruption et, si éruption il y a, il n’est pas du tout certain qu’elle ressemblera à celle de 1912 ! L’étude a pourtant le mérite de rappeler que les volcans alaskiens appartiennent à la chaîne des Aléoutiennes. Dominant des terres souvent inhabitées, ils sont souvent peu contrôlés et peu équipés en matériel scientifique. Il ne faudrait pas oublier qu’il font partie de la redoutable Ceinture de Feu du Pacifique !

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Vallée des 10 000 Fumées (Photo: C. Grandpey)