Des tunnels de lave sur Vénus ? // Lava tubes on Venus ?

Dans deux notes publiées en avril 2023 et avril 2025, j’expliquais qu’une analyse des données recueillies en seulement huit mois au début des années 1990 par la sonde Magellan de la NASA révélait des changements à la surface de Vénus, probablement dus au volcanisme survenu pendant la mission Magellan.

Image de Vénus diffusée par la NASA dans les années 1990

Dans une nouvelle étude publiée en février 2026 dans la revue Nature Communications, des scientifiques qui analysaient des données vieilles de plusieurs décennies de la mission Magellan affirment avoir identifié ce qui semble être un vaste tunnel creusé par l’activité volcanique sur Vénus. Si cette structure est confirmée, il s’agirait du deuxième tunnel de lave découvert sur cette planète, après ceux observés sur la Lune et Mars.

Image radar de Magellan montrant plusieurs chaînes de cratères et l’ouverture identifiée, marquée A, qui pourrait donner accès au sous-sol de Vénus (Source : NASA).

Cette découverte va à l’encontre de l’idée longtemps admise que Vénus était un monde géologiquement inerte. L’identification d’une cavité volcanique est donc particulièrement importante, car elle permet aux chercheurs de valider des théories qui, pendant de nombreuses années, n’ont fait qu’émettre des hypothèses quant à l’existence de volcans sur Vénus.
Vénus est constamment enveloppée d’épais nuages ​​qui empêchent l’observation directe de sa surface. Cela oblige les scientifiques à se fier à l’imagerie radar pour étudier la géologie de la planète. Entre 1990 et 1992, la sonde Magellan de la NASA a cartographié une grande partie de la surface de Vénus grâce à un système radar spécialement conçu à cet effet. Les images ainsi obtenues constituent une vaste archive que les chercheurs continuent d’analyser. Le radar de Magellan a cartographié Vénus en émettant des ondes radio vers la surface de la planète et en mesurant le temps de retour des signaux, ce qui a permis aux scientifiques de mettre au point des cartes détaillées de la surface de la planète. Ces cartes révélaient de longues chaînes de cratères, ou zones d’effondrement. Certaines s’étendaient sur des dizaines, voire des milliers de kilomètres, laissant supposer la présence de tunnels de lave à la surface de Vénus.
Dans cette nouvelle étude, les scientifiques se sont concentrés sur des effondrements de surface bien localisés qui se produisent lorsque des pans de croûte cèdent, créant des ouvertures semblables à des lucarnes qui peuvent laisser apparaître des cavités souterraines. L’une de ces formations, située sur le flanc ouest de Nyx Mons, l’un des 1 600 volcans majeurs et près d’un million de volcans plus petits répartis à la surface de Vénus, a produit un signal radar distinctif correspondant étroitement aux signatures connues des toits effondrés de tunnels de lave. L’analyse du terrain environnant montre que le tunnel pourrait s’étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres, bien que seule une partie de la structure puisse être confirmée à l’heure actuelle.
Les scientifiques pourraient bientôt avoir confirmation de la présence de ces tunnels. En effet, une série de prochaines missions vers Vénus devrait embarquer des instruments radar plus performants, capables de capturer des images à plus haute résolution. Par exemple, l’étude des cavités est l’un des principaux objectifs de l’instrument SRS (Subsurface Radar Sounder), prévu pour la mission EnVision et mis au point par l’Agence spatiale européenne (ESA). Cet instrument peut pénétrer la surface de la planète jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur et potentiellement détecter des tunnels, même en l’absence d’ouvertures en surface.
Source : Nature Communications.

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In two posts published in April 2023 and 2025, I explained that a new analysis of data collected over the space of just eight months in the early 1990s by NASA’s Magellan orbiter showed changes in the Venusian surface that could best be attributed to volcanism that took place during the Magellan mission.

In a new study published in February 2026 in the journal Nature Communications, scientists analyzing decades-old data from the Magellan mission say they have identified what appears to be a vast underground tunnel carved by volcanic activity on Venus. If confirmed, the structure would mark only the second time a lava tube has been reported on Venus, adding to similar discoveries on the moon and Mars.

The finding also contributes to a growing body of evidence challenging the long-held view of Venus as a geologically dead world. The identification of a volcanic cavity is therefore of particular importance, as it allows researchers to validate theories that for many years have only hypothesized the existence of volcanoes on Venus.

Venus is perpetually shrouded in dense clouds that block direct views of its surface, forcing scientists to rely on radar imagery to study the planet’s geology. Between 1990 and 1992, NASA’s Magellan orbiter mapped much of Venus’ surface using a radar system specifically designed for that purpose, producing a vast archive of images that researchers continue to analyze. Magellan‘s radar mapped Venus by transmitting radio waves toward the planet’s surface and measuring how long the signals took to bounce back, allowing scientists to construct detailed surface maps. Those maps revealed long chains of pits, or collapsed areas on the surface. Some stretched tens to thousands of kilometers, which hinted at the presence of underground lava tubes across the Venusian surface.

In the new study, scientists focused on localized surface collapses that occur when sections of rock give way, creating skylight-like openings that can expose underground voids. One such feature, located on the western flank of Nyx Mons, one of the 1,600 major volcanoes and nearly a million smaller ones that dominate the surface of Venus, produced a distinctive radar pattern closely matching signatures known to arise from collapsed lava tube roofs. Analysis of the surrounding terrain suggests the conduit could extend for a few dozen kilometers underground, although only part of the structure can currently be confirmed.

More confirmation may come soon. A fleet of upcoming missions to Venus are expected to carry more advanced radar instruments capable of capturing higher-resolution images. For instance, studying subsurface cavities is a primary goal of an instrument called the Subsurface Radar Sounder, or SRS, planned for the EnVision mission being developed by the European Space Agency (ESA), which can penetrate the planet’s surface to depths of several hundred meters and potentially detect conduits even in the absence of surface openings.

Source : Nature Communications.