La descente des Cascades (5): le Mont Adams

Après avoir roulé vers le sud et longé la Columbia River, il faut remonter vers le nord pour atteindre le Mont Adams. J’ai prévu l’étape à Trout Lake, petit village calme d’ordinaire mais qui, depuis plusieurs jours héberge les pompiers qui luttent contre un wildfire dans la forêt au pied du volcan. Le panache de fumée dégagé par l’incendie était tellement volumineux la veille que certaines personnes à des dizaines de kilomètres de distance ont cru que le Mont Adams était entré en éruption ! Le camping et le motel du village étaient remplis à ras bord et c’est dans le B&B de Kelly que nous avons séjourné. Le petit lac de Trout Lake fournit un premier plan idéal pour photographier le volcan, mais gare aux moustiques, particulièrement agressifs dans cette région ! [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (4): le Mont St Helens

Beaucoup de volcanologues estiment que le Mont Rainier et le Mont St Helens sont les volcans les plus dangereux de la Chaîne des Cascades. Ils ne sont d’ailleurs pas très éloignés l’un de l’autre.
Le Mont St Helens a fait la une des journaux le 18 mai 1980 lorsqu’une formidable explosion le décapita, détruisant tout ce qui se trouvait sur la trajectoire du souffle (« blast ») sur des dizaines de kilomètres. Les arbres furent brisés comme des allumettes. On dénombra 57 morts dont le géologue David Johnston dont le nom a été donné à l’observatoire.
Après quelques soubresauts au cours des derniers mois, le volcan est à nouveau calme. J’avais prévu d’effectuer l’ascension jusqu’à sa lèvre sud en partant de Cougar par le sentier classique mais, là encore, la couche de neige était trop épaisse pour permettre l’ouverture du sentier. Je savais que ce risque existait et j’avais prévu de remplacer l’ascension par un survol du volcan en hélicoptère au cas où. La base de l’hélicoptère n’est pas très connue et le départ n’était pas gagné d’avance. Il faut au moins quatre passagers pour que le vol ait lieu. Le matin où j’avais prévu de l’effectuer, je suis rentré bredouille. L’après-midi, la chance était au rendez-vous, ainsi que pour deux Français qui avaient eu la même idée. Le vol coûte 130 dollars ; il est censé durer une demi-heure, mais le pilote était sympa et passionné et nous sommes restés beaucoup plus longtemps que prévu au-dessus des lahars. Du grand spectacle !
Un autre avantage du survol en hélicoptère est de pouvoir voir Spirit Lake, inaccessible par la route cette année ; elle a été emportée par des torrents de boue à 20 km de Windy Ridge au cours de l’hiver dernier. Elle restera fermée tout l’été et les rangers ne savent même pas si elle pourra ouvrir au printemps prochain. Tout dépendra de la météo des prochains mois. [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (3): le Mont Rainier

Le Mont Baker constituant le volcan le plus septentrional du voyage, il ne restait plus qu’à suivre l’épine dorsale de la Chaîne des Cascades pour rejoindre le volcan suivant, le Mont Rainier. Sa dernière colère remonte à 1894, mais on sait que les gaz volcaniques le minent de l’intérieur et que les risques de glissements de terrain majeurs sont bien réels. Une éruption pourrait également menacer Tacoma et Seattle situées respectivement à 120 et 170 km de distance. Vu depuis sa base, le Rainier (4391 m) ressemble davantage à un sommet des Alpes qu’à un volcan, mais le risque est bien réel. En parodiant le regretté Maurice Krafft, on peut affirmer que c’est un volcan dont la mèche est allumée mais dont on ne connaît pas la longueur…. Là encore, la couche de neige était impressionnante, ne facilitant pas la progression sur la Skyline Trail. [Photos dans l’album].

La descente des Cascades (2): le Mont Baker

Une fois récupérée la voiture, cap vers le nord de l’état de Washington (à ne pas confondre avec la capitale du même nom, située sur la côte atlantique !) afin de rendre visite au Mont Baker dont la dernière éruption remonte à 1880. Depuis 1975, on observe des émissions de vapeur et des fumerolles dans le cratère Sherman, au sud du sommet. Je n’avais pas prévu d’aller si haut et, de toute façon, l’expédition aurait été impossible. En effet, il a énormément neigé sur les Cascades l’hiver dernier et les chasse-neige venaient tout juste de dégager la route conduisant à Artist Point, avec des murs de neige de deux à trois mètres de hauteur de part et d’autre de la chaussée encore interdite aux voitures début juillet. A noter au passage les célèbres Heather Meadows et le lac où vient se refléter le Mont Shuksan. C’est, selon les guides, l’un des lieux les plus photographiés de la planète. [Photos dans l’album]