Route à nouveau vers le sud. Petite halte en cours de route, histoire de pénétrer dans une grotte de glace ornée de stalactites et stalagmites, comme cela se produit souvent en milieu volcanique (voir la Grotta del Gelo sur l’Etna ou, plus près de nous, les trous de glace dans la cheire du Puy de Côme en Auvergne). Traversée de la Columbia River qui sépare les états de Washington et d’Oregon. Déjà le Mont Hood se profile à l’horizon, avec sa forme caractéristique de capuche qui est à l’origine de son nom. Les vergers font place à la forêt et nous parvenons rapidement au-dessus de la timberline, avec de belles vues sur le volcan qui s’est manifesté pour la dernière fois en 1866. La route qui conduit aux stations de ski permet d’approcher du sommet et d’observer le tracé des lahars où il est intéressant de ramasser quelques échantillons de roche. [Photos dans l’album].
Catégorie : Voyage
La descente des Cascades (5): le Mont Adams
Après avoir roulé vers le sud et longé la Columbia River, il faut remonter vers le nord pour atteindre le Mont Adams. J’ai prévu l’étape à Trout Lake, petit village calme d’ordinaire mais qui, depuis plusieurs jours héberge les pompiers qui luttent contre un wildfire dans la forêt au pied du volcan. Le panache de fumée dégagé par l’incendie était tellement volumineux la veille que certaines personnes à des dizaines de kilomètres de distance ont cru que le Mont Adams était entré en éruption ! Le camping et le motel du village étaient remplis à ras bord et c’est dans le B&B de Kelly que nous avons séjourné. Le petit lac de Trout Lake fournit un premier plan idéal pour photographier le volcan, mais gare aux moustiques, particulièrement agressifs dans cette région ! [Photos dans l’album].
La descente des Cascades (4): le Mont St Helens
Beaucoup de volcanologues estiment que le Mont Rainier et le Mont St Helens sont les volcans les plus dangereux de la Chaîne des Cascades. Ils ne sont d’ailleurs pas très éloignés l’un de l’autre.
Le Mont St Helens a fait la une des journaux le 18 mai 1980 lorsqu’une formidable explosion le décapita, détruisant tout ce qui se trouvait sur la trajectoire du souffle (« blast ») sur des dizaines de kilomètres. Les arbres furent brisés comme des allumettes. On dénombra 57 morts dont le géologue David Johnston dont le nom a été donné à l’observatoire.
Après quelques soubresauts au cours des derniers mois, le volcan est à nouveau calme. J’avais prévu d’effectuer l’ascension jusqu’à sa lèvre sud en partant de Cougar par le sentier classique mais, là encore, la couche de neige était trop épaisse pour permettre l’ouverture du sentier. Je savais que ce risque existait et j’avais prévu de remplacer l’ascension par un survol du volcan en hélicoptère au cas où. La base de l’hélicoptère n’est pas très connue et le départ n’était pas gagné d’avance. Il faut au moins quatre passagers pour que le vol ait lieu. Le matin où j’avais prévu de l’effectuer, je suis rentré bredouille. L’après-midi, la chance était au rendez-vous, ainsi que pour deux Français qui avaient eu la même idée. Le vol coûte 130 dollars ; il est censé durer une demi-heure, mais le pilote était sympa et passionné et nous sommes restés beaucoup plus longtemps que prévu au-dessus des lahars. Du grand spectacle !
Un autre avantage du survol en hélicoptère est de pouvoir voir Spirit Lake, inaccessible par la route cette année ; elle a été emportée par des torrents de boue à 20 km de Windy Ridge au cours de l’hiver dernier. Elle restera fermée tout l’été et les rangers ne savent même pas si elle pourra ouvrir au printemps prochain. Tout dépendra de la météo des prochains mois. [Photos dans l’album].
La descente des Cascades (3): le Mont Rainier
Le Mont Baker constituant le volcan le plus septentrional du voyage, il ne restait plus qu’à suivre l’épine dorsale de la Chaîne des Cascades pour rejoindre le volcan suivant, le Mont Rainier. Sa dernière colère remonte à 1894, mais on sait que les gaz volcaniques le minent de l’intérieur et que les risques de glissements de terrain majeurs sont bien réels. Une éruption pourrait également menacer Tacoma et Seattle situées respectivement à 120 et 170 km de distance. Vu depuis sa base, le Rainier (4391 m) ressemble davantage à un sommet des Alpes qu’à un volcan, mais le risque est bien réel. En parodiant le regretté Maurice Krafft, on peut affirmer que c’est un volcan dont la mèche est allumée mais dont on ne connaît pas la longueur…. Là encore, la couche de neige était impressionnante, ne facilitant pas la progression sur la Skyline Trail. [Photos dans l’album].