Découverte de la Nouvelle Zélande (3)

J’avais réservé depuis fort longtemps l’hélicoptère pour White Island au départ de l’aéroport de Whakatane, en sachant que certains vols ne peuvent avoir lieu à cause de conditions météo défavorables, le vent pouvant souffler très fort dans la région. Alors que les vols de la veille avaient été annulés pour cette raison, le nôtre se déroula dans des conditions optimales, avec un ciel parfaitement bleu et as de vent. Les appareils sont prévus pour quatre personnes afin que tous les passagers puissent profiter du spectacle à travers des vitres à la propreté impeccable. Le survol de la mer permet d’apercevoir des bancs de dauphins, très nombreux le long des côtes néo-zélandaises. La découverte de White Island fut un grand moment, avec les teintes marron et ocrée des roches qui tranchaient avec le bleu profond de l’océan tandis que, niché dans son écrin minéral, le lac d’acide montrait une belle couleur verte.
Le pilote de l’hélicoptère – par ailleurs doté d’une très bonne connaissance en géologie et volcanologie – effectua plusieurs rotations autour de l’île avant de se poser au milieu du fer à cheval dessiné par les parois du volcan. Un moment de pur bonheur pour le volcanophile que je suis !!
White Island a une superficie de 5 km2 et est située à une cinquantaine de kilomètres de la côte. C’est le sommet d’un volcan sous-marin de 16 à 18 km de diamètre qui prend assise au fond de l’océan. Il se situe à l’extrémité NE de la ligne volcanique dite de Taupo, de plus de 250 km de longueur, où se trouvent alignés les principaux volcans de nouvelle Zélande comme le Tarawera, le Ngauruhoe ou le Ruapehu.
Environ 36 éruptions se sont produites depuis la première observation historique qui remonte à 1826 avec le début de la colonisation, confirmant – si besoin est – que la Nouvelle zélande est un pays très jeune. L’activité fut localisée dans la partie NO du cratère jusqu’en 1914 où une zone fumerollienne avec d’importants dépôts de soufre incita une société à exploiter ce dernier. Malheureusement, 11 ouvriers et les infrastructures de la mine furent ensevelis sous un très important glissement de terrain dû à la rupture d’un des flancs internes du cratère ouest. Le cratère principal s’est formé à la suite de ce glissement de terrain de 1914. L’exploitation du soufre cessa en 1930.
Par la suite, d’autres éruptions eurent lieu, en particulier en 1958-1959, entre 1976 et 1982 ou encore entre 1992 et 1993. En janvier 1999, l’activité a recommencé légèrement, ainsi que le 7 mars 2000, avec une émission de cendre qui a généré un panache de 1500 mètres de hauteur et qui s’étira sur 40 km. Le 27 juillet 2000, la plus importante éruption de ces 20 dernières années, d’une durée de 5 heures, forma un nouveau cratère de plus de 100 mètres de diamètre, recouvrant la partie est de l’île de cendre et de blocs.
Actuellement, le volcan est calme. Plusieurs mares d’eau chaude ou de boue mijotent dans le cratère. Leur température lors de notre visite se situait autour de 80°C. La couleur des roches est magnifique, ne faisant que mieux ressortir le vert superbe du lac d’acide dont le PH a été mesuré inférieur à 0 !!

Après plus d’une heure de visite du cratère, le pilote a de nouveau survolé l’île où la couleur de l’eau de mer le long du littoral trahit par endroits la présence de zones hydrothermales. Un dernier coup d’œil à la colonie de fous de Bassan qui a élu domicile sur un promontoire, et c’est le retour vers Whakatane d’où nous allons prendre la route en direction de Rotorua, deuxième pôle volcanique de notre voyage.
(Photos dans l’album).

Découverte de la Nouvelle Zélande (2)

Le nord de l’île du nord.
La première étape du voyage nous a fait partir d’Auckland pour aller vers le nord en empruntant la route n°1. Notre point de chute se trouvait à Paiha, bourgade au coeur de la bien nommée Bay of Islands, toute proche de Waitangi où je voulais visiter la Treaty House, berceau de la Nouvelle Zélande moderne.
La route du lendemain nous fit passer de l’est à l’ouest, autrement dit de l’Océan Pacifique à la Mer de Tasman (aussi dite Mer de Tasmanie), avant de pénétrer dans la Waipoua Forest et ses kauri trees géants.
Une nouvelle étape à Auckland , ville sans grand intérêt, fut l’occasion d’apprécier l’ambiance de pub le samedi soir sur fond de matches de rugby.

Puis, route vers le sud-ouest en longeant la côte jusqu’à Whakatane, sans oublier une visite à la péninsule de Coromandel. Le snorkeling (plongée avec un tuba) à Hahei permet de nager avec les poissons et les raies, mais que l’eau est froide ! Au passage, l’une des curiosités de Whitianga est la Hot Water Beach, une plage surpeuplée où les gens viennent creuser leur petite piscine afin de profiter des bienfaits des eaux soi-disant chaudes et riches en minéraux qui sortent du sol volcanique. . Les dernières semaines de l’été austral marquent le début de la migration pour certains oiseaux qui se regroupent par milliers dans les zones marécageuses du rivage. Un régal pour les ornithologues.
(Photos dans l’album).

Découverte de la Nouvelle Zélande (1)

L’activité volcanique dans le monde n’étant pas très internse en ce moment, je vais en profiter pour faire un petit compte-rendu de mon voyage aux antipodes en y joignant un photo-album qui s’ajoutera à ceux déjà présents dans la colonne de droite de mon blog. Bonne lecture!

++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Introduction au voyage.
Contrairement à ce que vous pensez, ce ne sont pas les volcans qui me viennent d’abord à l’esprit lorsque j’évoque la Nouvelle Zélande. Pour moi, ce pays est avant tout celui des All Blacks, ces formidables rugbymen qui font frissonner leurs adversaires avant même l’entame des matches avec leur légendaire haka, séquence au cours de laquelle ils évoquent le Tout-Puissant (« The Powerful Man ») qui fait se lever et se coucher le soleil, engendrant la vie et la mort…. Le rugby est bien ancré dans le cœur des Néo-Zélandais. Il suffit de fréquenter les pubs de Wellington ou de Christchurch les vendredis et samedis soirs pour se rendre compte de l’ambiance passionnée qui accompagne les rencontres.
Une autre image est celle des moutons. Il n’est pas rare, en particulier dans l’île du sud, de voir des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes. Les quads ont aujourd’hui remplacé les chevaux pour procéder à leur rassemblement ou leur séparation qui constituent des spectacles impressionnants !
La Nouvelle Zélande me rappelle aussi mes années de fac d’anglais, quand il fallait étudier le Commonwealth et la colonisation de ce pays par les Anglais, souvent sans ce soucier des intérêts de la population maori. Le traité de Waitangi, signé le 6 février 1840, a permis de donner une structure à la Nouvelle Zélande qui reste un pays très jeune où l’empreinte britannique est très présente, que ce soit au niveau de la langue, de l’habitat et des coutumes.
Pourquoi les volcans sont ils relégués après ces centres d’intérêt ? Probablement parce qu’ils ne sont pas assez actifs à mes yeux ! Certes, White Island ou le Ruapehu piquent des colères pouvant causer de sérieux dégâts, mais ils sont calmes le reste du temps et les sources chaudes de Rotorua ne suffisent pas à mon appétit volcanologique ! Rien à voir avec les coulées de lave d’Hawaii ou même celles de l’Etna ! Nous sommes dans le domaine du volcanisme ‘soft’, « d’opérette », comme il m’arrive de le dire !

Pourquoi y a-t-il des volcans en Nouvelle Zélande ? Tout simplement parce que le pays se trouve sur la Ceinture de Feu du Pacifique, à la frontière entre les plaques australienne et pacifique. La collision de ces plaques entraîne une subduction de la plaque pacifique sous la plaque australienne sur laquelle se trouve l’île du nord. Le secteur principal d’activité se situe sur la Taupo Volcanic Zone qui s’étire sur 250 km, de White Island jusqu’au Ruapehu dans le Central Plateau. Dans la partie sud de la Nouvelle Zélande, c’est l’inverse et la confrontation des deux plaques a donné naissance aux Alpes du Sud qui se soulèvent de près d’un centimètre par an !

Nous avions opté pour la formule avion + voiture qui permettrait de visiter le pays à notre rythme pendant quatre semaines. Nous avions jugé que la Nouvelle Zélande méritait mieux que les deux semaines – vol compris ! – proposées par la plupart des tour operators. Contrairement à ce qu’affirment certains (voir un commentaire dans mon blog) le pays n’est pas monotone si l’on sait sortir des sentiers battus et il ne faut pas hésiter à emprunter les pistes en pointillés sur la carte ; elles font souvent découvrir des paysages superbes, voire époustouflants. Notre carte routière était le Road Atlas proposé par l’Automobile Club (AA) et elle nous a donné entière satisfaction.

512654861.jpg

(Avec l’aimable autorisation de Wikipedia).

Nouvelles des antipodes (suite et fin)

DUNEDIN (45 degres de latitude sud) est l’une de nos dernieres etapes neo-zelandaises. Albatros, phoques et pingouins sont au rendez-vous, avec les superbes points de vue sur le Pacifique offerts par l’Otago Peninsula.
Jeudi, c’est le retour vers la France. La prochaine note sera donc ecrite en Limousin. A bientot. TVB.