Les ours du Katmai (Alaska / Etats Unis)

Suite à la demande de plusieurs internautes fascinés par l’ours en train de chasser le  saumon dans l’album photos consacré à l’Alaska,  voici une autre série de quelques images  montrant les plantigrades dans le Parc du Katmai. On les y rencontre partout, que ce soit sur la piste qui conduit à la Vallée des 10 000 Fumées, dans les forêts ou au bord des lacs et des rivières où abondent les saumons. Ces ours sont essentiellement des grizzlys, en théorie un peu moins agressifs que les ours noirs, surtout en septembre, période où ils peuvent se gaver de poissons et de baies sauvages. Deux points d’observation ont été aménagés aux abords des chutes de la Brooks River et de Naknek Lake, mais il est fréquent de voir les animaux sur les berges du lac ou autour des bâtiments du lodge. Leurs évolutions sont surveillées de près par les rangers afin d’éviter au maximum les rencontres avec les visiteurs. Comme je l’ai écrit dans mon récit de voyage, dès l’arrivée dans le Parc du Katmai, des conseils de base sont formulés par les rangers sur le comportement à adopter. Ne pas hésiter à se déplacer en parlant ou en faisant du bruit, de façon à signaler sa présence aux ours ; en cas de rencontre avec les animaux, commencer par faire de grands gestes pour signaler sa présence. Ne pas s’enfuir en courant car on devient une proie potentielle. S’éloigner à reculons tout en parlant à l’ours sans le dévisager. Si l’ours attaque, il est probable que, dans un premier temps, il ne s’agit que d’un geste d’intimidation. Si l’attaque devenait réelle – et seulement dans ce cas – se laisser tomber au sol et faire le mort en prenant la position foetale. Le Katmai, ce n’est pas le parc animalier de Thoiry ! Il faut garder à l’esprit que dans cette région, c’est l’homme qui pénètre dans le territoire des ours, et non l’inverse.

Les photos de l’album montrent les ours au bord de l’eau et dans l’eau où ils passent la plus grande partie de leur temps à chasser le saumon. La technique inclut la course et le plongeon dans les rivières, ou encore la nage dans les lacs. Même si les poissons sont extrêmement nombreux, il y a beaucoup de ratés mais, au bout du compte, le festin est toujours au rendez-vous !       

Alaska, the last frontier (7)

7. La Péninsule du Kenai et les volcans de Cook Inlet.

Après une nouvelle halte à Anchorage où nous avons pu une nouvelle fois apprécier le confort douillet des bed & breakfast alaskiens, le cap est mis vers le sud et la magnifique Péninsule du Kenai. Me concernant, l’intérêt de ce trajet résidait dans le fait que la route longe la Baie de Cook (Cook Inlet) avec, sur la rive opposée, les premiers volcans de l’arc aléoutien.

Après un temps ensoleillé au départ d’Anchorage, le ciel s’est vite couvert et la pluie nous a accompagnés pour arriver à Homer où j’avais réservé le B&B suivant. Temps complètement bouché. Aucun volcan à se mettre sous la dent ! Notre logement sur la colline qui domine Homer offrait une vue imprenable sur la mer, les fjords et les glaciers. Il manquait seulement un rayon de soleil pour pouvoir apprécier ce superbe paysage. Le seul point positif était que le baromètre de ma montre indiquait une hausse de la pression atmosphérique, ce qui laissait place à un certain optimisme pour le lendemain.

Ma grenouille personnelle avait raison car le petit déjeuner se prit avec en toile de fond un superbe lever de soleil sur les glaciers. Dans les heures qui suivirent, le ciel ne cessa de se dégager, avec une météo estivale en cours de matinée. Il ne fallait donc pas hésiter à reprendre la route en sens inverse pour longer à nouveau Cook Inlet vers le nord, en attendant que Dame Augustine veuille bien accepter de se dévoiler pour en permettre le survol.

La pluie à basse altitude s’était transformée en neige sur la chaîne volcanique dominée par la masse imposante du Mont Redoubt dont le sommet laissait échapper un panache de vapeur. Ses voisins Spurr et Illiamna étaient parfaitement dégagés eux aussi. Il fallait profiter rapidement de cette embellie. L’après-midi, lorsque nous avons repris la route vers l’est de la Péninsule du Kenai, les nuages avaient fait leur retour et dissimulaient à nouveau les montagnes.  

Comme je l’indiquais dans l’une de mes notes de voyage, il faut avoir un peu de chance pour pouvoir survoler l’Augustine qui disparaît souvent  sous une couverture nuageuse. C’est finalement à bord d’un petit Cesna que j’ai pu observer ce volcan qui est le plus jeune de l’Alaska. Sa première éruption remonte à 25 000 ans ; son activité est explosive, de type peléen et se résume à des émissions de nuées ardentes et de panaches de cendre. Périodiquement, des effondrements majeurs donnent un nouvel aspect au volcan. Le dernier de ces effondrements s’est produit en 1883 et a généré un tsunami de neuf mètres de haut.

Comme les autres volcans des Aléoutiennes, les nuages de cendre des éruptions peuvent perturber le trafic aérien entre les États-Unis et l’Asie passant dans la région.  

Des éruptions se sont produites en 1812, 1883, 1885, 1893, 1895, 1902, 1908, 1935, 1944, 1963, 1971, 1976, 1986, 1988, 1998 et la dernière en 2006. L’éruption de 1976 projeta un panache volcanique à dix kilomètres d’altitude et saupoudra de cendre la ville d’Anchorage.

L’éruption de 1986 émit des panaches de cendre jusqu’à douze kilomètres d’altitude et des nuées ardentes filmées par Maurice Krafft comme personne ne l’avait jamais fait auparavant.

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Epilogue.

Le survol de l’Augustine sera le dernier événement majeur de ce périple dans le Grand Nord. L’Alaska est un magnifique pays, avec des paysages somptueux en automne. Les gens sont très sympa et de contact facile. Nous avons toujours été accueillis avec une grande cordialité dans des maisons où l’on se rend compte de l’importance du confort intérieur en prévision d’un hiver rigoureux. La Nature est bien sûr omniprésente dans cette région du globe où la densité de population est très faible. Les zones volcaniques présentent un intérêt certain mais, comme dans beaucoup d’autres pays, ce serait une erreur de faire une fixation sur les volcans actifs et d’oublier ce qui se passe autour d’eux. Au final, cette expérience alaskienne fut très enrichissante et il n’est pas impossible que les ours du Katmai me voient revenir parmi eux un jour ou l’autre…

 

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog un album photos avec quelques clichés illustrant les moments forts de ce voyage.

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Alaska, the last frontier (6)

6. Denali National Park.

On retrouve les superbes couleurs de la toundra dans le Parc National du Denali, autrement dit du Mont McKinley à mi-chemin entre Fairbanks et Anchorage.

Baptisé Denali (« Celui qui est haut ») par les Indiens, ce colosse de 6194 mètres d’altitude écrase les montagnes voisines, dont la plupart n’atteignent pas la moitié de sa taille et forment la chaîne incurvée de l’ Alaska Range, barrière naturelle de 930 km à travers le sud de l’Alaska.

Le découvreur moderne de la montagne fut un nommé William Dickey, l’un des premiers prospecteurs qui, de 1896 à 1899 participèrent à la ruée vers l’or locale.

Pendant la saison touristique (de juin à mi-septembre), les véhicules privés ne sont pas autorisés à dépasser les 24 premiers kilomètres de l’unique route du parc qui s’étire en réalité sur 140 km de long. Une telle mesure est destinée à préserver l’extraordinaire faune de l’endroit.

Parmi les 37 espèces de mammifères et les 130 sortes d’oiseaux présents dans le parc, on rencontre principalement les caribous qui, délaissant leurs pâturages hivernaux du Nord, traversent la toundra à la recherche de lichens dont ils sont friands.

Avec un peu de chance, on aperçoit parfois des loups rôdant à la lisière du territoire des caribous.

Plus haut, sur les pentes rocheuses qui bordent la route, vivent les moutons de Dall tandis qu’en contrebas les élans broutent dans les buissons touffus à l’orée des forêts.

Les derniers 2000 mètres du mont McKinley sont enveloppés de neiges et de glaces éternelles. L’ascension en est ardue; aussi la grande majorité des touristes se contentent-ils d’admirer de loin ce sommet que l’on peut apercevoir, par matin clair, depuis Anchorage, à 385 km au sud.

A noter que de vastes secteurs du parc sont le domaine du permafrost avec un sol gelé depuis des milliers d’années. Là aussi, le réchauffement climatique pourrait avoir des effets dévastateurs. L’explorateur Nicolas Vannier indiquait récemment avoir vu des forêts sibériennes « s’écrouler » littéralement car les racines des arbres n’étaient plus maintenues par le sol en train de dégeler.  

Quelques photos dans l’album…

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Alaska, the last frontier (5)

5. Les couleurs de l’automne nordique.

Comme je l’écrivais dans l’une de mes notes, la route qui conduit de Valdez à Fairbanks est une symphonie en jaune majeur en cette période de l’année. Les bouleaux et les trembles ont revêtu leurs plus belles parures, vêtements éphémères qui disparaissent beaucoup plus vite que chez nous dès les premières intempéries. Des averses de neige étaient d’ailleurs prévues à Anchorage et surtout à Fairbanks pendant la semaine qui a suivi notre retour en France.

En général, les grands axes routiers qui parcourent l’Alaska sont en très bon état, malgré quelques nids de poules qui requièrent la vigilance du conducteur, en particulier sur la route au nord de Fairbanks, en direction de Prudhoe Bay.

Au fur et à mesure que les kilomètres s’égrènent au nord de Fairbanks, les zones boisées de la taïga font place à la toundra où le rouge devient la couleur dominante.

Quelques images supplémentaires dans l’album…

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