Séisme en Italie

1475806114.45.jpgUn séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter a frappe le centre de l’Italie ce matin à 95 km au nord de Rome. La ville de L’Aquilla dans les Abruzzes a été durement touchée. Des bâtiments se sont effondrés et il y a des victimes (la presse italienne fait état de 16 morts et de nombreux blessés). Les sismographes placés sur les volcans siciliens (comme Stromboli ci-dessous) ont parfaitement enregistré l’événement.

993348610.39.jpgAn earthquake measuring 6.3 on the Richter scale has struck in central Italy this morning, 95km north of Rome. Houses have collapsed and there will probably be many victims 5the Italian press indicates 16 victims and lots of injured).The town of L’Aquila has been badly hit. Seismographs on Sicilian volcanoes (see Stromboli here below) have recorded the event.

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Messine (Sicile / Italie)

Aujourd’hui 28 décembre, la Sicile se souvient…. Le journal La Sicilia titre : « Apocalypse dans le Détroit. Messine pleure ses enfants ». Le 28 décembre 1908 à 5h21 du matin, un terrible séisme secouait la région de Messine et la Calabre, atteignant le niveau maximum sur l’échelle de Mercalli. Un tsunami avec au moins trois grosses vagues de plus de 10 mètres de hauteur ne fit que ravager encore davantage cette partie de l’Italie. La ville de Messine se trouva pratiquement rayée de la carte. Au total, le nombre de morts a été estimé à 80 000 à Messine (dont le population était alors de 140 000 habitants) et 15 000 à Reggio de Calabre qui comptait alors 45 000 habitants. D’autres estimations font état de 120 000 victimes, 80 000 en Sicile et 40 0000 en Calabre. Des répliques du séisme ont été ressenties jusqu’en mars 1099.
Aujourd’hui, des séismes, certes moins violents, affectent encore la Sicile. L’homme a trop tendance à oublier les catastrophes. Je ne suis pas certain que toutes les nouvelles constructions siciliennes répondent aux normes parasismiques. Il est fort à parier que si un séisme de grande magnitude devait se reproduire, la Sicile pleurerait à nouveau ses enfants….

Mesure des gaz volcaniques

Une équipe de géophysiciens de l’université de Sheffield (Angleterre) est en train de mettre au point un mini-hélicoptère télécommandé susceptible de mesurer les gaz émis par un volcan, ce qui pourrait aider à mieux prévoir les éruptions. L’hélicoptère serait équipé de capteurs destinés de mesurer en particulier les quantités de SO2 et de CO2. Ces mesures sont souvent effectuées par des volcanologues qui prennent parfois de gros risques, comme ce fut le cas sur le Galeras en 1993 où six d’entre eux ont été tués par le volcan pendant une campagne de mesures.
L’équipe de chercheurs britanniques a reçu le prix Rolex attribué chaque année par la firme de montres suisses à de telles entreprises.
Il est à noter que ce type d’engin télécommandé n’est pas une nouveauté en volcanologie. Il y a quelques années, les Américains avaient construit un petit robot baptisé Dante, censé explorer les cratères inaccessibles à l’homme. On le voit d’ailleurs à l’œuvre dans le film Le Pic de Dante. H Tazieff m’avait fait part à l’époque – avec sa verve légendaire – de son scepticisme à propos de cet engin.
Les Américains ont également construit de petits hélicoptères à des fins d’espionnage et pour contrôler des environnements hostiles. Toutefois, ces projets se heurtent à l’autonomie des appareils et donc à la faible distance qu’ils peuvent parcourir. Ce dernier point pourrait être un problème en volcanologie. En effet, le mini-hélicoptère britannique ne peut s’éloigner que de 400 mètres de sa base, ce qui est un peu faible au vu de la plupart des cratères. Les chercheurs l’ont testé dans le cratère de la Fossa à Vulcano qui, à l’heure actuelle, n’est pas l’un des lieux les plus éruptifs de la planète…
Je me garderai bien de critiquer un tel projet qui a le mérite d’exister. Nul doute que des solutions seront trouvées pour résoudre les problèmes d’autonomie et que ces petits hélicoptères pourront effectuer des mesures de gaz là où l’homme ne peut pas mettre les pieds.
Source : Presse anglo-saxonne.

Colère de l’INGV

La communauté scientifique italienne n’est pas mieux lotie que son homologue français. Comme chez nous, les effectifs des laboratoires scientifiques et les moyens qui leur sont alloués se réduisent comme peau de chagrin. C’est dans ce contexte que le personnel de l’INGV de Catane vient de décréter « lo stato di agitazione » et la mise en place d’un service minimum contre une proposition qui vient d’être faite par le gouvernement de supprimer des emplois, en particulier des CDD. Ces derniers représentent 40% du personnel et jouent un rôle déterminant dans la recherche et la surveillance des volcans actifs, tout particulièrement l’éruption en cours sur l’Etna. Cette dernière est stable, même si on a pu observer une certaine augmentation du débit de lave émise ces derniers jours.
Plus d’explications sur cette page du site de l’INGV :
http://www.ct.ingv.it/Default.asp?Pagina=Agitazione.htm