La modélisation informatique au secours de la surveillance volcanique // Computer models help with volcano monitoring

drapeau francais   Les scientifiques utilisent plusieurs techniques pour étudier les processus qui se déroulent sous les volcans actifs, là où l’on ne peut pas voir directement ce qui se passe. Au HVO, ils utilisent les séismes, les déformations de terrain, les émissions de gaz, et les observations géologiques afin de comprendre ce qui se passe sous le Kilauea.

Grâce à ces informations, les scientifiques élaborent des «modèles» informatiques pour expliquer ce qui se passe à l’intérieur du volcan. Ils commencent aujourd’hui à utiliser des super ordinateurs pour modéliser les interactions entre les différentes parties d’un volcan. Ces nouveaux modèles divisent un volcan schématique en milliers de petits morceaux, ou «éléments». Il est possible de demander à chacun de ces éléments d’agir dans certaines conditions. Par exemple, s’il est chauffé, l’élément sait à quelle température il va fondre. Chaque élément interagit également avec ses voisins. De cette façon, les scientifiques peuvent simuler un événement tel que la déflation et l’inflation au sommet du Kilauea.
Les modèles informatiques sont élaborés en utilisant des informations fournies par les appareils de surveillance du HVO, tels que les volumes de lave émis, les lieux des séismes et les déformations de surface, afin de donner une représentation des événements aussi précise que possible. Les scientifiques peuvent ensuite utiliser ces modèles pour étudier les facteurs que nous ne connaissons pas, comme le volume et la pression du magma dans le réservoir magmatique sommital ou la vitesse d’alimentation en magma. L’objectif est de trouver des combinaisons de paramètres «inconnus» qui permettent de les faire correspondre à des paramètres « connus ».

Les modèles informatiques du Kilauea sont utilisés de deux manières au HVO. La première consiste à évaluer ce qui est susceptible de se produire dans des endroits que nous ne pouvons directement observer. Par exemple, la déformation du sol au sommet du Kilauea suggère qu’il y a une chambre magmatique qui se gonfle et se dégonfle sous la lèvre E du Cratère de l’ Halema’uma’u. Le modèle informatique peut être utilisé pour évaluer la profondeur de cette chambre magmatique ; elle a été estimée à environ 1,5 km.
La deuxième utilisation est de prévoir ce qui pourrait arriver à plus ou moins long terme. Par exemple, si plus de magma est injecté dans la chambre magmatique, quel type d’activité volcanique pourrait se produire? Y aurait-il une éruption au sommet? Y aurait-il une modification de l’éruption sur l’East Rift Zone ?
Force est de constater que la plupart des modèles informatiques sont faux parce qu’ils sont fondés sur des hypothèses et des simplifications. Aucun modèle ne sera jamais juste, mais les scientifiques peuvent apprendre des choses à partir de ces modèles.
Les modèles informatiques ne sauront jamais reproduire les systèmes naturels parfaitement ou complètement, mais ils fournissent un moyen d’enquêter sur ces systèmes afin que les scientifiques puissent comprendre leur fonctionnement.
Bien que les modèles scientifiques existent depuis le début des observations, les nouveaux «super modèles » informatiques représentent une avancée significative dans la façon de comprendre et interpréter les données.

Source : HVO.

drapeau anglais   Scientists use many techniques to infer the processes occurring beneath active volcanoes, where we can’t directly see what is happening. At HVO, they use earthquakes, ground deformation, gas emissions, and geologic observations to understand what’s going on beneath Kilauea.

Using this monitoring information, scientists develop « models » to explain what is happening within the volcano. They are starting to use super computers to model interactions between different parts of a volcano. These new models split a schematic volcano into thousands of small pieces, or « elements. » Each of these elements can be told how to act under certain conditions. For example, if it is heated, the element knows what temperature to melt at. Each element also interacts with its neighbours. In this way, scientists can simulate an event—like the deflation and inflation at Kīlauea’s summit.
The models are built using information from HVO’s monitoring efforts, such as erupted volumes, earthquake locations, and surface deformation, so that they are as accurate a depiction of real events as possible. Scientists can then use these models to investigate factors that we don’t know, like the volume and pressure of magma within the summit magma reservoir or the rate of magma supply. The goal is to find combinations of « unknown » parameters that allow to match those parameters that are known.

Computer models of Kīlauea are being used in two ways at HVO. The first is to assess what might be happening in places that we can’t directly observe. For example, the ground deformation at Kīlauea’s summit suggests that there is a magma chamber that is inflating and deflating beneath the east margin of Halema’uma’u Crater. The computer model can be used to assess the depth of that magma chamber, which has been estimated at about 1.5 km.
The second use is to forecast what might happen in the future. For example, if more magma was pushed into the magma chamber, what volcanic activity might result? Would there be an eruption at the summit? Would there be a change in the eruption on the East Rift Zone?

One has to admit that most models are wrong because they are based on assumptions and simplifications. No model will ever be right, but scientists can learn things from these models.
Computer models will never reproduce the natural systems perfectly or completely, but they provide a means of investigating these systems so scientists can learn more about how they work.

 

Although scientific models have been in use for as long as there have been scientific observations, the new « supermodels » represent a significant advance in the way scientists understand and interpret the data.

Source: HVO.

Computer-model

Avec l’aimable autorisation du HVO.

Voyage au centre de la Terre // Journey to the centre of the Earth

drapeau francais   Depuis des siècles, l’Homme essaye de comprendre l’intérieur de la Terre. Les géologues tentent de donner des explications scientifiques tandis que les écrivains utilisent leur imagination pour décrire les profondeurs de notre planète. Dante imaginait le centre de la Terre comme un désert de glace où la lumière divine n’avait pas accès. De son côté, Jules Verne espérait l’atteindre en faisant pénétrer ses héros par le cratère du Snaefells islandais.

Cette volonté de fouiller les entrailles de la Terre a persisté au 20ème siècle, en particulier avec l’exploration de grottes comme le gouffre de Krubera-Voronja, dans la partie occidentale du Caucase, qui a été visitée jusqu’à une profondeur de 2191 mètres.

Les mines d’or les plus profondes du monde – TauTona et Savuka – en Afrique du Sud sont exploitées jusqu’à plus de 3900 mètres.

En mai 1970, pour célébrer l’anniversaire de Lénine, l’Union soviétique avait initié en secret le projet « SG-3 » sur la Péninsule de Kola, au nord du pays. Il s’agissait d’un forage destiné à étudier la discontinuité de Mohorovicic (souvent raccourcie à Moho) qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de profondeur dans cette région du globe. Le projet s’est poursuivi jusqu’en 1989, année où des problèmes techniques et financiers ont conduit à son abandon à 12 261 mètres de profondeur.

Les Etats-Unis ont eu la même idée, mais dans un secteur où la croûte océanique est moins épaisse (5 – 10 km). Le projet Mohole a débuté en 1961 pour prendre fin en 1966. Des échantillons de plancher océanique de 170 mètres de longueur ont été récoltés et le forage a atteint 3500 mètres.

De nos jours, certains rêvent de disposer d’une foreuse qui permettrait d’atteindre le manteau terrestre, mais les mécènes ne se bousculent pas au portillon et il y a des chances pour que le coeur de notre planète garde ses secrets pendant encore de très nombreuses années !

Source : Scientific American.

 

drapeau anglais   For centuries, Man has tried to understand the Earth’s interior. Geologists attempt to give scientific explanations while writers use their imagination to describe the depths of our planet. Dante imagined the centre of the Earth as a desert of ice where the divine light had no access. For its part, Jules Verne hoped to reach it with its heroes entering the crater of Icelandic Snaefells.
This desire to search the bowels of the Earth has persisted in the 20th century, especially with the exploration of caves like Krubera-Voronja in the western part of Caucasus, which was visited to a depth of 2,191 metres .
The deepest gold mines of the world – TauTona and Savuka –  in South Africa are exploited to more than 3,900 metres.

In May 1970, to celebrate the birthday of Lenin, the former Soviet Union initiated the secret project “SG-3” on the Kola-Peninsula. The drilling project planned to study the Mohorovicic discontinuity, situated at a depth of 15 kilometres. The project continued until 1989, when technical and financial problems stopped the drill at 12,261 metres.
The United States initiated a similar ambitious project, but decided to drill the thinner oceanic crust (5-10 kilometres thick). Project Mohole started in 1961 and was abandoned in 1966, after recovering 170 meters long cores from the ocean floor in a depth of 3.500 meters.

Nowadays, some people dream of having a drill that would get to the mantle, but the sponsors are not lining up at the gate and there is a chance that the heart of our planet will still keep its secrets for numerous years!
Source: Scientific American.

Snaefells-blog

Les Snaefells (Islande) cher à Jules Verne

Nouvelle approche des dorsales médio-océaniques // A new approach of mid-ocean ridges

drapeau francais   Des chercheurs de l’Institut Océanographique Scripps de San Diego ont publié une nouvelle étude sur la naissance du plancher le long des dorsales médio-océaniques. En utilisant une technologie électromagnétique mise au point à Scripps, ils ont cartographié une vaste zone située sous le plancher océanique dans la partie septentrionale de la dorsale Est-Pacifique, au large de l’Amérique Centrale. Il s’agit d’une zone où deux plaques tectoniques s’écartent et où le magma en provenance du manteau forme un nouveau plancher océanique.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Nature du 28 mars. La technologie électromagnétique a démontré que le soulèvement du manteau sous cette dorsale crée une zone de fusion beaucoup plus vaste et plus profonde qu’on le pensait jusqu’à présent (voir l’image ci-dessous).

Ces résultats ont été obtenus grâce à un travail sur le terrain effectué en 2004 à bord du navire scientifique Roger Revelle, propriété de l’US Navy et géré par l’Institut Océanographique Scripps.

La technologie électromagnétique à des fins maritimes a été mise au point dans les années 1960 et a été améliorée par la suite. Depuis 1995, les chercheurs de Scripps collaborent avec le monde de l’industrie énergétique pour appliquer cette technologie à la géologie marine, en particulier dans la détection des gisements de pétrole et de gaz.

Les chercheurs sont persuadés que la science électromagnétique va continuer à progresser, en particulier avec l’amélioration des analyses de données. Jusqu’à aujourd’hui, on s’appuyait essentiellement sur les techniques sismiques pour étudier la croûte et le manteau terrestres. Désormais, la technologie électromagnétique va ouvrir de nouvelles perspectives. Par exemple, il est prévu de l’utiliser pour cartographier les lacs sous-glaciaires dans les régions polaires.

 

drapeau anglais   Researchers at the Scripps Institution of Oceanography of San Diego have studied how new seafloor is created along mid-ocean ridges. Using electromagnetic technology developed and advanced at Scripps, they mapped a large area beneath the seafloor off Central America at the northern East Pacific Rise, an area where two of the planet’s tectonic plates are spreading apart from each another. Mantle rising between the plates melts to generate the magma that forms fresh seafloor.

The results of the study were published in the March 28th issue of the journal Nature. They revealed that electromagnetic technology helped to show that mantle upwelling beneath the mid-ocean ridge creates a deeper and broader melting region than previously thought. (see image below).

Data for the study was obtained during a 2004 field study conducted aboard the research vessel Roger Revelle, a ship operated by Scripps and owned by the U.S. Navy.

The marine electromagnetic technology behind the study was originally developed in the 1960s and was improved in the following years. Since 1995 Scripps researchers have been working with the energy industry to apply this technology to map offshore geology as an aid to exploring for oil and gas reservoirs.

The researchers are convinced that electromagnetics will continue to grow as the technology matures and data analysis techniques improve. Much of what is known about the crust and mantle is a result of using seismic techniques. Now electromagnetic technology is offering promise for further discoveries. For instance, it could be used to map subglacial lakes in the polar regions.

Dorsale-blog

Credit: University of California – San Diego

 

L’éruption de l’Eyjafjallajökull a fertilisé l’océan! // The eruption of Eyjafjallajökull fertilised the ocean !

drapeau francais   Au printemps 2010, l’éruption de l’Eyjafjallajokull (Islande) semait la panique dans le trafic aérien en Europe, mais on s’aperçoit aujourd’hui qu’elle a aussi été bénéfique pour la vie dans l’Océan Atlantique

C’est ce qu’ont découvert des scientifiques de l’Université de Southampton (Angleterre) en étudiant les eaux de l’Atlantique Nord pendant et après l’éruption. Au cours de plusieurs campagnes, ils ont mesuré les concentrations en fer à la surface de l’océan dans des zones affectées par le nuage de cendre et ses retombées. En effet, le fer est un élément essentiel au développement du phytoplancton. Comme les plantes, ces organismes convertissent la lumière du soleil en énergie chimique par le biais de la photosynthèse et ils servent de base à la chaîne alimentaire.

Les analyses ont révélé que les zones de l’océan soumises aux retombées de cendre contenaient des teneurs en fer 20 à 45 fois supérieures à leur situation avant l’éruption. Le spectre de dispersion de la cendre montre qu’une zone de 570 000 kilomètres carrés a pu recevoir jusqu’à 100 tonnes de fer grâce au nuage.

Les chercheurs ont également remarqué que, dans le même temps, les teneurs en nitrates avaient diminué de manière spectaculaire dans le Bassin Islandais de l’Atlantique Nord, ce qui tend à montrer que pendant que le fer fertilise l’eau de mer, le développement du phytoplancton absorbe les autres nutriments.

Dans la mesure où le phytoplancton utilise le CO2 comme les autres plantes, on pourrait conclure de cette étude que la cendre volcanique riche en fer à la surface de l’océan pourrait contribuer à réduire la quantité de gaz qui produit l’effet de serre dans l’atmosphère. Toutefois, les scientifiques font remarquer que, dans le cas du nuage de l’Eyjafjallajökull ; la surface océanique affectée par la cendre est beaucoup trop limitée pour avoir un impact significatif.  En extrapolant, les résultats de l’étude conduite pas les universitaires anglais prouvent qu’il serait vain de déverser d’énormes quantités de fer dans la mer dans le but de réduire l’impact des gaz à effet de serre.

Cette étude est censée être la première du genre à aboutir à de telles conclusions à propos de la cendre volcanique et la prolifération du phytoplancton. Il faut toutefois remarquer que les Alaskiens étaient arrivés à des conclusions identiques en observant l’abondance de saumons après l’éruption du Mont Redoubt en 2009. Le volcan avait alors émis d’importantes quantités de cendre et les scientifiques américains pensaient que cette cendre chargée en fer était susceptible de favoriser le développement du plancton et donc le développement de la vie dans l’océan.

Source : Live Science.

 

drapeau anglais   In spring 2010, the eruption of Eyjafjallajokull (Iceland) triggered panic in the air traffic of Europe, but we now realize it was also beneficial for life in the Atlantic Ocean.

This was discovered by scientists of the University of Southampton (England) who studied the waters of the North Atlantic during and after the eruption. During several campaigns, they measured iron concentrations at the ocean surface in areas affected by the ash cloud and its fallout. In fact, iron is an essential element to the development of phytoplankton. Like plants, these organisms convert sunlight into chemical energy through photosynthesis and they represent the basis of the food chain.

Analyses revealed that areas subject to ashfall contained dissolved iron levels 20 to 45 times higher than their situation before the eruption. The dispersion spectrum of the ash shows that an area of ​​570,000 square kilometres could receive up to 100 tons of iron through the cloud.
The researchers also noted that, at the same time, nitrate levels had dramatically decreased in the Icelandic Basin of the North Atlantic, which suggests that while the iron fertilizes seawater, the development of phytoplankton absorbs other nutrients.

Insofar as phytoplankton uses CO2 like other plants, one might conclude from this study that the iron-rich volcanic ash on the surface of the ocean could reduce the amount of gas that produces the greenhouse effect in the atmosphere. However, scientists note that, in the case of the cloud of Eyjafjallajökull, the ocean surface affected by the ash was too limited to have a significant impact. By extrapolating, the results of the study conducted by the English researchers prove it would be useless to pour huge amounts of iron into the sea in order to reduce the impact of greenhouse gas emissions.

This study is supposed to be the first of its kind to reach such conclusions about volcanic ash and phytoplankton. It should be noted that Alaskans had arrived at similar conclusions by observing the abundance of salmon after the eruption of Mount Redoubt in 2009. The volcano had then feleased large amounts of ash and American scientists believed that this iron-laden ash might have triggered the development of plankton and thus the development of life in the ocean.

Source: Live Science.

Eyjafjallajokull-blog

Crédit photo:  Wikipedia.