Le volcan mystère…

drapeau francais.jpgL’un des plus grands mystères de la volcanologie est peut-être en passe de trouver une solution. On sait qu’une très violente éruption a eu lieu en 1258. On estime qu’elle a été de niveau 7 sur l’échelle d’explosivité (VEI) qui en compte 8. Elle a probablement propulsé des nuages de ponce à plus de 40 km de hauteur. Les carottages effectués en Antarctique et au Groenland montrent clairement qu’un événement éruptif a eu lieu au milieu du 13ème siècle en laissant derrière lui d’importants dépôts de soufre. D’autres indices montrent également que l’éruption a entraîné un refroidissement de la température de notre planète.

Jusqu’à maintenant, les scientifiques se demandaient dans quelle partie du monde une telle éruption cataclysmale avait pu se produire. Les volcans El Chichon au Mexique et Quilotoa en Equateur faisaient partie des coupables possibles mais les matériaux émis ne correspondaient pas aux carottages polaires.

Le 14 juin dernier, au cours d’une conférence à l’American Geophysical Union, un chercheur français du Laboratoire de Géographie Physique de Meudon, Franck Lavigne – que je salue en passant – a montré des photos et surtout des analyses géochimiques de roches correspondant parfaitement aux traces de soufre détectées aux pôles. Ces roches proviennent d’une caldeira laissée par une éruption après vidange de la chambre magmatique.

Tout le monde s’attendait à ce que Franck Lavigne révèle enfin le nom du volcan qui a piqué sa crise en 1258. Il faudra toutefois pourtant preuve d’un peu de patience car Franck et ses collègues attendent que soit publié l’article rédigé suite à leurs recherches. 

Les pronostics vont bon train depuis la conférence du 14 juin. Un consensus se dessine en faveur d’un volcan indonésien, région du monde dont Franck Lavigne est un des spécialistes. Je me souviens d’une conférence très intéressante pendant laquelle Franck avait présenté le résultat de ses recherches sur les lahars. Le problème, c’est que l’Indonésie recèle quelque 130 volcans actifs ! Toutefois, le coupable le plus probable semble être le Rinjani dont la caldeira de 8,5 X 6 km s’est formée au milieu du 13ème siècle mais a été fort peu étudiée.

Il faudra donc attendre quelques semaines pour avoir une réponse définitive.

Source: Science News.

 

drapeau anglais.jpgOne of the greatest mysteries in volcanology may be about to fond a solution. We  know that a violent eruption occurred in 1258. It is thought to have ranked at 7 on the volcanic explosivity index (VEI) that tops out at 8. It probably sent plumes of pumice up to 40 km high. Ice cores from Greenland and Antarctica clearly show that an eruptive event took place at the middle of the 13th century, leaving behind huge amounts of sulphur. More date also show that the eruption caused a cooling of temperature around the world.

Up to now, scientists wondered in what part of the world such a terrible eruption might have occurred. Along the potential culprits were El Chichon in Mexico and Quilotoa in Ecuador. However, the materials they emitted did not correspond with the polar ice cores.

On June 14th, during an American Geophysical Union conference, a French researcher from the  Laboratory of Physical Geography in Meudon showed photos and, above all, geochemical analyses of rocks that perfectly matched the sulphur deposits in the ice cores. The rocks come from a caldeira left by an eruption after the drainage of the magma chamber.

Everybody expected Franck Lavigne to reveal at last the name of the volcano that erupted in 1258. However, one will need to be patient as Franck and his colleagues are waiting until their article is released in a scientific review.

The odds are that the culprit is an Indonesian volcano, a region Franck Lavigne has studied for a long time. I can remember an interesting conference during which he presented the results of fieldwork about lahars. The problem is that Indonesia harbours about 130 active volcanoes! However, the most likely culprit is Mount Rinjani whose caldeira (8.5 X 6 km) appeared by the middle of the 13th century and has been little studied.

So, let(s wait a few weeks to get a definitive answer to the question!

Source: Science News.

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La caldeira du Rinjani (Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

Etna (Sicile / Italie)

J’en connais qui s’impatientent : l’Etna se fait attendre ! Depuis le 25ème paroxysme du 24 avril, le volcan sicilien a décidé de se reposer et aucune manifestation éruptive n’a été décelée depuis cette date. Certes, il y a eu trois fausses alertes entre le 8 et le 10 juin. Le tremor et la sismicité ont donné l’impression de s’élever, mais sans suite !

A l’approche de la pleine saison touristique, on peut se demander comment vont réagir les autorités. Au vu de l’absence d’activité au cours des dernières semaines, faudra-t-il ouvrir à nouveau la zone sommitale aux randonneurs ? Aux dernières nouvelles, le dernier arrêté d’interdiction diffusé par la Préfecture de Catane prend fin le 20 juin.

A titre tout à fait personnel, je pense qu’il ne faut pas laisser les touristes fréquenter les cratères sommitaux dans les prochaines semaines. Les trois fausses alertes de ces derniers jours montrent que du magma est stocké sous le volcan et personne ne sait comment la situation va évoluer. Nouvelle série de paroxysmes ? Eruption à plus grande échelle ? Jean-Claude Tanguy, spécialiste de l’Etna, penche pour une éruption fissurale.

Par ailleurs, on sait que l’Etna peut réagir très brusquement. Un jour où la situation semblait parfaitement calme au sommet, j’ai vu la Voragine se soulever sur une surface équivalente à celle d’un terrain de football et produire deux très fortes explosions, avec des retombées de bombes bien au-delà de la lèvre du cratère !

N’oublions pas non plus les événements du 12 septembre 1979 et du 17 avril 1987 avec des explosions soudaines de la Bocca Nuova et du Cratère Sud-Est qui ont tué respectivement 9 et 2 touristes.

Même si des intérêts économiques sont en jeu, la sécurité des gens doit passer avant tout !

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Explosion dans le Cratère Central de l’Etna (Photo: C. Grandpey)

 

Il existe vraiment des pauvres mecs!

J’interviens ici pour clarifier les choses par rapport au dernier commentaire de ce blog. Il fait suite à un autre commentaire apparu ce matin et que j’ai éliminé rapidement. En effet, il manquait de respect à la mémoire du volcanologue Jacques Durieux, décédé il y a quelques mois.

Je ne peux accepter que l’on s’en prenne à une personne disparue et qu’on l’insulte, même si on n’a pas été d’accord avec elle de son vivant.  

Il m’est déjà arrivé de faire disparaître des commentaires discourtois qui ne sont pas dans l’esprit de ce blog et je continuerai à le faire si nécessaire.

 

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

kilauea,volcans,volcanoes,lave,lavaLe HVO vient de mette en ligne sur son site une image satellite du Kilauea fournie par la NASA. Les couleurs ne sont pas naturelles, mais elles permettent à l’œil humain de bien détecter les coulées de lave. On voit parfaitement le champ de lave du Mauna Ulu qui était actif rntre 1969 et 1974 et, bien sûr, les coulées actuelles en provenance du secteur du Pu’uO’o.  

La photo a été prise le 12 juin 2012. Ce jour-là, le front des coulées se trouvait encore à 1,3 km de l’océan, distance qui n’a guère évolué au cours des dernières heures.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-383.jpg

A noter que le Parc des Volcans a décidé de réouvrir une portion de la Crater Rim Drive et du sentier en parallèle au sud-est de la caldeira du Kilauea. Cela permettra aux randonneurs d’accéder au Keanakāko‘i Crater et à son belvédère qui étaient fermés jusqu’à présent à cause des gaz de l’Halema’uma’u qui peuvent venir dans cette direction quand les alizés ne soufflent pas. Le HVO a installé des capteurs de SO2, de sorte que le site pourra être fermé en cas de danger. L’accès à l’Halema’uma’u reste quant à lui interdit pour des raisons évidentes de sécurité.

 

kilauea,volcans,volcanoes,lave,lavaHVO has just released on its website a satellite image of Kilauea provided by NASA. The colours are false but they help the human eye to detect the lava flows. One can perfectly seen the Mauna Ulu lava field that was active between 1969 and 1974 and, of course, the current flows that are coming from the Pu’uO’o area.

The photo was taken on June 12th 2012. On that day, the lava front was still 1.3 miles from the ocean and the distance has not much changed during the past hours.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-383.jpg

The Volcanoes National Park has decided to reopen a portion of the Crater Rim Drive and of the Crater Rim Trail to the SE of the Kilauea caldeira. This will allow hikers to reach the Keanakāko‘i Crater and its belvedere which had been closed up to now because of the gases from Halema’uma’u that can blow towards this place when the trade winds have stopped. HVO is monitoring SO2 levels and the area will be closed in case of danger. Access to Halema’uma’u is still strictly forbidden for obvious safety reasons.