En évoquant les humeurs du Katla le 19 juillet, je me demandais comment réagiraient les autorités et les compagnies aériennes si le volcan islandais piquait une crise au moment des Jeux Olympiques de Londres et envoyait dans le ciel de beaux panaches de cendre pour imiter son voisin Eyjafjallajökull en 2010.
La compagnie EasyJet (qui a perdu 50 millions de livres sterling en 2010) a déjà envisagé la situation et a mis au point un appareil facilement adaptable sur les avions pour détecter à distance les nuages de cendre. Son directeur s’est d’ailleurs vu décerné l’Aviator of the Year Award pour cette invention. Plusieurs articles de presse s’efforcent actuellement de rassurer les foules en vantant l’efficacité du système infrarouge AVOID auquel j’avais consacré une note il y a quelques mois.
En théorie, le système est censé être efficace face aux nuages éruptifs. Reste à savoir comment il se comportera dans la réalité. De manière assez surprenante, il a été testé autour de l’Etna à l’époque où des paroxysmes se produisaient au Cratère SE…mais pas au moment de ces paroxysmes ! Les aéronefs ont également volé autour du Stromboli qui n’est pas spécialement réputé pour ses volumineux panaches de cendre. Plus récemment, les avions ont survolé la côte marocaine pour voir comment l’appareil réagit au contact du sable du Sahara. Le problème, c’est que les grains de sable sont bien différents des particules volcaniques dont l’abrasivité n’est plus à démontrer !
Les Jeux Olympiques représentent un enjeu économique et financier très important. Ce ne sont plus, comme en 2010, quelques milliers de passagers qui sont concernés. Toute une infrastructure risque de s’écrouler si une situation de cendre atmosphérique analogue – ou plus grave dans le cas du Katla – devait se produire à la fin du mois de juillet. Il est fort à parier que, devant de tels enjeux, les autorités réagiront différemment et autoriseront des vols là où ils ont été annulés en 2010… en priant qu’aucune catastrophe ne se produise !

Le Katla vu par la webcam.
Au vu de la sismicité et du tremor éruptif, l’activité semble moins intense mais encore soutenue dans la Bocca Nuova, comme le confirme l’incandescence encore visible sur les webcams. Comme je l’indiquais précédemment, un tel épisode strombolien dans ce cratère n’a rien d’exceptionnel et peut se prolonger pendant plusieurs semaines. Ce fut la cas en 1998, année où la Bocca Nuova offrait un beau spectacle photographié ci-dessous depuis le cratère NE, avec les lumières de Catane en toile de fond.
Judging from seismicity and the eruptive tremor, activity seems to be less intense but still vigorous inside Bocca Nuova. This is confirmed by the incandescence that can still be seen on the webcams. As I put it previously, such an episode of strombolian activity is by no means exceptional in this crater and can last several weeks. This is what happened in 1998 when Bocca Nuova offered a nice show that I photographed from the NE Crater, with the lights of Catania in the background.
Un nouvel épisode éruptif semblait avoir débuté le 17 juillet sur le Fuego avec une coulée de lave de 150 mètres de long dans la ravine Taniluyá ainsi que des avalanches incandescentes. Des explosions de faible intensité généraient des panaches de cendre de 600 mètres de hauteur.
A new period of activity seemed to have begun at Fuego volcano on July 17th with a 150-metre-long lava flow in the direction of Taniluyá ravine accompanied by incandescent avalanches. Weak explosions in the crater sent ash emissions 600 metres high.
On peut lire sur le site Iceland Review que le volcanologue islandais Haraldur Sigurdsson se demande si la sismicité enregistrée en ce moment sur le glacier Myrdalsjökull est provoquée par des mouvements de ce dernier et la fonte de la glace ou par des secousses dans la croûte terrestre, en relation avec le volcan Katla. En observant la sismicité à Godabunga, à l’ouest du Katla, il pense que les séismes ne sont probablement pas provoqués par la fonte du glacier. Selon lui, ils sont liés à « la chaleur géothermale sous la glace ».
One can read in Iceland Review that local volcanologist Haraldur Sigurdsson wonders whether the current seismicity at Myrdalsjökull is caused by movement and melting of the glacier or quakes in the crust of the earth, connected to the Katla volcano itself. He draws the conclusion from observing quakes in Godabunga, west of Katla, that it is unlikely that the quakes are related to melting of ice due to the glacier. Hence, he says that possibly the quakes are related to geothermal heat under the ice.