Une « super éruption » peut-elle provoquer une ère glaciaire ?

Dans un article publié en mai 2009 dans le Journal of Geophysical Research, des scientifiques américains se demandent si une éruption volcanique majeure, semblable à celle du volcan Toba 72 000 ans avant notre ère, est susceptible de donner naissance à une ère glaciaire, comme le prétendent certains. On sait que de grosses éruptions se sont produites dans les temps historiques, comme celles du Tambora en 1815, du Krakatau en 1883 ou encore du Pinatubo en 1991. Toutefois, aucune d’entre elles n’a modifié le climat de la Terre sur une  période méritant l’appellation d’« ère glaciaire ».

Le gaz le plus redouté lorsqu’une éruption se produit est le dioxyde de soufre qui, une fois dans la stratosphère, réagit avec la vapeur d’eau pour former des gouttelettes d’acide sulfurique. C’est ce SO2 qui, rendant l’atmosphère plus réfléchissante, entraîne la baisse des températures sur terre. Toutefois, cette brume volcanique provoquée par le SO2 n’est pas éternelle, comme on a pu s’en rendre compte lors de l’éruption du Pinatubo en 1991 dont les effets sur l’atmosphère n’ont été détectés que pendant quelques années au plus.

Pour apprécier les effets du SO2 lors d’une « super éruption », les scientifiques américains ont effectué une simulation et introduit 300 fois, puis 900 fois la quantité de SO2 émise par le Pinatubo dans leurs modélisations. Grâce à un module montrant le comportement dynamique de la végétation, ils ont observé les effets de la disparition de la végétation sur les températures globales, suite au refroidissement volcanique. Les conséquences ne furent pas aussi impressionnantes qu’on pourrait le penser. Certes, les précipitations étaient en baisse, mais la chute des températures n’excédait pas 10 degrés, avec un retour à la normale au bout d’une décennie. En couplant leur modélisation climatique à une modélisation interactive de la chimie atmosphérique, ils ont toutefois découvert que les produits associés aux réactions du SO2 dans l’atmosphère ont une plus longue durée de vie et peuvent entraîner un refroidissement allant jusqu’à 18 degrés ; malgré tout, ils ne sont pas susceptibles de produire un changement climatique aussi important qu’une ère glaciaire. Ce refroidissement se trouverait compensé par la présence de vapeur d’eau et d’ozone dans la stratosphère et de méthane dans la troposphère, des éléments qui contribuent à l’effet de serre.

Il a été reproché à ces chercheurs de ne pas prendre en compte des facteurs tels que la réaction des océans devant la réduction des températures ou encore celle des glaciers.

La conclusion du document est que, même si une « super éruption » ne provoque pas une nouvelle ère glaciaire, son impact sera dévastateur pour l’homme et les écosystèmes de la planète. Ces simulations rejoignent la théorie selon laquelle l’éruption du Toba a probablement réduit momentanément la population sur Terre.   

Poas (Costa Rica)

drapeaufrancais.jpgL’Observatoire volcanologique du Costa Rica indique qu’une éruption phréatique s’est produite le 23 février  à 11h33 (heure locale). De légères chutes de cendres s’en sont suivies sur un angle de 90° entre les flancs sud-ouest et sud-est du volcan. Aucune évacuation de touristes n’a été décrétée. Aucune sismicité préalable n’a été détectée par les instruments qui n’ont révélé que l’événement proprement dit. Une dizaine d’éruptions similaires se sont produites au cours des deux derniers mois.

Les photos prises au cours d’un survol le 24 février montrent un panache de vapeur en train de s’échapper d’un seul  point sur le bord du lac. Au cours du même survol, les scientifiques ont réalisé des clichés de l’Arenal. On peut voir une coulée s’échapper du bord de la zone sommitale où s’effectue le dégazage de la lave.  

 

drapeau anglais.jpgThe Volcanological Observatory of Costa Rica indicates that a phreatic eruption occurred on February 23rd at 11:33 (local time). Light ashfall was observed between the SE and SW flanks of the volcano within a 90° angle. No evacuation of tourists was decided. No seismicity was detected before the eruption by the instruments that only showed the event itself. Ten similar eruptions or so took place in the last two months.

Photos taken during an overflight on February 24th revealed a steam plume coming from a single place on the lakeshore. Scientists also took pictures of Arenal. One can see a lava flow coming from a side of the summit where degassing is taking place.

Sismicité en Islande (suite)

drapeaufrancais.jpgLes essaims sismiques mentionnés dans ma dernière note islandaise ont maintenant disparu, que ce soit sur la dorsale de Reykjanes ou sur le Vatanajökull. Le seul point relativement actif se situe actuellement au niveau de l’Eyjafjallajökull, calotte glaciaire qui recouvre le volcan Eyjafjöll dont la dernière éruption a eu lieu en 1823. Il se situe à proximité du Myrdalsjökull, autre glacier qui dissimule le volcan Katla dont la dernière activité remonte à 1918.

drapeau anglais.jpgThe seismic swarms mentioned in my last note about Iceland have now vanished, whether on the Reykjanes Ridge or on Vatnajökull. The only active point is currently located on Eyjafjalljökull whose icecap covers Eyjafjöll, a volcano that last erupted in 1823. It lies near Myrdalsjökull, another glacier that conceals Katla whose last eruption was in 1918.

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