Etna (Sicile / Italie)

Pour faire écho au dernier commentaire relatif au 16ème paroxysme « vécu en direct sur place », il est vrai que l’on ressent une certaine frustration quand on a fait le voyage depuis la France et que l’on ne peut pas apprécier « le plat de résistance » à cause des mauvaises conditions météo. C’est d’autant plus rageant que, comme je l’ai fait remarquer, les nuages sont partis alors que l’événement touchait à sa fin !

A mon avis, il y aura d’autres déceptions et frustrations dans les semaines à venir. Avec 16 paroxysmes successifs, l’Etna ne va pas tarder à entrer dans le Livre des Records. En me fiant à ma mémoire, je ne me souviens pas d’une telle répétition au cours des dernières décennies. Mis à part le laps de temps entre les paroxysmes, le volcan se comporte comme le Vieux Fidèle à Yellowstone, avec une masse de lave propulsée périodiquement par les gaz comme l’eau de l’Old Faithful jaillit sous la poussée de la vapeur.

Il ne faut pourtant pas se faire d’illusions. Cette série de paroxysmes prendra fin un jour ou l’autre et des personnes seront frustrées et déçues car elles se seront déplacées pour rien. Comme le faisait remarquer l’ami Boris Behncke (INGV Catane) il y a quelque temps, ces paroxysmes peuvent déboucher sur une éruption de plus grande ampleur. Il se peut aussi que la poche magmatique superficielle qui s’est formée sous l’Etna se tarisse et que rien d’autre ne se passe. Personne n’est capable aujourd’hui de prévoir la suite des événements et c’est très bien !

El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

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9 heures: La sismicité est visiblement en hausse ce matin à El Hierro. Au vu du tracé sismique actuel, on peut se demander si une éruption n’est pas sur le point de commencer.

 

13 heures: Selon le journal espagnol El Mundo – information qui demande confirmation – une éruption sous-marine aurait débuté à 7 km au large de la côte d’El Hierro, à une profondeur de 500 – 2000 mètres sous la surface de l’océan.

L’intensification de la sismicité commencée il y a quelques heures se poursuit au moment où j’écris ces lignes. Les sismos montrent clairement que de la lave est en train de sortir quelque part dans le secteur.

 

18 heures : Selon le site web Canaries News, une éruption sous-marine a été confirmée par le Président du Conseil d’El Hierro. Elle se situe à environ 8 km au large de la côte de La Restinga, dans une zone connue sous le nom de « La Punta de La Restinga », à une profondeur d’environ 1000 mètres.

 

 

drapeau anglais.jpg9:00: Seismicity is clearly increasing at El Hierro. Judging from the seismographs, one may wonder if an eruption is not about to start.

 

13:00:  There is unconfirmed news from El Mundo in Spain that there might be a submarine eruption going on 7 km off the coast of El Hierro, 500-2000 metres (reports are unclear) beneath the ocean surface.

Seismicity that began a few hours ago is going on at the moment I’m writing these lines. The signals definitely show that lava is coming out somewhere in the area.

 

18 :00 : According to the Canaries News website, a submarine eruption has been confirmed by the president of the Council of El Hierro. It is located 8 km off the coast of La Restinga, in an area known as ‘La Punta de La Restinga’, at a depth of about 1,000 metres.

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Sismicité ce matin à El Hierro

Parc de Yellowstone (Etats Unis)

Deux randonneurs ont trouvé la mort cet été dans le Parc de Yellowstone, non pas à cause des sources chaudes, mais à cause des ours. Le premier randonneur a été tué le 6 juillet sur le sentier de Wapiti Lake par une ourse qui se trouvait environ à 80 mètres de lui et de son épouse. Les rangers pensent que la victime se trouvait entre la mère et ses oursons, situation à éviter à tout prix. C’est la première chose que m’avaient indiquée, il y a deux ans, les rangers du Parc National de Katmai en Alaska.

Le deuxième accident s’est produit fin août sur le sentier de Mary Mountain, à une dizaine de kilomètres du site mentionné précédemment. Même si ce n’est pas certain, il y a de fortes chances pour que le deuxième randonneur ait été victime de la même ourse. Il se peut aussi que cette personne ait dérangé des ours qui étaient occupés à faire un festin sur deux carcasses de jeunes bisons.

Les autorités du parc ont décidé d’exterminer l’ourse en question et de confier les oursons au Grizzly and Wolf Discovery Center de West Yellowstone.

L’été 2011 a également été marqué par l’attaque d’un groupe de jeunes campeurs britanniques par un ours polaire sur l’archipel du Svalbard en Norvège. L’un d’eux est mort et quatre autres ont été sérieusement blessés à la tête. L’ours a finalement été abattu par les services de secours.

Au mois de septembre, un policier a abattu un grizzly qui rôdait dans un quartier résidentiel de Soldotna dans la péninsule de Kenai, en Alaska. On pense que l’animal a été attiré par une tête de caribou déposée dans une poubelle. L’ours a chargé le policier qui observait le comportement de l’animal. Ce type d’événement est relativement fréquent en Alaska, surtout au printemps, quand les plantigrades ont faim à la sortie de l’hibernation et viennent volontiers faire les poubelles autour des habitations. Certains d’entre eux n’hésitent pas à s’introduire dans les maisons si la porte est restée ouverte !

Que ce soit à Yellowstone ou en Alaska les ours font partie du paysage et une rencontre est toujours possible au détour d’un chemin de randonnée ou le long d’une rivière. Certaines règles élémentaires de prudence doivent être respectées – la première étant de ne jamais se trouver entre une ourse et son ourson – mais il ne faut pas sombrer dans la paranoïa. Tous les ours n’attaquent pas. Il m’est arrivé de me trouver à quelques dizaines de mètres de certains d’entre eux en Alaska et je ne me suis pas senti menacé. Une première précaution est de signaler sa présence, par exemple à l’aide d’un grelot accroché à son sac à dos. L’ours a une très mauvaise vue mais une excellente ouïe et un odorat extraordinaire.

A noter que la plupart des pêcheurs de saumons en Alaska ont dans leur poche une bombe contenant un puissant répulsif, voire une arme à feu, en cas de problème.

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(Photo: C. Grandpey)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska/ Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgDans son dernier bulletin, l’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que l’extrusion de lave se poursuit au niveau du dôme à l’intérieur du cratère du Cleveland. Les images satellites de la semaine écoulée montrent que le rebord du dôme est maintenant au niveau de la lèvre du cratère sur les côtés SO et NE, avec un risque de débordement dans ces secteurs. Cela signifie qu’il y a un risque d’éruption explosive, de coulées de lave, voire de coulées pyroclastiques accompagnées de nuages de cendre pouvant atteindre 6 km de hauteur et donc menacer le trafic aérien. Toutefois l’AVO ajoute que l’éruption peut aussi se poursuivre sans événement explosif. Quoi qu’il en soit, tous ces événements potentiels peuvent se produire sans prévenir et ne pas être détectés par les satellites pendant plusieurs heures.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, l’AVO ne dispose pas de réseau sismique sur l’île et ne peut donc pas contrôler ce qui se passe sur le volcan. Au cas où un violent événement explosif se produirait comme en 2001, il est cependant probable que des signaux sismiques seraient enregistrés sur les réseaux sismiques des volcans voisins.

La dernière éruption importante du Cleveland a commencé en février 2001 avec trois événements explosifs majeurs qui ont généré des nuages de cendre jusqu’à 12 km au-dessus du niveau de la mer.

Le volcan Cleveland domine la partie occidentale de Chuginadak, une île des Aléoutiennes, inhabitée et loin de tout. Elle se situe à 75 km à l’ouest de Nikolski (18 habitants permanents) et à 1500 km au SO d’Anchorage. L’accès aux Aléoutiennes est particulièrement délicat, ce qui explique la difficulté de l’AVO à surveiller les volcans. J’avais un moment envisagé d’aller visiter ces îles inhospitalières lors de mes séjours en Alaska mais les obstacles pratiques (météo calamiteuse, déplacements, entre autres) étaient trop nombreux pour que je me lance dans une telle expédition. J’ai eu la chance d’avoir une fenêtre météo pour pouvoir survoler l’Augustine il y a deux ans. Cette année, la couverture nuageuse ne permettait même pas de survoler les volcans qui se dressent à l’ouest de Cook Inlet.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest report, the Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that the extrusion of lava at the dome in the summit crater of Cleveland Volcano continues.

Satellite observations over the past week show that the edge of the dome is now at the level of the crater rim on the southwest and east-northeast sides, and may soon overflow the crater rim on these flanks.

This means there is the possibility of an explosive event, together with a lava flow and/or pyroclastic flows and ash clouds up to 6 km high that may affect air traffic. However, AVO adds that lava may continue to erupt without producing explosions. All these events can occur without warning and may go undetected in satellite imagery for hours.

AVO does not have a real-time seismic network and thus is unable to monitor what is happening on the volcano. In the event of a large explosive eruption like that in 2001, it is possible that seismic signals may be recorded on AVO seismic networks at nearby volcanoes.

Cleveland volcano forms the western part of Chuginadak Island, a remote and uninhabited island in the Aleutians. It is located about 75 km west of Nikolski (18 permanent residents), and 1500 km southwest of Anchorage. The volcano’s most recent significant eruption began in February 2001 and it produced 3 explosive events that produced ash clouds as high as 12 km a.s.l.

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Le Cleveland en 2006 (avec l’aimable autorisation de la NASA)