L’agence scientifique nationale australienne Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) a effectué une mission scientifique en Antarctique de l’Est. Malgré des débuts difficiles, elle a fourni des informations très intéressantes.

Les scientifiques ont envoyé un robot collecter des données sous le glacier Totten, l’un des mastodontes de l’Est Antarctique, mais un courant l’a dévié de sa destination initiale et le robot s’est dirigé vers l’ouest. Il s’est retrouvé dans une zone difficile d’accès pour les scientifiques, mais il est finalement revenu avec des données extrêmement rares et précieuses.
Le robot, équipé de capteurs de salinité et de température, était conçu pour plonger et remonter à la surface tous les dix jours afin de transmettre ses données aux satellites. Ce type de robot est fréquemment utilisé dans la recherche océanographique, notamment pour mesurer l’impact du réchauffement climatique sur les océans et les glaciers.
Le robot de la CSIRO avait pour mission d’étudier le glacier Totten et d’évaluer l’ampleur de la montée du niveau de la mer en cas de fonte. Ce phénomène est préoccupant et la NOAA américaine a même créé une carte interactive montrant les côtes qui pourraient être submergées en cas de fonte de ce glacier
Détourné de sa trajectoire initiale, le robot s’est retrouvé sous la glace du glacier Denman, dans une zone extrêmement difficile d’accès pour les scientifiques. Les chercheurs ont craint de l’avoir perdu à jamais, mais il a refait surface neuf mois plus tard avec des données hyper intéressantes sur le glacier Denman et l’impact du réchauffement climatique sur l’Antarctique.

Le robot a navigué sous le glacier Denman et la plateforme glaciaire Shackleton sur laquelle le glacier vient buter. Bloqué, il a continué sa mission; il a mesuré la salinité et la température de l’eau, depuis le plancher océanique jusqu’à la base de la plateforme glaciaire. Incapable de remonter à la surface pour transmettre ces données aux satellites, il a été considéré comme perdu par l’équipe de recherche. Pourtant, le robot continuait à travailler. En tentant de remonter à la surface, il venait buter contre la plateforme glaciaire et à chaque contact, il mesurait la profondeur.
L’équipe scientifique a ensuite comparé ces données de profondeur aux mesures satellitaires de la zone. Grâce à ces données, les chercheurs ont pu reconstituer le parcours du robot et ainsi déterminer précisément l’origine de ses mesures de salinité et de température. Au cours de sa mission, le robot a collecté 195 profils de données.
Les données recueillies ont montré que la plateforme glaciaire Shackleton n’est pas encore menacée de fonte par les eaux chaudes. Ce n’est pas le cas du glacier Denman qui est miné par les eaux chaudes qui provoquent sa fonte. Ce glacier, à lui seul, pourrait entraîner une élévation du niveau de la mer de près de 1,50 mètre à travers le monde.

Ce document illustre le recul de la ligne d’ancrage du glacier Denman entre 1996 (ligne noire) et 2018 (ligne jaune). (Source : AGU/Brancato et al.)
Cette découverte scientifique fortuite représente une véritable aubaine pour l’équipe scientifique. Le robot a collecté des données dans des zones jamais étudiées auparavant. En effet, il s’agit de la toute première série de mesures océanographiques réalisées sous une plateforme glaciaire en Antarctique oriental. Ces données sont essentielles pour comprendre cette zone et les risques qu’elle représente pour le glacier Denman. Dans la mesure où le robot a survécu si longtemps sous la glace et a transmis des données de qualité, les scientifiques envisagent d’envoyer d’autres robots dans des régions très reculées afin de recueillir des données inédites.
Le fait que ce robot ait réussi à effectuer des mesures précises en Antarctique oriental est également crucial pour les recherches futures. Cette région étant plus envahie par la glace que l’Antarctique occidental, la fonte des glaciers y représente une menace plus importante pour les littoraux.
Les données récoltées par le robot ont été publiées dans la revue Science Advances en décembre 2025. Elles constituent désormais une ressource précieuse pour les études antarctiques.
Source : BGR.
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An Australian national science agency called CSIRO launched an experiment in East Antarctica that first went wrong but in the end provided very interesting information.
A free-floating ocean robot was sent to collect data from the Totten Glacier. However, a current pulled it away from its destination and westward. It ended up in a place very difficult for scientists to analyze, and it returned with extremely rare and valuable data.
The ocean float has salinity and temperature sensors and was meant to go below the water and surface once every 10 days to transmit its data to satellites. Robots like these are used frequently in ocean research and sometimes for measuring the impact of global warming on the waters and glaciers.
This specific one was meant to study the Totten Glacier in regards to how much the global sea levels could rise if the glacier melted. This is such a concern that the American NOAA even has an interactive map to show which coastlines could be permanently underwater in the future.
Pulled off its course, this float actually ended up underneath the ice of the Denman Glacier in a location extremely difficult for scientists to observe and collect data from. Though the research team feared it was lost forever, it popped back out nine months later. With it was a set of crucial data for the Denman Glacier and how global warming is impacting Antarctica as a whole.
The robot traveled beneath the Denman Glacier and the Shackleton ice shelf. Though trapped, the robot ocean float continued to do what it was meant to: It measured water salinity and temperature from the sea floor up to the base of the ice shelf it was under. However, it could not surface to transmit this data to satellites, so it was navigationally lost for the research team. There was one trail of clues left to follow; as the float tried to surface, it bumped the ice shelf. Whenever it did so, it was able to measure the depth of the ice shelf.
The research team was able to compare the data of the ice shelf’s depth to satellite measurements of the area. From that, they were able to piece together an idea of the path the ocean float took, thus knowing where its salinity and temperature measurements were specifically coming from. Throughout its mission, the robot collected 195 profiles of data.
The data returned showed that the Shackleton ice shelf is not yet in danger of warm water melting it. However, the Denman Glacier does have warm water beneath that is causing it to melt. This glacier on its own could cause sea levels around the world to rise by almost 1.50 meters.
This scientific accident turned out to be a stroke of luck for the team. The ocean float gathered data from areas never before researched. In fact, this was the first ever line of oceanographic measurements under an East Antarctic ice shelf. This has provided critical data about this area and the risk posed to the Denman Glacier.
Since the robot float did survive under the ice for so long with good data, scientists look to the future of sending more of these floats into very remote places in hopes of returning rare data.
The fact that the ocean float measured Eastern Antarctica specifically is also very important for future research. It holds more ice than West Antarctica, so glaciers melting in that area pose a greater overall threat for coastlines.
The data from this lost robot was put into publication in the ScienceAdvances journal in December 2025. It now serves as a useful piece of research for Antarctic studies.
Source : BGR.