Quelques nouvelles de l’Etna (Sicile) // Some more news of Mt Etna (Sicily)

  3 janvier 2026 – 8 heures : Comme je l’ai indiqué précédemment, la coulée de lave dans la Valle del Bove ne présente pas, du moins pour le moment, de danger pour des zones habitées comme Milo ou Fornazo. La lave se trouve à plus de 5 km de ces localités. Les nombreuses images diffusées sur les réseaux sociaux étaient trompeuses. Un effet de perspective qui « aplatit » les photos et les vidéos donnait l’impression que la coulée était proche des maisons. Mais ce n’est pas le cas.

La coulée est issue d’une bouche effusive située à 2 100 mètres d’altitude. La lave a rapidement avancé jusqu’à 1 580 mètres en quelques heures, avant de se stabiliser environ 200 mètres plus bas. Le front de lave mesure environ 200 mètres de large et sept mètres de haut. L’INGV a précisé que, même avec le débit actuel ou un doublement de son intensité, aucun risque n’est à prévoir pour les zones habitées les plus proches.

En réalité, le flot de visiteurs inquiète plus les autorités que la coulée de lave proprement dite. La Protection Civile craint des répercussions possibles sur la circulation et le passage des véhicules de secours, ainsi que des risques pour la sécurité des randonneurs mal équipés qui tenteraient de s’approcher du front de lave. Pour cette raison, plusieurs maires ont adopté des arrêtés réglementant et interdisant l’accès au volcan. Le président du Parc de l’Etna a insisté sur la nécessité d’une communication plus efficace concernant les risques volcaniques et d’une signalétique plus claire. L’activation du poste de contrôle sur le sentier de Pietracannone, tenu par le Corpo Forestale, et une présence policière active ont également été confirmées.
À noter que l’activité du volcan n’a aucun impact sur l’aéroport de Catane, qui demeure pleinement opérationnel.

Par la voix de Boris Behncke, l’INGV explique que cette coulée de lave dans la Valle del Bove a surpris tout le monde. « Personne ne l’a vu venir. » Après l’activité éruptive de la fin de l’année 2025 au Cratère NE et sur le flanc de la Voragine, le tremor volcanique avait retrouvé des valeurs moyennes et rien n’indiquait que l’éruption allait se réactiver le 1er janvier 2026 dans la Valle del Bove. En plus, le début de l’éruption n’était pas visible car le flanc Est était enveloppé d’une épaisse couche de nuages. Ce n’est qu’au crépuscule qu’une forte lueur est apparue sur les images de certaines webcams.

Comme je l’indiquais il y a quelques jours, l’Etna serait un bon moyen de tester ‘Jerk’, la nouvelle méthode d’alerte précoce qui a donné des résultats mitigés sur le Piton de la Fournaise à la Réunion.

Source : INGV et presse locale.

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17 heures : D’après les images des caméras de surveillance et les relevés de terrain effectués par le personnel de l’INGV à l’aide de drones, le champ de lave de Valle del Bove est toujours alimenté et le front le plus avancé a lentement atteint une altitude d’environ 1 360 m.
Le survol par drone a notamment permis de préciser que la zone la plus active du champ de lave se situe en amont de Rocca Musarra, entre 1 800 et 1 700 m d’altitude. Une coulée de lave, qui s’est superposée à celle des jours précédents alimente plusieurs coulées plus petites. Actuellement, le front de cette coulée superposée se situe à une altitude d’environ 1 600 m. Le débit ets d’environ 5 mètres cubes par seconde. Au train où vont les choses, la lave devrait restée confinée à l’intérieur de la Valle del Bove, sans aucune menace pour Milo ou Fornazzo.
Les images des caméras de surveillance montrent également que l’activité strombolienne se poursuit à des intensités variables au niveau de la Voragine, avec de faibles émissions de cendres.

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du tremor volcanique montre toijours des valeurs moyennes, parfois élevées. La source du tremor semble se situer près du cratère Voragine, à une altitude d’environ 2 800 à 3 000 m.
Source : INGV.

Source: réseaux sociaux

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January 3rd, 2026 – 8:00 am : As I put it earlier, the lava flow in the Valle del Bove does not pose any danger, at least not at the moment, to populated areas like Milo or Fornazo. The lava is more than 5 km from these towns. The numerous images released on social media were misleading. A perspective effect that « flattens » the photos and videos gave the impression that the flow was close to the houses. But this is not the case.
The flow originated from an effusive vent located at an altitude of 2,100 meters. The lava advanced rapidly to 1,580 meters in just a few hours, before stabilizing about 200 meters lower. The lava front is approximately 200 meters wide and seven meters high. The INGV has stated that, even with the current flow rate or a doubling of its intensity, no risk is expected for the nearest inhabited areas.
In reality, the influx of visitors is causing more concern for the authorities than the lava flow itself. The Civil Protection fears potential repercussions on traffic and the passage of emergency vehicles, as well as risks to the safety of poorly equipped hikers who might try to approach the lava front. For this reason, several mayors have issued decrees regulating and prohibiting access to the volcano. The president of Etna Park emphasized the need for more effective communication regarding volcanic risks and clearer signage. The activation of the checkpoint on the Pietracannone trail, manned by the Corpo Forestale, and an active police presence have also been confirmed.
It should be noted that the volcano’s activity has no impact on Catania Airport, which remains fully operational.

Boris Behncke (INGV Catania) explained that this lava flow in the Valle del Bove took everyone by surprise. « Nobody saw it coming. » After the eruptive activity at the end of 2025 at the Northeast Crater and on the flank of the Voragine, the volcanic tremor had returned to medium levels, and there was no indication that the eruption would reactivate on January 1, 2026, in the Valle del Bove. Furthermore, the beginning of the eruption was not visible because the eastern flank was shrouded in a thick layer of clouds. It was only at dusk that a strong glow appeared on some webcam images.
As I mentioned a few days ago, Mount Etna would be a good way to test ‘Jerk,’ the new early warning method that has yielded mixed results on Piton de la Fournaise on Réunion Island.”

Source: INGV and local press.

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5 p.m.: According to CCTV footage and field surveys conducted by INGV staff using drones, the Valle del Bove lava field is still being fed, and the most advanced front has slowly reached an altitude of approximately 1,360 meters.
The drone overflights have notably confirmed that the most active area of ​​the lava field is located upslope of Rocca Musarra, between 1,800 and 1,700 meters above sea level. A lava flow, superimposed on those of previous days, is feeding several smaller flows. Currently, the front of this superimposed flow is at an altitude of approximately 1,600 meters. The flow rate is about 5 cubic meters per second. At the current rate, the lava should remain confined within the Valle del Bove, posing no threat to Milo or Fornazzo.

Surveillance camera images also show that Strombolian activity continues at varying intensities at the Voragine, with low ash emissions.
From a seismic perspective, the average amplitude of the volcanic tremor remains moderate, sometimes high. The source of the tremor appears to be located near the Voragine, at an altitude of approximately 2,800 to 3,000 meters.
Source: INGV.

Un robot sous l’Antarctique oriental // A robot beneath East Antarctica

L’agence scientifique nationale australienne Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) a effectué une mission scientifique en Antarctique de l’Est. Malgré des débuts difficiles, elle a fourni des informations très intéressantes.

Les scientifiques ont envoyé un robot collecter des données sous le glacier Totten, l’un des mastodontes de l’Est Antarctique, mais un courant l’a dévié de sa destination initiale et le robot s’est dirigé vers l’ouest. Il s’est retrouvé dans une zone difficile d’accès pour les scientifiques, mais il est finalement revenu avec des données extrêmement rares et précieuses.
Le robot, équipé de capteurs de salinité et de température, était conçu pour plonger et remonter à la surface tous les dix jours afin de transmettre ses données aux satellites. Ce type de robot est fréquemment utilisé dans la recherche océanographique, notamment pour mesurer l’impact du réchauffement climatique sur les océans et les glaciers.
Le robot de la CSIRO avait pour mission d’étudier le glacier Totten et d’évaluer l’ampleur de la montée du niveau de la mer en cas de fonte. Ce phénomène est préoccupant et la NOAA américaine a même créé une carte interactive montrant les côtes qui pourraient être submergées en cas de fonte de ce glacier

Détourné de sa trajectoire initiale, le robot s’est retrouvé sous la glace du glacier Denman, dans une zone extrêmement difficile d’accès pour les scientifiques. Les chercheurs ont craint de l’avoir perdu à jamais, mais il a refait surface neuf mois plus tard avec des données hyper intéressantes sur le glacier Denman et l’impact du réchauffement climatique sur l’Antarctique.

Le robot a navigué sous le glacier Denman et la plateforme glaciaire Shackleton sur laquelle le glacier vient buter. Bloqué, il a continué sa mission; il a mesuré la salinité et la température de l’eau, depuis le plancher océanique jusqu’à la base de la plateforme glaciaire. Incapable de remonter à la surface pour transmettre ces données aux satellites, il a été considéré comme perdu par l’équipe de recherche. Pourtant, le robot continuait à travailler. En tentant de remonter à la surface, il venait buter contre la plateforme glaciaire et à chaque contact, il mesurait la profondeur.
L’équipe scientifique a ensuite comparé ces données de profondeur aux mesures satellitaires de la zone. Grâce à ces données, les chercheurs ont pu reconstituer le parcours du robot et ainsi déterminer précisément l’origine de ses mesures de salinité et de température. Au cours de sa mission, le robot a collecté 195 profils de données.
Les données recueillies ont montré que la plateforme glaciaire Shackleton n’est pas encore menacée de fonte par les eaux chaudes. Ce n’est pas le cas du glacier Denman qui est miné par les eaux chaudes qui provoquent sa fonte. Ce glacier, à lui seul, pourrait entraîner une élévation du niveau de la mer de près de 1,50 mètre à travers le monde.

Ce document illustre le recul de la ligne d’ancrage du glacier Denman entre 1996 (ligne noire) et 2018 (ligne jaune). (Source : AGU/Brancato et al.)

Cette découverte scientifique fortuite représente une véritable aubaine pour l’équipe scientifique. Le robot a collecté des données dans des zones jamais étudiées auparavant. En effet, il s’agit de la toute première série de mesures océanographiques réalisées sous une plateforme glaciaire en Antarctique oriental. Ces données sont essentielles pour comprendre cette zone et les risques qu’elle représente pour le glacier Denman. Dans la mesure où le robot a survécu si longtemps sous la glace et a transmis des données de qualité, les scientifiques envisagent d’envoyer d’autres robots dans des régions très reculées afin de recueillir des données inédites.
Le fait que ce robot ait réussi à effectuer des mesures précises en Antarctique oriental est également crucial pour les recherches futures. Cette région étant plus envahie par la glace que l’Antarctique occidental, la fonte des glaciers y représente une menace plus importante pour les littoraux.
Les données récoltées par le robot ont été publiées dans la revue Science Advances en décembre 2025. Elles constituent désormais une ressource précieuse pour les études antarctiques.
Source : BGR.

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An Australian national science agency called CSIRO launched an experiment in East Antarctica that first went wrong but in the end provided very interesting information.

A free-floating ocean robot was sent to collect data from the Totten Glacier. However, a current pulled it away from its destination and westward. It ended up in a place very difficult for scientists to analyze, and it returned with extremely rare and valuable data.

The ocean float has salinity and temperature sensors and was meant to go below the water and surface once every 10 days to transmit its data to satellites. Robots like these are used frequently in ocean research and sometimes for measuring the impact of global warming on the waters and glaciers.

This specific one was meant to study the Totten Glacier in regards to how much the global sea levels could rise if the glacier melted. This is such a concern that the American NOAA even has an interactive map to show which coastlines could be permanently underwater in the future.

Pulled off its course, this float actually ended up underneath the ice of the Denman Glacier in a location extremely difficult for scientists to observe and collect data from. Though the research team feared it was lost forever, it popped back out nine months later. With it was a set of crucial data for the Denman Glacier and how global warming is impacting Antarctica as a whole.

The robot traveled beneath the Denman Glacier and the Shackleton ice shelf. Though trapped, the robot ocean float continued to do what it was meant to: It measured water salinity and temperature from the sea floor up to the base of the ice shelf it was under. However, it could not surface to transmit this data to satellites, so it was navigationally lost for the research team. There was one trail of clues left to follow; as the float tried to surface, it bumped the ice shelf. Whenever it did so, it was able to measure the depth of the ice shelf.

The research team was able to compare the data of the ice shelf’s depth to satellite measurements of the area. From that, they were able to piece together an idea of the path the ocean float took, thus knowing where its salinity and temperature measurements were specifically coming from. Throughout its mission, the robot collected 195 profiles of data.

The data returned showed that the Shackleton ice shelf is not yet in danger of warm water melting it. However, the Denman Glacier does have warm water beneath that is causing it to melt. This glacier on its own could cause sea levels around the world to rise by almost 1.50 meters.

This scientific accident turned out to be a stroke of luck for the team. The ocean float gathered data from areas never before researched. In fact, this was the first ever line of oceanographic measurements under an East Antarctic ice shelf. This has provided critical data about this area and the risk posed to the Denman Glacier.

Since the robot float did survive under the ice for so long with good data, scientists look to the future of sending more of these floats into very remote places in hopes of returning rare data.

The fact that the ocean float measured Eastern Antarctica specifically is also very important for future research. It holds more ice than West Antarctica, so glaciers melting in that area pose a greater overall threat for coastlines.

The data from this lost robot was put into publication in the ScienceAdvances journal in December 2025. It now serves as a useful piece of research for Antarctic studies.

Source : BGR.