Interférométrie radar et prévision volcanique / Radar interferometry and volcanic prediction

drapeau francais.jpgUn article publié dans la revue Geophysical Research Letters indique que deux scientifiques de l’Université de Miami affirment pouvoir détecter les signes d’une éruption imminente en analysant des images satellites.

Leurs conclusions s’appuient sur une étude des volcans actifs de l’arc volcanique de la Sonde à l’aide de l’interférométrie radar à ouverture synthétique (InSAR). Grâce à cette technologie, ils ont découvert des preuves que plusieurs volcans gonflaient avant leur éruption, probablement sous l’effet de la poussée du magma.

L’étude s’appuie sur quelque 800 images InSAR montrant 79 volcans entre 2006 et 2009. Les chercheurs ont repéré des signes de gonflement sur six d’entre eux et trois édifices sont entrés en éruption au terme de la période de surveillance.

Il serait toutefois hasardeux de généraliser les conclusions des scientifiques à l’ensemble des volcans de la planète. Ils font d’ailleurs remarquer dans l’article que leurs observations concernent des volcans à chambre magmatique peu profonde (moins de 3 km).

L’interférométrie radar à usage volcanique n’est pas vraiment récente. Je me souviens d’une conférence il y a une dizaine d’années au cours de laquelle un scientifique vantaient les avantages de cette technologie qui a toutefois ses limites et ne saurait être appliquée seule à des volcans plus complexes, à chambre magmatique plus profonde.

On pourrait citer plusieurs volcans dont le seul gonflement ne suffit pas à annoncer une éruption : Yellowstone, Mauna Loa, Kilauea. On sait que Yellowstone peut gonfler périodiquement et dégonfler ensuite, sans autre activité visible. On sait que le Mauna Loa a gonflé récemment mais que l’éruption de 1984 reste la dernière de la série. La détection par satellite des successions d’épisodes de gonflement et de dégonflement du Kilauea (déjà en éruption) par satellite ne serait pas d’une grande utilité.

D’autres outils sont nécessaires pour essayer de comprendre le comportement de ces volcans et savoir si une éruption est en préparation. S’agissant des satellites, la détection d’anomalies thermiques est très utile pour des volcans isolés comme ceux du Kamchatka. Au sol, l’analyse classique des paramètres sismiques et chimiques reste cruciale et c’est souvent elle qui donne les meilleurs résultats.

La volcanologie avance, mais à petits pas. Notre capacité à prévoir les éruptions reste bien limitée !

Source : The RedOrbit.com – Your Universe Online.

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drapeau anglais.jpgIn a new report published in the journal Geophysical Research Letters, two scientists from the University of Miami showed they may now be able to detect signs of an impending volcanic eruption by analyzing satellite imagery.

Using Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) over the active volcanoes in Indonesia’s west Sunda arc, the researchers uncovered evidence that showed the inflation of several volcanoes prior to their eruption, likely the result of rising magma.

The 800 InSAR images of 79 volcanoes used in the study were taken between 2006 and 2009. The scientists were able to detect signs of inflation at six volcanic centres, three of which erupted after the surveillance period.

However, one should be careful not to extend the scientists’ conclusions to all the volcanoes of the world. By the way, they say that their observations concerned volcanoes with shallow magma chambers (less than 3 km).

The use of radar interferometry on volcanoes is not recent. I can remember a conference some ten years ago with a scientist boasting the advantages of this technology which cannot really be used on complex volcanoes with deeper magma chambers.

One could cite the examples of volcanoes whose sole inflation does not mean that an eruption is about to occur: Yellowstone, Mauna Loa or Kilauea. It is well known that Yellowstone may periodically inflate and then deflate with no other visible activity. Mauna Loa recently inflated but the 1984 eruption is still the last one of the series. The satellite detection of the rapid succession of D/I events on Kilauea (which is erupting) would not be very useful.

More tools are necessary to try and understand the eruptive behaviour of these volcanoes. As fara s satellites are concerned, the detection of thermal anomalies is very useful on isolated volcanoes like those of Kamchatka. On the ground, conventional tools to analyse seismic or chemical parameters are still crucial. They often give the best results.

Volcanology is making slow progress and our ability to predict eruptions is still very limited!

Source : The RedOrbit.com – Your Universe Online.

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Le Vieux Fifèle, dans le Parc de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

Des similitudes entre le Mauna Kea et la planète Mars? / Similarities between Mauna Kea and the Red Planet?

drapeau francais.jpgLe rover Curiosity, engin d’exploration de la surface de la planète Mars, s’est posé dans le Gale Crater le 5 août 2012. Sa destination finale devrait être la base du Mont Sharp, une montagne de 5,5 km de hauteur qui se dresse au centre du cratère. Les engins précédents avaient repéré sur les contreforts du Mont Sharp des indices laissant supposer qu’un écoulement d’eau s’était produit dans ce secteur à une époque lointaine.

Curiosity vient d’effectuer les premières analyses d’un échantillon du sol martien dans le secteur de Rocknest à l’aide d’un instrument baptisé CheMin (raccourci de Chemistry and Mineralogy). Selon les conclusions qui viennent d’être dévoilées par la NASA, le sol martien présenterait une composition minérale semblable à celle d’anciens matériaux basaltiques rencontrés sur Terre, sur les flancs du Mauna Kea à Hawaii, par exemple.

La majorité de Mars est recouverte de poussière et les scientifiques avaient jusqu’à présent une connaissance incomplète de sa minéralogie. Ils savent maintenant que le sol martien est similaire à du matériau basaltique, avec des quantités significatives de feldspaths, de pyroxènes et d’olivines. Environ la moitié du sol est un matériau non-cristallin, tel que le verre volcanique ou les produits issus de l’altération du verre.

L’échantillon examiné par le CheMin contient aux moins deux composants : d’une part, des particules réparties largement à la surface de la planète rouge par les tempêtes de poussière ; d’autre part, du sable qui semble appartenir uniquement au Gale Crater. Contrairement aux roches recueillies par Curiosity il y a un mois, on ne relève pas d’interaction avec un élément liquide dans l’échantillon de Rocknest.

Jusqu’à présent, les matériaux issus du Gale Crater analysés par Curiosity confirment qu’il existe une transition dans le temps entre un environnement humide et un environnement plus sec. Les roches anciennes laissent supposer qu’il y a eu écoulement d’eau alors que les minéraux plus récents ne montrent qu’une interaction beaucoup plus limitée.

Source : Fox News.

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drapeau anglais.jpgNASA’s Mars rover Curiosity landed inside Gale Crater on August 5th 2012. Its main destination is the base of Mount Sharp, a 5.5-km-high mountain rising from the crater’s centre. Mars-orbiting spacecraft have spotted signs that Mount Sharp’s foothills were exposed to liquid water long ago.

Curiosity recently studied a scoop of Red Planet dirt with its Chemistry and Mineralogy instrument, or CheMin, for the first time. The result shows that this Martian soil appears mineralogically similar to some weathered basaltic materials that we see on Earth, for instance on the flanks of Mauna Kea in Hawaii.

Much of Mars is covered with dust, and up to now scientists had an incomplete understanding of its mineralogy. They now know it is similar to basaltic material, with significant amounts of feldspar, pyroxene and olivine, which was not unexpected. Roughly half the soil is non-crystalline material, such as volcanic glass or products from weathering of the glass.

The sample contains at least two components: particles distributed globally by Martian dust storms and sand that appears to have originated locally, in Gale Crater. In contrast to the rocks Curiosity discovered a month ago, there is no evidence of strong interaction with liquid water in the Rocknest sample.

So far, the materials Curiosity has analyzed are consistent with the initial ideas of the deposits in Gale Crater recording a transition through time from a wet to dry environment. The ancient rocks suggest flowing water, while the minerals in the younger soil are consistent with limited interaction with water.

Source: Fox News.

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Cratères adventifs du Mauna Kea, avec le Mauna Loa au loin

(Photo: C. Grandpey)

Scandaleux! / Sheer scandal!

Sept scientifiques membres de la commission gouvernementale «Grands risques» au moment du séisme meurtrier de L’Aquila le 6 avril 2009 ont été condamnés lundi à six ans de prison en première instance par le tribunal pénal du chef-lieu des Abruzzes. Il s’agit  de Franco Barberi, Enzo Boschi, Giulio Selvaggi, Gian Michele Calvi, Claudio Eva, Mauro Dolce et Bernardo De Bernardinis.

Cette lourde condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer des responsabilités dans la fonction publique pendant un an et une obligation de verser plusieurs centaines de milliers d’euros d’indemnités aux familles des victimes.

Il est reproché aux sept scientifiques de n’avoir pas prévu ni prévenu les populations et les autorités locales de l’imminence d’un tremblement de terre, lors d’une réunion qu’ils avaient tenu à L’Aquila le 31 mars 2009, six jours avant la catastrophe.

Pour l’avocate représentant onze parties civiles dont quatre étudiants blessés dans l’effondrement de leur foyer, cette condamnation «permettra à l’avenir de faire en sorte que les scientifiques prêtent davantage attention aux signes avant-coureurs d’une catastrophe quand ils émettent des avis».

Pour sa part, l’avocat représentant le gouvernement italien a demandé au tribunal de prononcer un non-lieu, partant du principe que les sept scientifiques «ne sont coupables de rien», les séismes, par nature, «n’étant pas prévisibles». Cette position est soutenue par un grand nombre de milieux scientifiques en Italie comme à l’étranger.

Les avocats des scientifiques incriminés ont indiqué qu’ils allaient faire appel. Dans la mesure où les condamnations ne sont pas définitives en Italie tant qu’il n’y a pas eu au moins un niveau d’appel, les scientifiques n’iront probablement pas en prison dans l’immédiat.

Comme beaucoup, je suis personnellement scandalisé par cette décision de justice. Comme je  ne cesse de le répéter, nous ne savons guère prévoir les éruptions volcaniques et encore moins les séismes. Certes, la région de L’Aquila fait partie des zones sensibles de l’Italie mais bien malin serait celui capable de prévoir l’intensité d’un séisme et son pouvoir de destruction.

La décision de juges italiens est extrêmement grave ! Cela signifie qu’à l’avenir, la communauté scientifique pourra être tenue responsable des pertes humaines et matérielles lors d’un séisme ou d’une éruption volcanique. Comment réagira la justice si une coulée de lave de l’Etna ensevelit Zafferana Etnea, comme cela a failli se produire pendant l’éruption de 1991-94 ?  Il est assez surprenant de constater que ce verdict intervient au moment où l’INGV de Catane est menacé par des suppressions de postes !

Quand je vois les noms des scientifiques incriminés, je suis vraiment triste. J’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises Franco Barberi et je puis vous assurer que cet homme est d’une grande honnêteté scientifique et d’une grande compétence sur le terrain volcanique. Il ne mérite vraiment pas d’être traîné dans la boue. Je tiens à lui apporter publiquement mon soutien, ainsi qu’à ses collègues.

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En compagnie de Franco Barberi pendant l’éruption de l’Etna en mars 1992.

Echantillons de lave au microscope

Il y a quelque temps, je signalais l’existence d’un blog sympa intitulé “Volcanocafé”  avec comme sous-titre « Volcano discussions in your living room ». Les discussions tournent bien sûr autour de la volcanologie, mais aussi de la minéralogie.

J’avais fourni gracieusement à la créatrice de ce blog quelques échantillons de lave récoltés en différents points de la planète. Ils viennent d’être observés au microscope dans le BioLab de l’Ars Electronica Center à Linz, en Autriche (www.aec.at).

Le labo dispose de plusieurs microscopes très performants qui ont permis de scruter les échantillons dans leurs moindres détails. Vous trouverez les images à cette adresse :

http://volcanocafe.wordpress.com/microscopic-images/

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Ponce de la Vallée des 10,000 Fumées.