Pronostics volcaniques

L’éruption de l’Eyjafjallajökull était à peine terminée que les pronostics allaient déjà bon train pour savoir quel volcan allait prendre la relève. Les volcanologues islandais attiraient l’attention sur le Grimsvötn qui mijote sous le Vatanajökull et, selon eux, ne devrait pas tarder à faire parler de lui. La presse misait sur une éruption à très court terme du Katla dont les conduits d’alimentation auraient tendance à fricoter avec ceux de l’Eyjafjallajökull. Sans oublier l’Hekla  dont le réveil sonne, paraît-il, tous les dix ans. On pourrait ajouter à ces prédictions les déclarations de l’Italien Enzo Boschi qui affirmait que l’Etna allait enfin vomir sa lave et que le volcan sous-marin Marsili était susceptible de générer un tsunami dévastateur. Or, jusqu’à présent, aucune de ces éruptions n’a eu lieu et les pronostiqueurs ont donc perdu leurs mises.

C’est maintenant au tour du Dr Hazel Rymer, une scientifique britannique, de jouer les Madame Soleil ! Elle pense que le volcan islandais Askja pourrait sortir de sa torpeur et – ajoute le Daily Express qui a publié ses propos – déclencher une nouvelle panique dans les cieux européens. Selon elle, la sismicité est en hausse et son équipe aurait remarqué des modifications dans les conduits d’alimentation du volcan dont la dernière éruption remonte à 1961. D’une prudence toute britannique, elle ajoute que « du magma juvénile est en train de s’accumuler mais…on se peut pas prévoir quand une éruption aura lieu ; ce peut être la semaine prochaine ou l’an prochain ». Elle ajoute pour terminer qu’ « elle ne pense pas que la récente éruption de l’Eyjfjallajökull pourrait faire naître de l’activité sur l’Askja », ce qui est loin d’être un scoop !! Le Daily Express rappelle que l’éruption de 1875 avait creusé un cratère de 5 km de diamètre et envoyé de la cendre jusqu’en Ecosse et en Scandinavie.

Le plus sage est d’attendre et de voir ce que décidera la Nature. Comme le disent si bien les Anglo-Saxons : Wait and see !

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La caldeira de l’Askja (Photo: C. Grandpey)

Eyjafjallajökull (Islande)

drapeau francais.jpgLa situation reste calme sur le volcan. Même si l’éruption n’a encore jamais été déclarée officiellement terminée, les derniers bulletins du Met Office montrent que l’activité décline régulièrement. Le dernier en date fait état de quelques petits séismes superficiels et confirme le lent dégonflement de l’édifice au cours de la quinzaine écoulée. 

Au cours d’un survol effectué le 11 juin au matin, les scientifiques islandais ont pu voir qu’un lac s’était formé dans le cratère d’où s’échappe un volumineux panache de vapeur. Par ailleurs, il semblerait que le magma continue à dégazer quelque peu au niveau de la lèvre ouest-sud-ouest du cratère.

A noter que 6 petits séismes (la magnitude maximale est de M 1,8) ont été enregistrés ces dernières heures sur le Myrdalsjökull. Il n’y a cependant pas lieu de trop s’inquiéter car ils sont superficiels (entre 300 mètres et 1,5 km de profondeur) et ne correspondent donc probablement pas à une montée de magma. La vigilance reste toutefois nécessaire car l’histoire volcanique de la région montre que le Katla est susceptible de prendre le relais de l’Eyjafjallajökull.  

 

drapeau anglais.jpgThe situation remains quiet on the volcano. Even though the eruption has not been declared over officially, the Met Office’s updates show that activity is steadily declining. The latest report indicates that a few small, shallow earthquakes have been recorded beneath the crater and that deflation of the volcano has been slow and continuous for the last two weeks. The tremor may occasionally slightly increase but the plume mainly contains steam and very little ash.  

Scientists who flew over Eyjafjallajökull on June 11th in the morning saw that a lake has formed in the crater. It releases a voluminous plume of steam. Besides, it looks as if some magma is still degassing at the western or south-western rim of the crater.

Six small earthquakes (with a maximum magnitude of 1.8) have been recorded during the past hours on Myrdalsjökull. However, there is no need to worry as the quakes are shallow (between 300 m and 1.5 km deep) and probably do not indicate any magma ascent. Yet, one should be watchful as the volcanic history of the region shows that Katla may erupt some time after Eyjafjallajökull.

 

Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais.jpgL’activité du Popocatepetl est relativement stable en ce moment et se limite à des émissions de vapeur et de gaz (voir image de la webcam ci-dessous). De temps en temps, de la cendre se mêle au panache et on peut observer occasionnellement une explosion, comme le 8 juin où un panache de cendre a atteint plus de 8 km d’altitude.

Source : CENAPRED.

 

drapeau anglais.jpgActivity at Popocatepetl is currently quite stable and consists of steam and gas emissions (see webcam image here below). Some ash can sometimes be seen in the plume and an explosion can occasionally be observed, like on June 8th when the ash plume reached more than 8 km a.s.l.

Source: CENAPRED.

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Avec l’aimable autorisation du CENAPRED

Mont Rainier (Etat de Washington / Etats Unis)

En observant les sismos du Mont Rainier à l’heure actuelle (voir ci-dessous), on relève des milliers de petits impacts qui se produisent à quelques minutes d’intervalle. Selon les scientifiques américains, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Le volcan ne montre pas de signes de réveil. Ces signaux sismiques baptisés « ice quakes » sont provoqués par les glaciers qui s’étirent sur les flancs du Mont Rainier. Leur origine est superficielle et non en profondeur où elle pourrait indiquer une montée de magma. De plus, la signature laissée par ces micro-séismes d’une magnitude souvent inférieure à 1 est différente de celle laissée par les séismes annonciateurs d’une activité volcanique. Alors que ces derniers commencent brutalement pour diminuer ensuite, les « ice quakes » commencent en douceur pour enfler ensuite puis diminuer. Ils n’apparaissent que sur trois sismos, en particulier celui installé près de Camp Muir, bien connu des randonneurs sur le Mont Rainier.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle sismicité est enregistrée sur le volcan. Elle est déjà apparue en 1990 et en 1998 mais avait duré moins longtemps. En 2010, les impacts sismiques ont commencé à être observés le 21 mai pour s’estomper début juin et réapparaître depuis. Les scientifiques pensent que cette sismicité est probablement dû à un écoulement de l’eau entre la base du glacier et la roche en dessous. En tout cas, ces micro-séismes ne sont pas responsables de l’avalanche qui a tué un randonneur le 5 juin dernier.

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