Séisme japonais (suite)

Bien que ce blog soit réservé aux volcans, il est intéressant de s’attarder sur le séisme exceptionnel (M.9) qui a frappé le Japon le 11 mars 2011 car il concerne la tectonique des plaques qui détermine à la fois le déclenchement des séismes et le comportement des volcans.

 

Les séismes sont particulièrement fréquents au Japon qui frémit quotidiennement. On estime que 1500 d’entre eux se produisent chaque année au Pays du Soleil Levant et l’histoire montre qu’un certain nombre a été dévastateur.

Ainsi, en 1923, le séisme de Kanto a tué plus de 100 000 personnes et on le commémore aujourd’hui à l’occasion du National Disaster Prevention Day. En 1995, le séisme de Kobe (M 6,8) a tué plus de 6 000 personnes.

 

Cette activité sismique intense est due à la position du Japon par rapport aux plaques tectoniques, ce vaste puzzle qui régit le comportement géologique de notre planète. Le pays se trouve dans une zone où les plaques Nord-américaine, Pacifique, Eurasienne et Philippine sont en contact les unes avec les autres. Le nord du Japon se trouve en grande partie au-dessus de la pointe occidentale de la plaque Nord-américaine. Le sud du Japon, quant à lui, occupe essentiellement la plaque Eurasienne.

 

L’épicentre du séisme du 11 mars se trouvait à 373 km au NE de Tokyo et à 130 km à l’est de Sendai, dans l’Océan Pacifique, près de la Fosse du Japon. Cette dernière est une zone de subduction où la plaque Pacifique (plus lourde car elle supporte le poids de l’océan) plonge sous la plaque nord américaine. C’est cette poussée colossale qui a fait se soulever la plaque nord-américaine lors du séisme.

 

En moyenne, la plaque Pacifique se déplace vers l’ouest à raison de 8 – 9 centimètres par an. C’est ce qui explique en partie le volcanisme linéaire à Hawaii mais aussi les nombreux séismes – parfois catastrophiques – qui se produisent  au Japon.

 

La rupture de faille qui a eu lieu le 11 mars s’est faite sur 322 km, le long d’une faille sous-marine d’environ 354 km de long sur une centaine de km de large. Les séismes qui se produisent à une telle échelle sont d’une extrême violence et on a du mal à s’imaginer les forces en présence. Ainsi, le séisme japonais a déplacé l’axe de la Terre, fait s’accélérer la rotation de la Terre et raccourci la journée de 24 heures de 1,8 millisecondes ! La plaque nord-américaine s’est déplacée d’environ 20 mètres entraînant avec elle toute l’île d’Honshu qui s’est déplacée d’environ 2,40 mètres !

 

Je ne reviendrai pas sur le tsunami qui a suivi le séisme, avec toutes les conséquences que l’on sait. Le séisme s’est produit à seulement 24 km de profondeur. Quand le plancher océanique s’est soulevé et s’est écarté du Japon, l’énergie libérée a donné naissance à deux vagues d’une hauteur de six mètres qui, tels des rouleaux compresseurs, ont tout écrasé sur leur passage.

 

Comme je l’écrivais au début de cette note, le volcanisme est étroitement lié à la tectonique des plaques. Deux jours après le séisme japonais, le volcan Kirishima sur l’île de Kyushu a connu une brève mais violente crise explosive. Le volcan étant déjà en période éruptive, il est difficile, voire impossible, de dire si ce brusque accès de colère a un lien avec le séisme du 11 mars. Au moment où j’écris ces lignes, aucun autre volcan de la région n’est entré en éruption.

 

Suite au séisme et au tsunami du 11 mars, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a subi de gros dégâts et les Japonais rencontrent d’énormes difficultés pour refroidir les réacteurs et éviter une contamination à grande échelle. Sans entrer dans la polémique sur le « pour ou contre le nucléaire », on peut tout de même s’étonner qu’un pays comme le Japon, exposé à de violents séismes, ait construit 17 centrales nucléaires sur son territoire ! D’autres pays dans une situation sismique analogue sont restés plus prudents à ce niveau. La Nouvelle Zélande, par exemple, a refusé de se lancer dans l’électronucléaire et produit une partie de son électricité à partir de la géothermie. En revanche, on peut s’étonner quand l’Agence pour l’Energie Nucléaire Indonésienne (BATAN) déclare – depuis le séisme japonais – que de nombreux sites tels que Kalimantan, Bangka ou la côte nord de l’île de Java  conviendraient parfaitement à l’implantation de centrales nucléaires car ils ne sont pas exposés aux séismes, aux tsunamis ou aux éruptions volcaniques !

Pour terminer ce propos, voici un extrait de ce que déclarait Haroun Tazieff le 31 juillet 1977 dans un article du journal Le Monde que le quotidien a de nouveau publié dans son magazine du 26 mars 2011 :

« Aujourd’hui, c’est une catastrophe d’envergure […] que l’on prépare en cherchant à nous imposer un programme électronucléaire tel qu’aucun autre pays civilisé n’en voudrait. Comme dirait Alain Peyrefitte (à propos de la ligne Maginot), « c’est un chef d’œuvre coûteux, inadapté, inutile ». Coûteux car il se chiffrera par centaines de milliards de francs. Inadapté car, concentré le long des fleuves, dont il massacrera les vallées et mettra en danger les grandes cités, il obligera à transporter au loin le courant produit délibérément en excès, ce qui justifiera la construction de nouvelles, gigantesques et onéreuses lignes à haute tension. Inutile, car il est faux de prétendre que nous manquons d’énergie [….] Il est faux de prétendre qu’il faille toujours plus d’électricité, comme il est faux de prétendre qu’il n’y a plus, en France, d’autres possibilités hydroélectriques, que le charbon n’est pas rentable, que les énergies nouvelles – solaire, géothermique, marémotrice entre autres – ressortissent de la rêverie, sinon de la science-fiction. Auteur, en 1959, du premier projet d’utilisation d’énergie géothermique – en territoire français d’outre-mer – je me suis entendu répondre par les autorités « compétentes » d’EDF que la géothermie, ce n’était « pas sérieux »…Ce que j’ai pu traduire plus tard, lorsque l’expérience m’eut dessillé les yeux, par « pas susceptible d’enrichir davantage les sociétés pétrolières »….

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgDepuis hier matin vers 10 heures (heure locale), la lave a fait sa réapparition dans le Pu’uO’o, signalée en cela par une phase de gonflement qui avait eu lieu également, quelques heures auparavant au niveau de l’Halema’uma’u où on aperçoit de nouveau la lave au fond du pit crater. Elle demeure toutefois à grande profondeur et, comme le gonflement s’est stabilisé, il n’est pas sûr que son niveau s’élève beaucoup dans la bouche. S’agissant du Pu’uO’o, la source de la lave se trouve dans la partie N du cratère. Un bel épanchement de lave se dirige vers le SE de la bouche.

 

drapeau anglais.jpgYesterday at 10:00 a.m. or so (local time), lava returned to Pu’u ‘O’o Crater with an inflation episode that occurred as well at Halema’uma’u so that lava can again be seen at the bottom of the pit crater. However, it is still very deep and it should not rise much higher as the inflation phase seems to have stabilised. As far as Pu’uO’o is concerned the source of lava lies in the north-western part of the crater and a wide well-fed flow is spreading SE.

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Avec l’aimable autorisation du HVO

Santiaguito (Guatemala)

drapeau francais.jpgDans le dernier bulletin du GVN, le Santiaguito fait partie – avec le Karangetang et le Kilauea – des volcans dont l’activité mérite notre attention. A la mi-mars, le volcan produisait encore des avalanches de blocs et des coulées pyroclastiques, en particulier sur son versant est. Les explosions au niveau du dôme Caliente généraient des panaches de cendre d’une hauteur de 700 à 800 mètres au-dessus du cratère.

 

drapeau anglais.jpgSantiaguito is, with Karangetang and Kilauea, one of the volcanoes whose activity was given priority by the GVN’s latest activity report. By mid-March, the volcano still produced avalanches and pyroclastic flows that travelled down the eastern flank. Explosions at the Caliente dome generated ash plumes that rose 700-800 metres above the crater.  

Mont Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgUne somme d’un million de dollars vient d’être allouée pour améliorer le système de détection d’éruptions sur le Mont Ruapehu, afin d’apporter une meilleure sécurité aux skieurs et à ceux qui font l’ascension du volcan.

Des instruments de haute technologie seront enterrés près du sommet, à 2500 mètres d’altitude, dans un bunker destiné à mettre cet équipement à l’abri des éruptions. Ce dernier devrait détecter les éruptions de manière plus fiable et avertir les personnes menacées.

Le Ruapehu est le volcan le plus actif de Nouvelle Zélande. Sa dernière éruption en 2007 a failli tuer deux alpinistes et un dameur de pistes présents sur le volcan au moment de l’événement.

Il ne faudrait toutefois pas oublier que les lahars du Ruapehu ont tué plus de personnes que les éruptions. Le 24 décembre 1953, la catastrophe de Tangiwai a été causée par un lahar qui a tué 151 passagers d’un train.  

Le 18 mars 2007, le barrage de téphra qui retient le lac de cratère a de nouveau lâché et envoyé un lahar sur le flanc de la montagne. Heureusement, cette fois-ci, il n’y a pas eu de gros dégâts, ni de blessés.

Source: Manawatu Evening Standard

 

 

drapeau anglais.jpgA $1 million upgrade of the early warning eruption detection system on Mt Ruapehu is intended to provide a more reliable service to skiers and climbers.

Sophisticated equipment positioned near the summit will be buried down a 50-metre borehole in a bunker at an altitude of 2500 metres to protect the equipment from an eruption.

The upgraded equipment is supposed to detect any eruptions more reliably and convey warnings to those in immediate risk.

Mt Ruapehu is the most active volcano in New Zealand and it last erupted in 2007, almost killing two climbers and a snow groomer on the mountain.

However, one should remember that lahars have been more deadly than eruptions. On December 24th 1953, the Tangiwai disaster was caused by a lahar that killed 151 train passengers.

On March 18th 2007, the tephra dam which had been holding back the crater lake burst again, sending a lahar down the mountain. This time no serious damage was done and no one was injured.

Source: Manawatu Evening Standard

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Lac de cratère au sommet du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)