Un rapport scientifique qui vient d’être publié dans le bulletin Proceedings of the National Academy of Sciences révèle que l’arrêt du trafic aérien – et la panique que cela a provoqué dans les aéroports – en avril 2010, suite à l’éruption de l’Eyjafjallajökull, était justifié.
Les chercheurs ont analysé des échantillons de cendre du volcan et ont eu la confirmation qu’ils étaient susceptibles de causer une catastrophe. En effet, ces fragments très abrasifs auraient pu endommager les vitres des cockpits au point de rendre nulle la visibilité et ils étaient susceptibles de bloquer les moteurs des avions.
Il est écrit dans le rapport que ces résultats d’analyses pourraient servir de référence pour la conduite à tenir lors de futures éruptions.
Cette étude entraîne de ma part un certain nombre de remarques :
Comment se fait-il que ces conclusions ne parviennent que plus d’un an après l’événement? Il n’est pas besoin d’être un éminent scientifique pour se rendre compte que les cendres volcaniques – celles de l’Eyjafjallajökull en particulier – sont abrasives. Un simple examen au microscope le montre en quelques minutes !!
S’agissant du blocage des moteurs, l’étude fait référence aux problèmes rencontrés par les pilotes lors de l’éruption du Galunggung en 1982, mais elle ne fait aucune allusion aux résultats obtenus avec des avions « renifleurs de cendre » durant l’éruption islandaise de 2010 ! Ces tests s’étaient révélés relativement négatifs car les dégâts subis par les appareils étaient jugés négligeables.
Pour terminer, aucune comparaison n’est faite entre la densité de cendre dans les panaches de l’Eyjafjallajökull et dans ceux du Galunggung. Comme plusieurs scientifiques l’ont fait remarquer à l’époque de l’éruption islandaise, l’arrêt du trafic aérien était justifié lors de la première phase de l’éruption mais l’était beaucoup moins par la suite.
Reste à savoir maintenant quelle sera l’attitude des compagnies aériennes si une nouvelle éruption de ce type se produit ! Je ne suis pas certain qu’elles suivront les conclusions de cette étude scientifique ! Il ne faudrait pas oublier que les panaches de cendre de l’Eyjaflallajökull n’ont rien à voir avec ceux de volcans comme le Mont St Helens ou le Merapi (dont la dernière éruption n’a que très peu perturbé le trafic aérien en Asie). Il est fort à parier que des compagnies comme Air France, British Airways ou la Lufthansa ne sont pas prêtes à connaître de nouvelles pertes financières s’il n’est pas prouvé de manière irréfutable (ce qui n’a pas été le cas en 2010) que leurs passagers sont mis en danger.
Le calme est revenu sur l’Etna après le bref épisode éruptif du 10 avril dont on peut voir les traces sur l’image satellite mise en ligne par la NASA. 51 jours s’étaient écoulés entre cette dernière colère du volcan et la précédente qui avait eu lieu le 18 février 2011. Il y a de fortes chances pour que l’Etna se manifeste à nouveau d’ici quelques semaines (en juin ?), lorsque la pression des gaz sera suffisante. On peut imaginer que le Cratère SE sera à nouveau le siège de cet événement.
The situation is quiet again on Mount Etna after the short eruptive episode that occurred on April 10th and that can be seen on NASA’s satellite image here below. The time span with the previous eruption (February 18th) was 51 days and the odds are that another eruption will take place in a few weeks (some time in June?) once gas pressure is sufficient. The SE Crater will probably be again the seat of the event.

Dans sa mise à jour de samedi, le PHILVOCS indique que le réseau sismique a enregistré 19 secousses durant les dernières 24 heures. L’un de ces événements, enregistré à 0h23 dans le secteur SE de Volcano Island, avait une magnitude de M 2. Une autre secousse de M 3 a été détectée dans la partie NE de l’île à 4h31. Elle s’accompagnait de grondements. Cette sismicité et l’augmentation des émissions de CO2 montrent qu’il y a une intrusion de magma sous le Taal où le niveau d’alerte est maintenu à 2.
In its Saturday’s update, PHILVOCS indicates that the seismic network recorded 19 volcanic earthquakes during the past 24 hours. One of these events, which occurred at 12:23 midnight, was felt at Intensity II on the south-eastern part of the Volcano Island. Another event was felt at Intensity III at 4:31 a.m. Saturday on the north-eastern part of Volcano Island, accompanied by rumbling sounds. The alert level is kept at 2, with the interpretation that magma has been intruding towards the surface, as manifested by the increase in CO2 emissions and sustained seismic activity.