Depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull et les tracas qu’elle a causés au trafic aérien en Europe, l’Islande est l’objet de toutes les attentions. Le moindre soubresaut met la presse en émoi et tout le monde se demande si on ne va pas se trouver à nouveau confronté à un nuage de cendre en plein été, au moment où le trafic aérien est le plus intense de l’année.
Les derniers événements confirment ce que je viens d’écrire. L’inondation qui a emporté un tronçon de la route n°1 le 9 juillet a fait craindre un réveil du ‘terrible’ Katla. Les journalistes étaient dans les starting-blocks, prêts à rivaliser de formules fracassantes pour vendre journaux et magazines ! En fait, l’événement a fait « pschitt! » et rien ne prouve qu’il y ait eu une éruption, si petite soit-elle. Il s’est agi probablement de la vidange d’une poche d’eau de fonte sous la glace du Myrdalsjökull, sous l’effet d’une possible montée en chaleur sous ce glacier, comme cela se produit très fréquemment en Islande.
Le 12 juillet au soir, un phénomène identique s’est produit au niveau du volcan Loki-Fögrufjöll sur le Vatnajökull. Un important déversement d’eau en provenance du glacier a fait brutalement déborder la rivière Svedja dont le niveau est monté de 70 centimètres. Là encore, aucun signe éruptif n’a été détecté. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai pas mentionné cet événement dans mon blog.
Début juillet, suite à des déformations de l’Hekla, les volcanologues et la presse annonçaient « une éruption à court terme », mais l’affaire est restée sans suite.
Il faudrait arrêter de fantasmer chaque fois qu’un séisme ou un gonflement de rivière se produit en Islande ; la terre y tremble des dizaines de fois chaque jour sans annoncer pour autant une éruption volcanique. Il ne faudrait pas oublier que l’Islande se situe sur la dorsale médio-atlantique, à la frontière de deux plaques tectoniques qui sont en mouvement permanent l’une par rapport à l’autre.
Lorsque l’on randonne en Islande le long d’un glacier, il n’est pas rare de sentir des odeurs de soufre ou d’hydrogène sulfuré, signe que le feu de la terre couve à faible profondeur. Il faut d’ailleurs être sur ses gardes car une montée des eaux peut intervenir à tout moment. (J’ai personnellement assisté au phénomène le long du Vatnajökull dans les années 1980). Mais de là à craindre une éruption, il y a une grande marge !
Certes, le Katla, l’Hekla et les autres sont des volcans actifs qui peuvent se réveiller à tout moment, mais il faudrait arrêter d’ameuter les foules à la moindre vibration!
Sur son site Intermet ; l’Icelandic Met Office a dressé la liste des éruptions dans le pays depuis 1902 :
2011 : Grimsvötn
2010 : Eyjafjallajökull
2004 Grímsvötn
2000 Hekla
1998 Grímsvötn
1996 Gjálp
1991 Hekla
1984 Krafla
1983 Grímsvötn
1981 Krafla 2 eruptions
1981 Hekla
1980 Hekla
1980 Krafla 3 eruptions
1977 Krafla 2 eruptions
1975 Krafla
1973 subaquatic eruption 5 km south of Landeyjar coast
1973 Heimaey
1970 Hekla
1963-1967 Surtsey
1961 Askja
1947 Hekla
1938 Grímsvötn
1934 Grímsvötn
1933 Grímsvötn
1929 Askja
1927 Askja
1926 northeast of Eldey
1924 Askja
1923 Askja
1922 Askja 2 eruptions
1922 Grímsvötn
1921 Askja
1918 Katla
1913 Austan Heklu
1910 Þórðarhyrna
1903 Þórðarhyrna
1902 Grímsvötn

Le Lokon a connu une nouvelle crise éruptive avec trois explosions qui ont fait fuir de nombreux habitants. La première explosion a eu lieu le 14 juillet à 22h46 et les suivantes un peu après minuit et à 1h 10 le 15 juillet. 500 personnes ont rejoint 2000 autres qui avaient déjà été évacuées mercredi. Il n’est fait état d’aucune victime.
Mount Lokon went through a new eruptive episode with three explosions that caused many villagers to flee. The first explosion occurred on July 14th at 22:46 and the others on July 15th after midnight and at 1:10. 500 people who live along the mountain’s slopes joined 2,000 others who were evacuated on Wednesday. There are no reports of casualties.
La dernière activité du Cratère SE le 9 juillet (le 5ème paroxysme de l’année) a quelque peu occulté un autre événement sur l’Etna : la reprise d’activité de la Bocca Nuova ; En effet, deux jours après le paroxysme du Cratère SE, cette bouche a commencé à montrer une activité strombolienne, ce qu’elle n’avait pas fait depuis plus de 10 ans. Ce réveil était annoncé depuis le 14 juin par l’émission de nuages de cendre qui indiquait que la Bocca Nuova était en train de nettoyer ses conduits. Le 11 juillet au soir, une première incandescence était visible grâce aux webcams et le lendemain, on pouvait voir cette lueur depuis les bourgades sur les pentes du volcan. Le 13 juillet au soir, Boris Behncke (INVG de Catane) s’est rendu sur la lèvre de la Bocca Nuova où il a pu observer et admirer une intense activité strombolienne à partir d’une bouche située à proximité du « diaphragme » qui sépare la Bocca Nuova de la Voragine. Les matériaux expulsés retombaient dans le cratère. On peut voir une photo de cette activité strombolienne à cette adresse :
The latest activity at the SE Crater on July 9th has somewhat overshadowed another event on Mount Etna: a new activity at Bocca Nuova. Indeed, two days after the paroxysm at the SE Crater, this crater started to show some strombolian activity which had not been seen for more than 10 years. This awakening had been heralded since June 14th by ash emissions indicating that Bocca Nuova was clearing its throat. On July 11th in the evening, some incandescence could be seen on the webcam images; the next day, the glow was visible with the naked eye from the villages on the slopes of the volcano. On July 13th in the evening, Boris Behncke (INGV Catania) visited the Bocca Nuova and could observe an intense strombolian activity from a vent located close to the « diaframma » that separates the Bocca Nuova from the Voragine. The ejected materials were falling inside the crater. One can see a photo of yesterday’s activity at this address: