Dans ma dernière note à propos du Galeras (Colombie), je mentionnais la présence de séismes de type « tornillo », souvent annonciateurs d’événements explosifs violents sur ce volcan. Plusieurs blogonautes m’ont demandé des éclaircissements sur le mot « tornillo » qui signifie « vis » en espagnol.
Les « tornillos » sont des séismes volcaniques longue période d’une durée de plusieurs minutes dont l’amplitude décroît avec un « signal en forme de vis », d’où le nom qui leur a été donné. Ils représentent l’éclatement des roches encaissantes suite à l’augmentation de pression des fluides lors de la progression du magma dans la croûte.
S’agissant du Galeras, on a remarqué qu’il y avait souvent une corrélation entre le nombre de « tornillos » pré-éruptifs et le volume de matériaux éjectés pendant l’éruption. Cela pourrait indiquer une relation entre le volume de magma présent durant l’intrusion et le nombre de « tornillos ». Ces signaux sismiques ont été repérés pour la première fois sur des volcans comme le Redoubt en Alaska ou le Nevado del Ruiz en Colombie. On les a, par la suite, identifiés sur le Mont St Helens avant l’éruption de 2004. On a reproché à Stanley Williams d’avoir ignoré leur présence sur le Galeras lors de l’explosion de 1993 qui a entraîné la mort de 6 scientifiques et 3 touristes.
Voici un exemple de « tornillos » visible sur l’excellent site Internet d’Erik Klemetti :
http://www.wired.com/wiredscience/eruptions
