Pour faire écho au dernier commentaire relatif au 16ème paroxysme « vécu en direct sur place », il est vrai que l’on ressent une certaine frustration quand on a fait le voyage depuis la France et que l’on ne peut pas apprécier « le plat de résistance » à cause des mauvaises conditions météo. C’est d’autant plus rageant que, comme je l’ai fait remarquer, les nuages sont partis alors que l’événement touchait à sa fin !
A mon avis, il y aura d’autres déceptions et frustrations dans les semaines à venir. Avec 16 paroxysmes successifs, l’Etna ne va pas tarder à entrer dans le Livre des Records. En me fiant à ma mémoire, je ne me souviens pas d’une telle répétition au cours des dernières décennies. Mis à part le laps de temps entre les paroxysmes, le volcan se comporte comme le Vieux Fidèle à Yellowstone, avec une masse de lave propulsée périodiquement par les gaz comme l’eau de l’Old Faithful jaillit sous la poussée de la vapeur.
Il ne faut pourtant pas se faire d’illusions. Cette série de paroxysmes prendra fin un jour ou l’autre et des personnes seront frustrées et déçues car elles se seront déplacées pour rien. Comme le faisait remarquer l’ami Boris Behncke (INGV Catane) il y a quelque temps, ces paroxysmes peuvent déboucher sur une éruption de plus grande ampleur. Il se peut aussi que la poche magmatique superficielle qui s’est formée sous l’Etna se tarisse et que rien d’autre ne se passe. Personne n’est capable aujourd’hui de prévoir la suite des événements et c’est très bien !