Sismicité dans le Nevada (Etats Unis)

drapeau francais.jpgLe Nevada n’est pas connu pour être l’état le plus volcanique des Etats-Unis. Le seul volcan actif que l’on puisse y observer actuellement se trouve à Las Vegas devant l’hôtel Mirage où les gerbes et coulées artificielles font le bonheur des touristes en fin de soirée dans la capitale du jeu. 

Pourtant, le Nevada recèle la zone de volcanisme ancien de l’Aurora Field dont la dernière activité remonte à 250 000 ans. On comprend donc l’inquiétude des habitants de la ville de Hawthorne où plus de 400  séismes ont été enregistrés au cours des dernières semaines, sans que leur source ait été définie avec précision. Les scientifiques ne pensent pas que cette sismicité annonce une prochaine éruption et, selon eux, si cette dernière devait avoir lieu, elle serait de faible ampleur. Les dernières manifestations éruptives de l’Aurora Field se sont limitées à de petits cônes de cendre et des épanchements de lave. Il faut remarquer par ailleurs que ce n’est pas la première fois que des essaims sismiques sont observés dans le Nevada et aucun d’eux n’a été suivi pas une activité éruptive.

 

drapeau anglais.jpgNevada is not known for being the most volcanic state of the United States. The only active volcano that can be currently observed is located in Las Vegas in front of the Mirage hotel where artificial ejections and flows are enjoyed by tourists every evening.

However, Nevada possesses the ancient volcanic area of Aurora Field which has not been active for 250,000 years. Therefore, one can understand the anxiety of the residents of Hawthorne where more than 400 earthquakes were recorded in the past weeks and no one is quite sure what the source of the seismicity might be. Scientists do not think a volcanic eruption is likely and, should it occur, it would probably be something small, such as small cinder cones or fissure lava flows. This is not the first time seismic swarms have been observed in Nevada and, up to now, none of them has ever heralded an eruption!

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Le « volcan » de Las Vegas (Photo: C. Grandpey)

 

 

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgLa température du lac de cratère du Ruapehu est en baisse. Elle est actuellement de 33°C, après avoir atteint 41°C le mois dernier. Les instruments en place sur le volcan confirment d’ailleurs cette baisse d’activité. Toutefois, la couleur du niveau d’alerte est maintenue au Jaune car des émissions de vapeur restent possibles et la couleur de l’eau est susceptible de changer si les gaz et les flux thermiques agitent les sédiments au fond du lac.

A noter que le Ruapehu sera bientôt doté d’un nouveau radar doppler qui permettra aux volcanologues de l’Université Massey en Nouvelle Zélande et à ceux de l’Université d’Hambourg en Allemagne de contrôler les moindres soubresauts du volcan.  

Installé sur le domaine skiable de Whakapapa (station de sports d’hiver particulièrement laide !), l’instrument dispose d’une antenne radar de 1,20 mètre de diamètre qui concentre son faisceau étroit juste au-dessus du lac de cratère. Ainsi, il sera possible de détecter directement les particules volcaniques qui s’en échappent, souvent à raison de plusieurs centaines de mètres par seconde. Le radar se moque de l’obscurité, des nuages et du brouillard et peut donc donner en permanence des indications fiables en période éruptive, même si le sommet est invisible depuis le pied du volcan. Un bémol toutefois : les scientifiques devront attendre la prochaine manifestation du volcan pour calibrer l’appareil qui est également en train d’être testé sur le Stromboli en Italie.   

 

drapeau anglais.jpgMount Ruapehu is slowly cooling down after its Crater Lake peaked at 41°C last month. The temperature of the lake has now fallen to about 33°C and other monitored indicators show less activity. However, the alert level remains on Yellow as steam might be seen above the crater and the lake colour might change if lake sediments were disturbed by gas and heat flows.

Meanwhile, Mount Ruapehu will soon be fitted with a new Doppler radar system that will allow volcanologists from Massey University and the University of Hamburg in Germany to record every explosive burst from the active volcano.  

Located on the Whakapapa skifield (an ugly winter sport resort!), the instrument has a 1.2-metre diameter radar dish that focuses its narrow beam precisely over the crater lake. It should directly detect the volcanic particles thrown out of the crater lake, often at several hundred metres per second. The radar penetrates through darkness, clouds and mist and could give reliable and rapid eruption warnings even if the summit could not be seen. However, scientists will have to wait for the next eruption of Mount Ruapehu to calibrate the instrument. Similar equipment is being tested at Stromboli in Italy.

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Le Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Taal (Philippines)

drapeau francais.jpgOn peut lire dans la dernière mise à jour du PHILVOCS en date du 18 avril que 21 séismes d’origine volcanique ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures. Un de ces événements, de magnitude M 2, a été ressenti par la population. La température de l’eau du lac a légèrement augmenté, de 29,8°C à 30,1°C. Il est rappelé que les émanations de CO2 mesurées en janvier, février et mars 2011 atteignaient respectivement 2250, 1875 et 4670 tonnes par jour. La zone autour de Volcano Island a légèrement gonflé entre le 5 et le 11 avril, comparé aux mesures précédentes effectuées en février.

Le Taal est maintenu en alerte de niveau 2. Une dépêche de l’AFP indique que les autorités philippines ont évacué près de 1400 personnes dans des villages autour du volcan.

 

drapeau anglais.jpgOne can read in the latest update (April 18th 2011) released by PHILVOCS that 21 volcanic earthquakes were recorded during the past 24 hours. One of these events (M 2) was felt by residents. Water temperature at the Main Crater Lake slightly increased from 29.8°C to 30.1°C.  We are reminded that gas measurements conducted at Taal Main Crater Lake last January, February and March 2011 yielded CO2 emission values of 2,250, 1,875 and 4,670 tonnes per day respectively.  The area around Volcano Island between April 5th and 11th slightly inflated as compared with the previous February survey.

Taal remains at Alert Level 2. An AFP press report indicates that Philippine authorities have evacuated nearly 1,400 people from villages around the volcano

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

La situation n’évolue guère sur le Kilauea, avec une certaine stabilité du tiltmètre du Pu ‘uO’o et une accumulation de phases de gonflement et de dégonflement au niveau de l’Halema’uma’u (voir graphique ci-dessous). Ces dernières traduisent une grande irrégularité dans l’alimentation du lac de lave au fond du pit crater. On l’aperçoit nettement sur les images de la webcam pendant les épisodes d’inflation et on le perd de vue pendant les phases de déflation.

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Tiltmètres de l’Halema’uma’u (en vert) et du Pu’uO’o (en bleu)
(Avec l’aimable autorisation du HVO)

Alors que l’on peut parler de lac de lave dans l’Halema’uma’u, on peut difficilement utiliser cette expression pour le Pu’uO’o où l’on a davantage affaire à un épanchement de lave sur le plancher du cratère.

Pour qu’un lac de lave se forme, il faut que l’alimentation soit soutenue et constante, avec production d’une lave à très haute température qui assure sa fluidité. De plus une bonne alimentation  permet l’accumulation d’une grosse quantité de lave fluide qui va ensuite se mettre en mouvement sous l’effet de la pression générée par cette alimentation. On va alors observer des courants de convection, comme c’est le cas dans le pit crater de l’Halema’uma’u où l’on voit parfaitement ce phénomène. La formation d’un lac de lave dans l’Halema’uma’u est facilitée par la morphologie du pit crater dont la taille relativement réduite permet une meilleure concentration de la lave et son maintien à haute température.

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Lac de lave dans l’Halema’uma’u (Avec l’aimable autorisation du HVO)

La situation est différente dans le Pu’uO’o où l’alimentatHon n’avait pas une vigueur suffisante jusqu’à présent pour produire la quantité de lave nécessaire à la formation d’un lac. Même si l’on observe de temps à autres des zébrures à la surface de la lave, celle-ci ne fait que s’épancher au fond du cratère et sa quantité est trop faible pour que la pression de la source d’alimentation génère des courants de convection.

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Epanchement de lave dans le Pu’uO’o (Avec l’aimable autorisation du HVO)

Le dernier lac de lave digne de ce nom dans le Pu’uO’u  s’est vidangé en 2008. J’ai eu personnellement la chance de l’observer en 2006, un soir où sa surface était agitée de vagues dont le bruit rappelait celui du ressac de l’océan à une douzaine de kilomètres en aval. Auparavant, j’ai vu le lac de lave du Kilauea en 1996 ; il présentait l’aspect classique des lacs de lave, comme ceux de l’Erta Ale ou du Nyiragongo, avec des plaques de lave refroidie se déplaçant à sa surface et, de temps en temps, de petites fontaines de lave.

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Lac de lave du Pu’uO’o en 1996 (Photo: C. Grandpey)
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Lac de lave dans le Pu’uO’o en 2006 (Photo: C. Grandpey)

A noter par ailleurs qu’il n’y a pas actuellement de coulées de lave sur les flancs du Kilauea. De toute évidence, la pression n’est pas suffisante sur l’East Rift Zone pour permettre au magma de percer la surface. Les émissions de SO2 sont très basses dans ce secteur du volcan, ce qui montre que la lave demeure en profondeur.