Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

On peut lire dans la presse américaine que la NASA doit faire voler au cours de la semaine prochaine, à 12 000 mètres d’altitude, un avion Gulfstream III équipé d’un radar à ouverture synthétique destiné à mieux comprendre ce qui se passe en profondeur sous le volcan Kilauea à Hawaii. Le radar interférométrique à ouverture synthétique (UAVSAR) est un appareil de haute technologie capable de détecter les plus infimes déformations du sol. Il est également utilisé dans l’étude des glaciers, séismes et autres glissements de terrain.

Le radar effectuera les mêmes mesures qu’en 2010 où il avait détecté au cours d’une journée le dégonflement de la caldeira, alors que le volcan traversait plusieurs épisodes successifs de gonflement et dégonflement. Cette fois, la technologie utilisée devrait être encore plus performante. L’intérêt de la mission est en particulier d’examiner la fracture qui s’est ouverte en mars pendant l’éruption de Kamoamoa. On pourra voir si cette fracture est en phase évolutive et comment le magma s’est injecté pour déclencher l’éruption.  

Personnellement, je pense que cette mission est intéressante et viendra en complément des informations données par les sismographes et les tiltmètres en place sur le Kilauea. Je pense toutefois que les conclusions ne permettront pas d’aller plus loin et de prévoir l’évolution de l’éruption. Les derniers événements ont montré que l’alimentation volcanique du Kilauea était relativement complexe avec des phases de connexion et de rupture de l’alimentation entre la zone sommitale et l’East Rift Zone.

Activité explosive sur les dorsales médio-océaniques?

drapeau francais.jpgDes géologues de l’Université McGill à Montréal (Canada) ont découvert de fortes concentrations de CO2 au niveau des dorsales médio-océaniques, ce qui confirmerait la nature explosive de certaines éruptions sous-marines.

On sait depuis longtemps qu’une grande partie de l’activité volcanique sur Terre (entre 75 et 80%) se déroule à grande profondeur, le long des dorsales médio-océaniques. On sait également que la plupart de ces volcans ont une activité essentiellement effusive plutôt qu’explosive du fait de la quantité de gaz magmatique (à base, essentiellement, de CO2) relativement faible et de la pression de l’eau beaucoup trop forte. Au cours de la décennie écoulée, plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse, en s’appuyant sur les dépôts de cendre observés sur certains sites, selon laquelle une activité explosive était également possible au niveau des volcans sous-marins. Toutefois, cela n’avait jamais été vraiment prouvé.  

En utilisant une microsonde ionique, des étudiants en géologie de l’Université McGill ont découvert de très fortes concentrations de CO2 dans des gouttelettes de magma emprisonnées dans des cristaux en provenance de dépôts de cendre volcanique sur le Volcan Axial, sur la dorsale Juan de Fuca, au large des côtes de l’Oregon.

Ces gouttelettes emprisonnées représentent l’état du magma avant l’éruption. Ainsi,  ces étudiants et d’autres chercheurs appartenant à des instituts océanographiques sont parvenus à prouver que les volcans des profondeurs peuvent produire des éruptions explosives. Leurs travaux indiquent également que la libération de dioxyde de carbone provenant du manteau inférieur dans l’atmosphère terrestre est beaucoup plus importante qu’on ne l’avait imaginé, du moins dans certaines parties des dorsales océaniques.

Étant donné que ces dorsales constituent le système volcanique le plus vaste sur Terre, cette découverte a des retombées importantes – qui restent à étudier – sur le cycle mondial du carbone.

Source : Science Daily.

 

drapeau anglais.jpgGeology researchers from McGill University in Montreal (Canada) have discovered high concentrations of CO2 at mid-ocean ridges, which confirms the explosive nature of certain volcanic eruptions.

It is well-known that between 75 and 80 per cent of all volcanic activity on Earth takes place at deep-sea, mid-ocean ridges. Most of these volcanoes produce effusive lava flows rather than explosive eruptions, both because the levels of magmatic gas (most importantly CO2) tend to be low, and because the volcanoes are under a lot of pressure from the surrounding water.

Over about the last 10 years however, geologists have nevertheless speculated, based on the presence of volcanic ash in certain sites, that explosive eruptions can also occur in deep-sea volcanoes. But no one has been able to prove it until now.

By using an ion microprobe, McGill University students have discovered very high concentrations of CO2 in droplets of magma trapped within crystals recovered from volcanic ash deposits on Axial Volcano on the Juan de Fuca Ridge, off the coast of Oregon.

These entrapped droplets represent the state of the magma prior to eruption. As a result, these students and fellow researchers from oceanographic institutions have been able to prove that explosive eruptions can indeed occur in deep-sea volcanoes. Their work also shows that the release of CO2 from the deeper mantle to the Earth’s atmosphere, at least in certain parts of mid-ocean ridges, is much higher than had previously been imagined.

Given that mid-ocean ridges constitute the largest volcanic system on Earth, this discovery has important implications for the global carbon cycle which have yet to be explored.

Source : Science Daily.

Karangetang (Indonésie)

drapeau francais.jpgEntre le 21 et le 24 mars, le Karangetang projetait des matériaux incandescents à 50 – 75 m au-dessus du cratère. Des coulées de lave avançaient sur 2 km avec des avalanches sur les fronts de coulées et des blocs qui dévalaient jusqu’à 500 mètres de distance. En fin de journée le 24 mars, on a observé une baisse de la sismicité ainsi que du débit de la lave. En conséquence, le niveau d’alerte a été ramené à 3 (sur une échelle de 1 à 4).

Source : Global Volcanism Neywork.

 

drapeau anglais.jpgBetween March 21st and 24th, incandescent material from Karangetang was ejected 50-75 m above the crater. Lava flows traveled as far as 2 km and collapses from the lava-flow fronts generated avalanches that moved down the flanks up to 500 metres. By the end of the day, on March 24th, due to decreased seismicity and a decline in the lava-flow effusion rate, the alert level was lowered to 3 (on a scale of 1-4).

Source: Global Volcanism Network.