Dans un document que vient de publier l’Université de l’Utah, on apprend que des géophysiciens américains ont réalisé la première image à grande échelle de la conductivité électrique du panache gigantesque de roche en fusion (au moins partielle) qui alimente le « super volcan » de Yellowstone. Cette image montre que le panache est encore plus imposant que celui révélé par les images réalisées à partir des ondes sismiques.
Ces dernières avaient fait l’objet d’une étude en décembre 2009 et avaient permis de délimiter la « tuyauterie » qui alimente le volcan de Yellowstone. En effet, les ondes sismiques se déplacent rapidement à travers les roches froides et plus lentement à travers les roches chaudes. Les mesures de vitesse des ondes sismiques avaient donc permis d’obtenir une image en trois dimensions, tout comme les rayons X sont combinés pour réaliser un scan médical.
Les images obtenues à partir des données sismiques avaient révélé que le panache de roche en fusion à très haute température descendait de la surface en formant un angle de 60° et s’étirait sur une distance de 240 km en direction de l’ouest-nord-ouest pour plonger à une profondeur de 650 km à hauteur de la limite entre les états de Montana et de l’Idaho, limite au-delà de laquelle ne peut aller l’imagerie sismique.
Dans la dernière étude, les images de la conductivité électrique du panache montrent que la partie conductrice plonge de manière moins brutale, avec un angle de seulement 40° (au lieu de 60), en direction de l’ouest et s’étire sur une distance de 640 km d’est en ouest. L’image « géoélectrique », quant à elle, ne peut atteindre une profondeur supérieure à 320 km.
En dépit de ces différences, il s’avère que le corps qui conduit l’électricité se trouve sensiblement au même endroit et présente la même forme avec les deux types de mesures.
La dernière étude ne fait toutefois jamais état du risque d’éruption cataclysmale dans la caldeira de Yellowstone, comme cela s’est produit à trois reprises au cours des deux derniers millions d’années.
Le document de l’Université de l’Utah rappelle qu’il y a 17 millions d’années le panache éruptif qui se situe actuellement sous Yellowstone a entraîné une première éruption dans une zone qui se trouve de nos jours à la croisée des chemins des états d’Oregon, Idaho et Nevada. Tandis que la plaque nord-américaine se déplaçait lentement vers le sud-ouest en passant au-dessus du point chaud, plus de 140 éruptions ont eu lieu le long d’une ligne allant vers le nord-est dans la région actuelle de la Plaine de la Snake River, dans l’Idaho.
Le point chaud s’est finalement trouvé à la verticale de Yellowstone il y a quelque 2 millions d’années, produisant trois énormes éruptions il y a 2 millions, 1,3 millions et 642 000 ans. Deux de ces éruptions ont recouvert de cendre la moitié de l’Amérique du nord, avec des quantités 2500 et 1000 fois supérieures à celles émises par l’éruption du Mont St Helens en 1980. D’autre éruptions de moindre importance ont eu lieu entre ces deux événements et dans les années qui ont suivi, jusqu’à il y a 70 000 ans.
