L’activité effusive dans le monde

Où faut-il aller pour voir couler la lave en ce moment ?

C’est la question que viennent de me poser deux volcanophiles qui aimeraient s’inscrire à des voyages organisés par des agences spécialisées. Ils souhaiteraient choisir une destination où il y a autre chose à voir que de simples paysages et des panaches de vapeur ou de gaz.

En ce moment, l’activité effusive est réduite dans le monde.

En Europe, le Stromboli fait jaillir des gerbes de lave (assez modestes, d’après les rapports quotidiens de l’INGV), mais il n’y a pas de coulées de lave. Rien d’autre à se mettre sous la dent, que ce soit sur l’Etna, sur l’Ile de la Réunion ou aux Antilles.

A Hawaii, il y a un peu d’activité dans le Pu’uO’o et l’Halema’uma’u (zones interdites d’accès) et rien ailleurs sur le Kilauea. Aucune lave n’entre dans l’océan en ce moment. Néanmoins, la situation est susceptible d’évoluer très vite d’un jour à l’autre.

Aucune activité spectaculaire n’est observée ailleurs aux Etats-Unis.

En Amérique Centrale, le Pacaya (Guatemala) a, semble-t-il cesser de faire couler sa lave et il se contente de dégazer en ce moment.  Même l’Arenal (Costa Rica) est très calme, si l’on en juge par les derniers commentaires de voyageurs.

Au Vanuatu, le Yasur reste bien actif avec des explosions qui projettent des gerbes incandescentes, mais il n’y a pas de coulées. Toutefois, des chaudrons de lave sont visibles au fond du Marum et du Benbow. Prévoir des téléobjectifs pour les photographier correctement.

C’est sur le continent africain que vous pourrez voir les deux plus spectaculaires lacs de lave de la planète, mais pas coulées là non plus : Le Nyiragongo en République Démocratique du Congo, l’Erta Ale en Ethiopie.

L’activité volcanique est globalement peu intense en ce moment. Il faut être patient. Nul doute que des volcans comme le Kilauea, l’Etna ou le Piton de la Fournaise ont encore quelques beaux spectacles à nous proposer.

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En attendant le retour de la lave hawaiienne dans l’océan…
(Photo: C. Grandpey)

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgOn observe actuellement une montée en chaleur du Ruapehu, mais une éruption ne semble pas imminente. Les volcanologues du GNS ont observé une augmentation de la température de l’eau du lac qui était de 41°C le 1er mars et qui atteint 38-39°C actuellement. La température la plus élevée jamais relevée depuis le retour du lac dans le cratère en 2002 est de 42,5°C en mai 2003 et on a observé huit cycles de réchauffement du lac depuis 2002.

Des modifications sont également intervenues au niveau des émissions de CO2, de l’activité sismique qui a légèrement augmenté, et dans la composition chimique de l’eau du lac.

En conséquence, la couleur du niveau d’alerte pour l’aviation est passée du vert au jaune, mais le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1 sur une échelle de 4.

Le lac de cratère est un danger quasi permanent car on sait que la moraine qui le retient peut lâcher à tout moment et provoquer des lahars dévastateurs comme celui du 24 décembre 1953 qui a tué 151 passagers d’un train à Tangiwai. Des capteurs ont récemment été installés afin de mieux anticiper un possible effondrement de la moraine qui retient l’eau du lac.

Le Ruapehu est dans l’hémisphère sud (et non ‘nord’ comme écrit initialement!!!) , ce qui signifie que l’hiver et la saison de ski approchent. Des explosions soudaines du volcan ont récemment blessé des skieurs et aucun instrument n’est actuellement capable de prévoir de telles humeurs du volcan.

 

drapeau anglais.jpgMount Ruapehu’s Crater Lake is heating up, but there are no signs an eruption is imminent.

GNS Science volcanologists observed high water temperatures ranging from about 38-39°C today to 41°C on March 1st. Since the lake was re-established in 2002, the highest recorded temperature was 42.5°C in May 2003, and there have been eight heating cycles.

Changes have also recently occurred in CO2 emissions, seismic activity and Crater Lake water chemistry.

As a consequence, the aviation colour code has been raised to yellow while the volcanic alert level remains at level one, on a scale of 4.

The crater lake is another potential danger as collapses of the crater rim may trigger lahars like the one that killed 151 people on December 24th 1953 at Tangiwai. Sensors have recently been installed in order to anticipate a possible collapse of the wall of tephra that holds back the lake water.

Ruapehu is in the southern hemisphere, which means winter and the winter sport season are getting nearer. Sudden explosions of the volcano recently injured several skiers but no instrument is currently able to predict such unexpected events on a volcano.

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Le sommet du Ruapehu et le lac de cratère en février 2009.
(Photo: C. Grandpey)