On peut lire dans la presse américaine que la NASA doit faire voler au cours de la semaine prochaine, à 12 000 mètres d’altitude, un avion Gulfstream III équipé d’un radar à ouverture synthétique destiné à mieux comprendre ce qui se passe en profondeur sous le volcan Kilauea à Hawaii. Le radar interférométrique à ouverture synthétique (UAVSAR) est un appareil de haute technologie capable de détecter les plus infimes déformations du sol. Il est également utilisé dans l’étude des glaciers, séismes et autres glissements de terrain.
Le radar effectuera les mêmes mesures qu’en 2010 où il avait détecté au cours d’une journée le dégonflement de la caldeira, alors que le volcan traversait plusieurs épisodes successifs de gonflement et dégonflement. Cette fois, la technologie utilisée devrait être encore plus performante. L’intérêt de la mission est en particulier d’examiner la fracture qui s’est ouverte en mars pendant l’éruption de Kamoamoa. On pourra voir si cette fracture est en phase évolutive et comment le magma s’est injecté pour déclencher l’éruption.
Personnellement, je pense que cette mission est intéressante et viendra en complément des informations données par les sismographes et les tiltmètres en place sur le Kilauea. Je pense toutefois que les conclusions ne permettront pas d’aller plus loin et de prévoir l’évolution de l’éruption. Les derniers événements ont montré que l’alimentation volcanique du Kilauea était relativement complexe avec des phases de connexion et de rupture de l’alimentation entre la zone sommitale et l’East Rift Zone.