Les neiges du Kilimandjaro (Tanzanie)

Il n’est pas certain – comme dit la chanson – que les neiges du Kilimandjaro fasse « un blanc manteau » au volcan tanzanien pendant très longtemps. Selon une étude conduite par des chercheurs américains, la glace qui recouvre le sommet du point culminant de l’Afrique (5891 mètres) pourrait avoir disparu d’ici 13 à 24 ans. Les scientifiques accusent la hausse de la température, résultat du changement climatique, ainsi que des conditions météo plus sèches et moins nuageuses que dans le passé. Ils ont constaté que la montagne avait perdu 26 pour cent de sa couverture glaciaire entre 2000 et 2007. Ils font par ailleurs remarquer que le réchauffement aura non seulement un effet sur les glaciers, mais aussi sur le climat des basses pentes, là où habitent les hommes.

La disparition des glaciers risque également de freiner l’attrait touristique suscité par le Kilimandjaro. Il faut savoir que le volcan accueille chaque année quelque 40 000 visiteurs qui apportent une cinquantaine de millions de dollars à la Tanzanie.

Le Kilimandjaro n’est pas le seul exemple de glacier en perdition. Il y a quelques mois, j’ai mis en ligne des photos du Glacier des Bossons (près de Chamonix) qui montraient parfaitement que le glacier avait considérablement reculé, surtout  au cours des 20 dernières années.

De la même façon, j’ai observé ce phénomène inquiétant en Alaska. C’est ainsi que sous l’effet du réchauffement climatique, la vitesse de progression du Columbia Glacier s’est considérablement réduite ; à tel point que son front est en train de reculer. Il a perdu en moyenne 6 kilomètres par an depuis 1982 et est aussi moins épais. Au train où vont les choses, il est probable qu’il n’atteindra plus la mer dans quelques décennies.  Il y a une dizaine d’années, on pouvait marcher sur le Worthington Glacier (près de Valdez) en sortant de sa voiture. Aujourd’hui, le glacier a reculé de près de 200 mètres !

La faune subit elle aussi les effets du réchauffement climatique et du recul de la masse glaciaire. J’ai pu lire en septembre dans l’Anchorage Daily Newsqu’une centaine de morses venaient de périr noyés car ils n’avaient plus la force nécessaire d’atteindre la terre ferme depuis la banquise. Plus récemment, le gouvernement américain a décidé de protéger une partie de la banquise qui servira de refuge aux ours polaires dans les prochaines années.

Que ceux qui – comme Claude Allègre – réfutent la notion de  réchauffement climatique aillent visiter les zones glaciaires et ils se rendront très vite compte de la situation ! Qu’ils aillent au Canada jeter, par exemple, un coup d’œil au glacier Athabasca. Ayant perdu au cours des dernières décennies la moitié de son volume et connu un retrait de plus de 1,5 km, il fait place dans son sillage à un paysage lunaire de moraines rocheuses.

A mon avis, il est  déjà trop tard pour réagir. Banquise et glaciers se réduisent à une trop grande vitesse pour que l’on puisse inverser la tendance. Le risque principal, c’est que l’eau douce qui envahit actuellement les océans modifie le comportement des courants marins et génère une modification climatique de très grande ampleur contre laquelle l’homme ne pourra rien !

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 Glacier Athabasca (Canada)  [Photo: C. Grandpey]