Une étude récente sur le rift africain vient de confirmer l’hypothèse déjà émise par Haroun Tazieff dans les années 1950 : si le rift qui déchire l’Afar continue à s’élargir, il y a de fortes chances pour qu’un nouvel océan naisse dans cette partie du monde.
En septembre 2005, une nouvelle fracture s’est ouverte dans l’Afar, accompagnée par l’éruption avortée du volcan Dabbahu, à l’extrémité nord du rift. En effet, le magma n’a pas atteint la surface pour jaillir en fontaines de lave. Au lieu de cela, il s’est refroidi et solidifié en profondeur pour former une structure en forme de dyke dont le soulèvement a fracturé la surface et donné naissance à une faille de 500 mètres de long et 60 mètres de profondeur.
En analysant la séquence d’événements sismiques qui a accompagné la naissance de cette faille, des chercheurs américains et éthiopiens ont apporté une nouvelle preuve de la formation d’un rift continental généré par l’écartement des plaques arabique et africaine. Ils ont montré en particulier que la naissance d’un rift ne s’étalait pas forcément sur une très longue période comme en Islande. Leur étude révèle que la formation de dykes peut s’effectuer sur des étendues plus grandes et sur des périodes beaucoup plus courtes.
Même si le rift du Mont Dabbahu se situe encore à des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres, il n’est pas impossible qu’il continue à s’élargir et à s’étirer. Avec l’écartement des plaques arabique et africaine, il finira par ressembler à la morphologie de la Mer Rouge. Au final, lorsque le rift atteindra la côte orientale de l’Ethiopie, il sera envahi par la mer. Même si ce processus est plus rapide que dans d’autres parties du monde, les chercheurs éthiopiens et américains pensent qu’il prendra au moins 4 millions d’années dans cette région. Toutefois, il ne faut pas oublier que d’autres zones de l’Afar se trouvent en dessous du niveau de la mer et pourraient être plus rapidement envahies par la mer si une fracturation similaire de l’écorce terrestre s’y produisait.
Source : The New Scientist.
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