Vésuve (Italie)

Dans une étude publiée dans la très sérieuse revue Nature, deux géologues français affirment que le Vésuve ne serait peut-être pas aussi menaçant qu’on le pensait jusqu’à présent. Les scientifiques ont en effet reconstitué en laboratoire les conditions de température et de pression de la poche magmatique qui ont provoqué les principales éruptions explosives du volcan. Ils ont ainsi démontré que le réservoir magmatique n’a cessé de remonter vers la surface depuis Pompéi. En 79 après J.-C., il se trouvait entre 7 et 8 km de profondeur, mais 400 ans plus tard (au moment de l’éruption de Pollena), il se trouvait entre 3 et 4 km de profondeur.
Cette mobilité de la chambre magmatique va à l’encontre de la théorie admise jusqu’à présent selon laquelle les réservoirs ont une position fixe. La migration de la chambre magmatique vers la surface entre 6 000 ans et 460 après J.-C. va dans le sens de l’évolution actuelle du Vésuve. La poche magmatique n’est plus aussi volumineuse et n’est plus confinée à de grandes profondeurs, comme lors de l’éruption qui détruisit Pompéi.
Il semblerait donc que les risques d’explosion majeure s’éloignent. Mais tout n’est pas aussi simple. D’une part, il n’y a pas eu d’éruption depuis 1944, ce qui est peut-être dû à une obstruction de la cheminée, avec le risque d’explosion que cela suppose. D’autre part, des sondages sismiques récents ont détecté des signaux de réponses à 8 km de profondeur. On ne sait pas s’il s’agit de la présence d’un réservoir magmatique ou seulement de poches d’eau. De nouvelles recherches seront nécessaires pour connaître sa vraie nature.

Je pense, à titre très personnel, que l’on peut tirer une double conclusion de ce travail de recherche. En premier lieu, il met à mal les affirmations de ceux qui criaient haut et fort il n’y a pas si longtemps que la prochaine éruption du Vésuve serait identique à celle de 1631, avec des dizaines de milliers de victimes. Ces gens s’appuyaient sur des simulations informatiques, donc une science à mes yeux trop exacte par rapport au comportement très aléatoire des volcans.
D’autre part, il montre une fois de plus que nous sommes encore bien démunis dans le domaine de la prévision volcanique. Bien malin celui qui peut dire si la prochaine colère du Vésuve ressemblera à celle qui a détruit Pompéi en 79 après J.C., ou bien si elle sera une éruption mineure comme celle qui eut lieu en 1944 !

Une réflexion au sujet de « Vésuve (Italie) »

  1. Merci pour cet éclairage sur un volcan tout proche de nous et dont il est si difficile d’estimer les risques qu’il présentera s’il se « fâche ».

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