Llaima (Chili) :Le volcan reste très actif avec une activité strombolienne accompagnée de nuages de cendres s’élevant jusqu’à 6 km d’altitude. La semaine dernière, des coulées de lave descendaient les versants ouest et nord sur près de 2 km en générant des panaches de vapeur au contact d’un glacier. Selon la presse locale, les habitants de deux villages ont été évacués, puis autorisés à revenir chez eux pendant la journée.
Tungurahua (Equateur):Une activité éruptive intense persiste sur le volcan, avec des coulées pyroclastiques et des nuages de cendre jusqu’à une quinzaine de kilomètres d’altitude. Des retombées de cendre ont été observées jusqu’à 30 km de distance. La presse locale du 6 février indique que 2000 personnes ont été évacuées. Le volcan est souvent bruyant, avec des explosions semblables à des coups de canon faisant vibrer les fenêtres de l’observatoire de Guadalupe situé à 13 km au NO.
On remarquera encore une fois les limites de la volcanologie actuelle dans les domaines de la prévision et de la prévention. Que ce soit sur le Llaima ou le Tungurahua, l’évacuation de la population se fait « après coup », une fois que l’éruption a commencé. Les séquences éruptives se limitant à des émissions et des retombées de cendres, le risque humain reste limité. Le jour où la population sera confrontée à des coulées pyroclastiques, ce sera une autre histoire.
Samedi dernier à Bruxelles, lors de l’hommage rendu à H. Tazieff, un universitaire belge me reprochait d’avoir utilisé le mot « plantage » à propos du Kelud en Indonésie. Je lui ai expliqué qu’à mon avis :
1) d’un point de vue strictement scientifique il y avait bien eu erreur d’appréciation, vu que l’éruption tant attendue n’a pas eu lieu et que la montagne a accouché d’un dôme de lave dans son cratère, sans éruption destructrice, comme annoncé par les volcanologues. Pour le moment, c’est le gardien du Kelud qui a raison….
2) Les autorités avaient eu raison de déclencher l’évacuation car tous les paramètres (sismiques, et thermiques en particulier) étaient réunis pour qu’une éruption se produise. Le principe de précaution se devait donc d’être appliqué.