Ol Doinyo Lengai (Tanzanie)

022dee29d37736a8c34f3012c524a5ff.jpgD’après mon ami australien John Seach, le volcan a connu une nouvelle séquence éruptive hier, avec un nuage de cendre jusqu’à 11 km de hauteur, selon un rapport d’aviation. Le survol du Lengai est de ce fait déconseillé.
Sur le site de Fred Belton, on a confirmation de la forte activité début février. Le 6 de ce mois, l’un des visiteurs de la région a renoncé à effectuer l’ascension car les éruptions étaient trop violentes. Des photos sur le site de Fred Belton montrent d’impressionnants nuages de cendre ainsi que de beaux impacts de bombes.
L’approche de la zone sommitale est d’autant plus dangereuse qu’il n’y a pas de zone de repli en cas de paroxysme. La surface du plancher du cratère est plus réduite que précédemment et la pente très forte du volcan interdit toute course en cas de problème.

de46228b3b40820a42952a73406beae6.jpgAccording to my Australian friend John Seach, the volcano went through a new eruptive crisis yesterday, with an ash cloud up to 11 km, according to an aviation report. Pilots have been advised to avoid flying near the volcano.
Fred Belton’s website confirms this high level of activity. On February 6th, a visitor in the region decided not to climb the volcano because eruptions were too strong. Photos on Belton’s website show impressive ash clouds and nice impacts of bombs.
The approach of the summit is all the more risky as there is no safe area in case of a paroxysm. The crater floor area is smaller than before and the slope of the volcano is too steep to run away.

Volcans d’Amérique du sud

Llaima (Chili) :Le volcan reste très actif avec une activité strombolienne accompagnée de nuages de cendres s’élevant jusqu’à 6 km d’altitude. La semaine dernière, des coulées de lave descendaient les versants ouest et nord sur près de 2 km en générant des panaches de vapeur au contact d’un glacier. Selon la presse locale, les habitants de deux villages ont été évacués, puis autorisés à revenir chez eux pendant la journée.

Tungurahua (Equateur):Une activité éruptive intense persiste sur le volcan, avec des coulées pyroclastiques et des nuages de cendre jusqu’à une quinzaine de kilomètres d’altitude. Des retombées de cendre ont été observées jusqu’à 30 km de distance. La presse locale du 6 février indique que 2000 personnes ont été évacuées. Le volcan est souvent bruyant, avec des explosions semblables à des coups de canon faisant vibrer les fenêtres de l’observatoire de Guadalupe situé à 13 km au NO.

On remarquera encore une fois les limites de la volcanologie actuelle dans les domaines de la prévision et de la prévention. Que ce soit sur le Llaima ou le Tungurahua, l’évacuation de la population se fait « après coup », une fois que l’éruption a commencé. Les séquences éruptives se limitant à des émissions et des retombées de cendres, le risque humain reste limité. Le jour où la population sera confrontée à des coulées pyroclastiques, ce sera une autre histoire.
Samedi dernier à Bruxelles, lors de l’hommage rendu à H. Tazieff, un universitaire belge me reprochait d’avoir utilisé le mot « plantage » à propos du Kelud en Indonésie. Je lui ai expliqué qu’à mon avis :
1) d’un point de vue strictement scientifique il y avait bien eu erreur d’appréciation, vu que l’éruption tant attendue n’a pas eu lieu et que la montagne a accouché d’un dôme de lave dans son cratère, sans éruption destructrice, comme annoncé par les volcanologues. Pour le moment, c’est le gardien du Kelud qui a raison….
2) Les autorités avaient eu raison de déclencher l’évacuation car tous les paramètres (sismiques, et thermiques en particulier) étaient réunis pour qu’une éruption se produise. Le principe de précaution se devait donc d’être appliqué.