Haroun Tazieff

Aujourd’hui 2 février 2008, cela fait tout juste 10 ans qu’Haroun Tazieff nous quittait, emporté par une longue maladie. Le vide qu’il a laissé derrière lui est toujours aussi grand, tout comme l’est celui laissé par Katia et Maurice Krafft le 3 juin 1991. En effet, il faut bien reconnaître que personne digne de ce nom n’a pu ou su prendre leur relève. Les volcanologues « de terrain » sont toujours aussi rares. Aujourd’hui, faute d’argent dans les laboratoires, la plupart des chercheurs se contentent de simulations informatiques et autres travaux théoriques qui ne font guère avancer le prévision ou la prévention volcanique. Le gros « plantage » de ces derniers mois lors de l’éruption du Kelud en Indonésie montre bien les limites de la volcanologie actuelle. Sans parler des séismes pour lesquels nous ne savons absolument rien faire.
Il est regrettable que la communauté scientifique et nos gouvernants ne daignent pas rendre à Tazieff l’hommage qu’il mérite. Les manifestations sont rares et discrètes. Un article vient de lui être consacré (ou va lui être consacré) dans des revues associatives telles que L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.), la Société de Volcanologie Genève (S.V.G.), ou encore le Comité d’Action pour la Prévention des Accidents et les Secours d’Urgence (C.A.P.S.U.). Dans les faits, un événement-souvenir aura lieu le 9 février en Belgique, à Watermael-Boisfort où la famille Tazieff a vécu quarante années. Que je sache, la France n’a rien prévu. Il est vrai que Garouk n’était pas apprécié de tous dans la communauté scientifique. Il est fort à parier que des gens comme Claude Allègre ont mis ou mettront un frein à l’idée de manifestations de commémoration.
Quoi qu’il en soit, pour moi – simple volcanophile – Haroun Tazieff reste et restera toujours mon maître. J’ai eu le privilège de correspondre avec lui jusqu’à sa mort. Ses conseils m’ont toujours été précieux. Je lui rendrai personnellement hommage le 15 mars prochain à Enghien-les-bains au cours de la « journée des passionnés » qui aura lieu l’après-midi pendant le festival De cendres et de feu. Je projetterai un diaporama sur l’Etna qu’il affectionnait particulièrement. Ce sera aussi un hommage à Antonio Nicoloso, chef des guides, qui nous a quittés en décembre 2007.
Ci-dessous, moment de détente (rare chez Garouk) lors de l’inauguration d’une station VAN dans les Alpes en avril 1991.

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