De l’énergie islandaise pour la Grande Bretagne?

drapeau francais.jpgLe très sérieux quotidien britannique The Guardian nous apprend cette semaine que la Grande Bretagne envisage d’établir un partenariat avec l’Islande afin de tirer parti des ressources géothermiques de ce pays. Le Ministre de l’Energie doit se rendre en Islande en mai pour discuter d’un projet qui consisterait à déposer des centaines de kilomètres de câbles haute tension – des « interconnecteurs » – sur le plancher océanique.

La finalité serait de relier la Grande Bretagne à un super réseau énergétique européen qui ferait entrer en jeu les ressources éoliennes et hydroliennes d’Europe du nord, ainsi que des projets solaires africains. Un tel réseau fournirait une énergie à la fois propre et renouvelable.

Ne soyons pas dupes : les Britanniques n’envisagent pas ce projet que pour la beauté du geste et pour des raisons environnementales ! La vérité, c’est qu’ils sentent qu’ils vont cruellement manquer d’énergie dans les décennies à venir et dépendront des autres nations dans ce domaine !

 

drapeau anglais.jpgOne can read in The Guardian this week that Great Britain is planning a physical partnership with Iceland in order to draw profit from the geothermal resources of that country. The Energy Minister is to visit Iceland next month to discuss a scheme that would involve laying hundreds of miles of high-voltage cables – known as « interconnectors » – on the ocean floor.

The ultimate goal of the project would be to link Britain to a Europe-wide supergrid, combining the wind and wave power of northern Europe with solar projects in the south and North Africa to deliver clean, renewable energy for the future.

Let’s not be taken in! The British project is not only for environmental motivations! The real reason is that the country does feel it will lack energy resources in the next decades and will depend on other nations in that domain!

 

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L’Islande: de l’énergie à revendre! (Photo: C. Grandpey)

 

 

Popocatepetl (Mexique)

drapeau francais.jpgEst-ce lié ou non à l’activité sismique de ces derniers temps ? Toujours est-il que le Popocatepetl a connu un regain d’activité les 14 et 15 avril, avec des émissions répétées de vapeur, de gaz et de cendre. Dimanche matin, un panache s’est élevé à près de 2 km de hauteur. Le CENAPRED a demandé à la population locale d’être vigilante et de ne pas s’approcher à moins de 10 km du volcan. Pendant la nuit, les webcams montrent de l’incandescence au niveau du cratère.

Ce regain d’activité du Popo intervient après plusieurs séismes de magnitude 6 mercredi et un événement de M 7,4 le 20 mars. Les scientifiques du CENAPRED indiquent que cette activité du volcan est une bonne chose, car elle permet une libération de la pression qui s’accumule sous l’édifice.

 

drapeau anglais.jpgIs there a link with seismic activity of the past days? We don’t know, but Popocatepetl went through a new outbreak of activity on Saturday and Sunday with repeated emissions of steam, gas and ash. On Sunday morning, a plume was rising up to 2 km above the crater. CENAPRED issued a precautionary warning to residents, advising them to stay alert for a worsening situation and to keep at least seven miles away from the volcano’s crater. At night, one can see incandescence on the webcam images.

The awakening of Popocatepetl comes after a series of M 6 earthquakes on last Wednesday and an M 7.4 event on March 20th. CENAPRED says this kind of activity is a good thing as it serves to prevent more dangerous pressure from building inside the volcano.

 

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Activité du Popo dimanche matin (Avec l’aimable autorisation du CENAPRED)

 

Une coulée pyroclastique sur l’Etna? Pas si sûr!

Pendant le 21ème paroxysme de l’Etna, le 4 mars vers 9h45 (heure locale), on a pu voir sur l’image de la webcam EtnaTrekking une fracture s’ouvrir dans l’espace qui sépare le Cratère SE des premières pentes de la Bocca Nuova. Au contact de la neige qui recouvrait cet endroit, la lave a tout d’abord fait naître un panache de vapeur qui, en grossissant, a commencé à glisser le long de la pente en donnant un spectacle particulièrement fascinant.

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Dans ma note du lendemain, j’indiquais un lien vers une vidéo montrant ce que j’appelais « une coulée pyroclastique ».  Je n’étais d’ailleurs pas le seul, car d’autres sites volcaniques utilisaient cette expression, y compris le titre de la vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=aXbzbPlnAF4&feature=player_embedded

En repensant à cette scène magnifique, je me dis que le terme « coulée pyroclastique » n’était pas approprié. Si l’on se réfère à l’une des définitions d’une coulée pyroclastique, on se rend compte qu’il s’agit d’un « mélange à haute température (plusieurs centaines de degrés Celsius) de gaz volcaniques, de vapeur d’eau et de particules solides dues à un processus de fragmentation magmatique en cours,  relativement dense, qui s’écoule à grande vitesse (au départ à plusieurs centaines de km/h) au voisinage du sol, fortement soumis à la gravité et guidé par la topographie du terrain. Ce type d’écoulement résulte souvent de l’effondrement d’un panache volcanique ».

Cette définition ne correspond pas au phénomène observé sur l’Etna. Il n’y avait que très peu, voire pas, de particules produites par une fragmentation magmatique. Les particules qui se mêlaient à la vapeur d’eau provenaient essentiellement de dépôts présents au sol depuis longtemps. Ces nuages sombres de particules ne sont d’ailleurs apparus que vers la fin de l’épisode. Le mécanisme de formation de cette coulée n’était donc pas ‘pyroclastique’ ; il était surtout ‘phréatomagmatique’, avec interaction de la lave et de l’eau générée par la fonte de l’épaisse couche de neige ou de glace. Il est même probable que la partie inférieure de ladite coulée ressemblait davantage à un lahar. Si l’on avait pu introduire un thermomètre dans le panache, il n’aurait pas révélé une température élevée, contrairement à celle des vraies coulées pyroclastiques, comme celle qui a tué les Krafft sur l’Unzen au Japon. Enfin, la vitesse de progression du nuage de vapeur n’était pas très rapide, probablement quelques dizaines de km/h.

Il en va de même des coulées de lave dans la Valle del Bove. Au contact de la neige encore présente en cette saison, elles font s’élever des nuages de vapeur. Certains parlent là encore de coulées pyroclastiques, mais c’est inexact, même si, vus latéralement, ces phénomènes ressemblent physiquement  – en taille réduite- à des coulées pyroclastiques.

Pour les raisons énumérées ci-dessus, Boris Behncke (INGV Catane) trouvait lui aussi inappropriée l’appellation « coulée pyroclastique » pour définir l’épisode du 4 mars. Je pense personnellement qu’il serait préférable d’utiliser des expressions telles que « pseudo coulée pyroclastique » ou simplement « coulée phréatomagmatique ».

Imaginons l’ouverture de la fracture entre le cône SE et la pente de la Bocca Nuova au cœur de la saison estivale quand la neige a disparu. Q’aurions-nous vu ? Tout simplement une coulée de lave s’échapper d’une nouvelle fracture et parcourir quelques centaines de mètres vers l’aval. Il n’y aurait pas eu de panaches de vapeur, juste quelques nuages signalant le dégazage de la coulée.

Une vraie coulée pyroclastique, c’est autre chose, comme on peut s’en rendre compte sur cette photo du Mayon (Philippines) prise le 15 septembre 1984:

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(Avec l’aimable autorisation de l’USGS)

 

Pagan (Archipel des Mariannes)

drapeau francais.jpgCe n’est pas souvent que l’on peut voir l’Ile Pagan. Cette photo a été prise le 6 mars 2012 par l’un des astronautes à bord de l’ISS qui se trouvait alors à environ 480 km au SSO. On peut voir le volcan actif dans la partie nord de l’île qui présente deux volcans séparés par un isthme. L’activité confirme le dernier bulletin du GVN qui faisait état d’ »un panache de gaz et de vapeur qui s’étirait sur 204 km en direction du SSO ».

L’archipel des Mariannes marque la limite tectonique entre la vieille plaque Pacifique qui plonge sous la Mer des Philippines. C’est dans la fosse des Mariannes que se trouve la plus grande profondeur océanique de la planète (plus de 10 000 mètres).

Vous obtiendrez une photo avec une meilleure résolution en cliquant sur ce lien :

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/77000/77503/ISS030_E_122047_lrg.jpg

 

drapeau anglais.jpgHere is a rare view of Pagan Island seen from the ISS on March 6th 2012. One can see the active volcano in the northernmost part of the island which includes two volcanoes separated by an isthmus. Activity corresponds with the GVN’s latest report indicating « a gas-and-steam plume, with possible ash content, drifting 204 km SSW. » The ISS was located over the Pacific Ocean approximately 480 kilometres to the southeast of Pagan Island when the image was taken

The Mariana Islands mark the tectonic boundary where the  Pacific plate is being subducted at the Marianas trench beneath the younger, less dense crust of the Philippine Sea. The Marianas Trench includes the deepest spot in the Earth’s oceans (more than 10,000 meters).

You will see a higher resolution image of Pagan by clicking on this link:

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/77000/77503/ISS030_E_122047_lrg.jpg

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(Avec l’aimable autorisation de la NASA)