On parle beaucoup en ce moment de Kalapana, petite localité au SE de la Grande Ile, qui se trouve périodiquement sous la menace des coulées de lave sorties du Thanksgiving Eve Breakout (TEB), à 2 kilomètres à l’est du Pu’uO’o. Comme je l’ai écrit précédemment, deux maisons ont brûlé ces derniers temps et rien ne dit que d’autres habitations ne subiront pas le même sort.
Si l’on regarde en arrière, on se rend vite compte que ce n’est pas la première fois que Kalapana est victime des colères de Madame Pélé et que la situation actuelle ressemble fortement à ce qui s’est passé entre 1986 et 1990, période pendant laquelle la lave a déjà envahi le village à plusieurs reprises et détruit quelque 180 maisons et un Visitor Center du parc des Volcans, recouvert des routes ou encore des sites historiques et archéologiques.
En novembre 1986, la lave a fait une première incursion dans Kalapana après l’ouverture, en juillet de cette même année, de la bouche éruptive du Kupaianaha, à 3 km à l’est du Pu’u O’o duquel avaient tout d’abord jailli des fontaines de lave. En quelques semaines, un lac de lave a envahi le cratère du Kupaianah, avant de déborder et de donner naissance à des coulées qui se sont rapidement enfouies dans des tunnels pour prendre le chemin de l’océan et brûler au passage 17 maisons à Kalapana.
Quatre ans plus tard, en 1990, cette même éruption du Kupaianaha a connu à 12 reprises des interruptions dues à des coupures d’alimentation de la lave dans le cratère. Chacune de ces interruptions durait entre un et quatre jours, un temps trop long pour que la lave retrouve son chemin sur l’intégralité du réseau de tunnels. Entre temps, des voûtes de tunnels s’étaient effondrées de sorte que la lave ressortait en surface, traçait un nouveau chenal avant de former un nouveau tunnel. C’est au terme de la troisième interruption, entre le 3 et le 6 avril 1990, que la lave a débordé d’un tunnel et donné naissance à des coulées qui sont entrées dans Kalapana à plusieurs reprises entre avril et juin 1990, détruisant tout sur leur passage.
Quand on parcourt aujourd’hui le champ de lave mis en place à cette époque, on ne peut s’empêcher d’imaginer l’angoisse et la détresse des habitants qui ont dû fuir leurs maisons devant la progression inexorable de la lave.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir 3 photos aériennes mises en ligne par le HVO et montrant la progression de la lave entre le 3 avril et le 3 juin 1990. C’est impressionnant.
http://hvo.wr.usgs.gov/kilauea/history/1990Kalapana/30410914-042_caption.html
Le Pacaya reste très actif au niveau du cône Mac Kenney. On observe une activité strombolienne avec de fréquentes explosions qui expulsent des blocs qui retombent sur les flancs du volcan et génèrent des nuages de cendre pouvant monter à plus de 4 km d’altitude. Des retombées de cendre ont été observées jusqu’à 10 km de distance.
Pacaya is still quite active at MacKenney cone. In the past days, one could observe strombolian activity with frequent explosions that expel blocks that fall onto the flanks together with ash clouds that can rise more than 4 km a.s.l. Ashfall has been reported as far as 10 km away.
Selon le Rabaul Volcano Observatory, une éruption du Tavurvur – dans la caldeira de Rabaul – s’est produite le 23 juillet après qu’une hausse de la sismicité ait été détectée la veille. L’éruption a été précédée de quelques séismes hybrides auxquels ont fait suite de petits événements basse fréquence puis un tremor volcanique continu. Au début de l’éruption, on a observé des panaches blancs, puis des émissions de couleur rose et grise avec peu de cendre. Quelques heures plus tard, des nuages gris plus volumineux sont apparus, révélant l’apparition de cendre et une activité volcanique plus soutenue. Ils étaient accompagnés de grondements. Des retombées de cendre ont été signalées au NO et NNO du volcan.
According to the Rabaul Volcano Observatory, an eruption from Rabaul caldera’s Tavurvur cone occurred on July 23rd, after increased seismicity was detected the previous day. The eruption was preceded by a few small hybrid earthquakes followed by small low-frequency earthquakes and later continuous volcanic tremor. Diffuse white plumes were initially emitted, then pink-gray fumes with low ash content were also observed. More voluminous gray clouds were seen a few hours later, indicating a higher ash content and increased activity. They were also accompanied by rumbling noises. Ashfall was reported in areas to the NW and NNW.
Selon le KVERT, l’activité sismique du Gorely entre le 16 et le 23 juillet est restée au-dessus de la normale avec, comme précédemment, la présence d’un tremor volcanique. Des émissions de gaz et de vapeur ont été observées et plusieurs petits évents fumerolliens ont été aperçus dans le cratère actif. Les images satellites ont révélé que la température de l’anomalie thermique détectée au-dessus du volcan était passée de 29° à 46°C entre le 17 et le 21 juillet. La couleur du niveau d’alerte pour l’aviation est maintenue au Jaune.
According to KVERT, seismic activity of Gorely between July 16th and 23rd was above background levels and volcanic tremor continued to be detected. Gas-and-steam activity was noted daily and many new small fumarolic vents were seen in the active crater. The temperature of the thermal anomaly detected over the volcano in satellite imagery increased from 29 to 46°C between July 17th and 21st. The Aviation Color Code level remains at Yellow.