Taal (Philippines)

drapeau francais.jpgLe PHILVOCS a publié le 31 mars son dernier rapport sur le Taal.

On peut y lire que depuis le mois de janvier 2011 le nombre de séismes d’origine volcanique est resté supérieur à la normale fixée à 14 événements quotidiens. Ces séismes superficiels avaient des magnitudes allant de M.1 à M.3 et ont été localisés à des profondeurs entre 1 et 5 km.

Les émissions de vapeur deviennent périodiquement plus intenses dans la partie septentrionale du Cratère Principal ainsi que dans la partie haute de Daang Kastila.

Les mesures de gaz effectuées au niveau du lac en janvier et mars 2011 ont révélé une augmentation du CO2 qui est passé de 2250 à 4670 tonnes par jour. Cette augmentation montre une libération anormale de gaz au niveau du magma en profondeur.

Les mesures de déformation effectuées sur Volcano Island en février 2011 ont montré un léger gonflement par rapport aux même mesures en décembre 2010. Cette tendance au gonflement est régulière depuis juin 2010.

Au vu des dernières observations, le PHILVOCS maintient Taal en alerte de niveau 1. Aucune éruption n’est prévue à court terme. Toutefois, il est demandé au public de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité. En particulier, l’accès au cratère principal reste interdit à cause du risque d’explosions et d’émanations de gaz toxiques. D’autre part, il est rappelé que Volcano Island est une Zone de Danger Permanent (PDZ) et que toute implantation définitive est fortement déconseillée.

 

drapeau anglais.jpgPHILVOCS released on March 31st its latest report about the Taal volcano. It indicates that since January 2011, the number of volcanic earthquakes has remained above the background level of up to 14 events per day. Felt earthquakes of varying intensities from Intensity I to III, ranging from a depth of 1 to 5 kilometres.

Occasional intensification of steaming activities was observed at the northern portion of the Main Crater Lake and at the upper Daang Kastila.   

Gas measurements conducted at Taal Main Crater Lake last January and March 2011showed CO2 emission flux increased from 2,250 to 4,670 tonnes per day. The remarkable increase in C02 concentration indicates anomalous gas release from the magma at depth.

Precise levelling measurements conducted in February 2011 around the flanks of Volcano Island showed that the volcano edifice is slightly inflated as compared with the December 2010 survey. Since June 2010, the volcano exhibited a general inflationary trend.

In view of the above observations, PHIVOLCS reiterates Alert Level 1. At present, no imminent eruption is indicated. However, the public is advised to strictly observe some safety precautions. PHIVOLCS reminds the general public that the Main Crater should remain strictly off-limits because sudden explosions may occur and high concentrations of toxic gases may accumulate. Furthermore, the public is also reminded that entire Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ), and permanent settlement in the island is strictly not recommended.

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Le Taal et Volcano Island (Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

 

Etna & Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgDans son dernier bulletin mensuel, l’INGV indique que l’activité est restée relativement calme sur les volcans siciliens.

S’agissant de l’activité de l’Etna, elle s’est limitée à un dégazage de la Bocca Nuova et du Cratère NE au fond duquel on continue à entendre des explosions. A noter que le 29 mars, une petite émission de gaz et de cendre – mais sans matériaux incandescents – a affecté la bouche qui perce le versant oriental du Cratère SE.

Les explosions du Stromboli ne sont pas très fortes et on enregistre une dizaine de projections par heure. Aucun événement majeur n’a été enregistré en mars.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest monthly report, INGV indicates that activity has been relatively low on Sicilian volcanoes.

Activity on Mount Etna consisted in degassing at the Bocca Nuova and the NE Crater where explosions can still be heard deep in the pit. On March 29th, a slight gas and ash emission (but no incandescent material) affected the pit crater on the eastern flank of the SE Crater.

Explosions at Stromboli are not very strong and ten events or so are recorded every hour. No major event was recorded in March.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

On peut lire dans la presse américaine que la NASA doit faire voler au cours de la semaine prochaine, à 12 000 mètres d’altitude, un avion Gulfstream III équipé d’un radar à ouverture synthétique destiné à mieux comprendre ce qui se passe en profondeur sous le volcan Kilauea à Hawaii. Le radar interférométrique à ouverture synthétique (UAVSAR) est un appareil de haute technologie capable de détecter les plus infimes déformations du sol. Il est également utilisé dans l’étude des glaciers, séismes et autres glissements de terrain.

Le radar effectuera les mêmes mesures qu’en 2010 où il avait détecté au cours d’une journée le dégonflement de la caldeira, alors que le volcan traversait plusieurs épisodes successifs de gonflement et dégonflement. Cette fois, la technologie utilisée devrait être encore plus performante. L’intérêt de la mission est en particulier d’examiner la fracture qui s’est ouverte en mars pendant l’éruption de Kamoamoa. On pourra voir si cette fracture est en phase évolutive et comment le magma s’est injecté pour déclencher l’éruption.  

Personnellement, je pense que cette mission est intéressante et viendra en complément des informations données par les sismographes et les tiltmètres en place sur le Kilauea. Je pense toutefois que les conclusions ne permettront pas d’aller plus loin et de prévoir l’évolution de l’éruption. Les derniers événements ont montré que l’alimentation volcanique du Kilauea était relativement complexe avec des phases de connexion et de rupture de l’alimentation entre la zone sommitale et l’East Rift Zone.

Activité explosive sur les dorsales médio-océaniques?

drapeau francais.jpgDes géologues de l’Université McGill à Montréal (Canada) ont découvert de fortes concentrations de CO2 au niveau des dorsales médio-océaniques, ce qui confirmerait la nature explosive de certaines éruptions sous-marines.

On sait depuis longtemps qu’une grande partie de l’activité volcanique sur Terre (entre 75 et 80%) se déroule à grande profondeur, le long des dorsales médio-océaniques. On sait également que la plupart de ces volcans ont une activité essentiellement effusive plutôt qu’explosive du fait de la quantité de gaz magmatique (à base, essentiellement, de CO2) relativement faible et de la pression de l’eau beaucoup trop forte. Au cours de la décennie écoulée, plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse, en s’appuyant sur les dépôts de cendre observés sur certains sites, selon laquelle une activité explosive était également possible au niveau des volcans sous-marins. Toutefois, cela n’avait jamais été vraiment prouvé.  

En utilisant une microsonde ionique, des étudiants en géologie de l’Université McGill ont découvert de très fortes concentrations de CO2 dans des gouttelettes de magma emprisonnées dans des cristaux en provenance de dépôts de cendre volcanique sur le Volcan Axial, sur la dorsale Juan de Fuca, au large des côtes de l’Oregon.

Ces gouttelettes emprisonnées représentent l’état du magma avant l’éruption. Ainsi,  ces étudiants et d’autres chercheurs appartenant à des instituts océanographiques sont parvenus à prouver que les volcans des profondeurs peuvent produire des éruptions explosives. Leurs travaux indiquent également que la libération de dioxyde de carbone provenant du manteau inférieur dans l’atmosphère terrestre est beaucoup plus importante qu’on ne l’avait imaginé, du moins dans certaines parties des dorsales océaniques.

Étant donné que ces dorsales constituent le système volcanique le plus vaste sur Terre, cette découverte a des retombées importantes – qui restent à étudier – sur le cycle mondial du carbone.

Source : Science Daily.

 

drapeau anglais.jpgGeology researchers from McGill University in Montreal (Canada) have discovered high concentrations of CO2 at mid-ocean ridges, which confirms the explosive nature of certain volcanic eruptions.

It is well-known that between 75 and 80 per cent of all volcanic activity on Earth takes place at deep-sea, mid-ocean ridges. Most of these volcanoes produce effusive lava flows rather than explosive eruptions, both because the levels of magmatic gas (most importantly CO2) tend to be low, and because the volcanoes are under a lot of pressure from the surrounding water.

Over about the last 10 years however, geologists have nevertheless speculated, based on the presence of volcanic ash in certain sites, that explosive eruptions can also occur in deep-sea volcanoes. But no one has been able to prove it until now.

By using an ion microprobe, McGill University students have discovered very high concentrations of CO2 in droplets of magma trapped within crystals recovered from volcanic ash deposits on Axial Volcano on the Juan de Fuca Ridge, off the coast of Oregon.

These entrapped droplets represent the state of the magma prior to eruption. As a result, these students and fellow researchers from oceanographic institutions have been able to prove that explosive eruptions can indeed occur in deep-sea volcanoes. Their work also shows that the release of CO2 from the deeper mantle to the Earth’s atmosphere, at least in certain parts of mid-ocean ridges, is much higher than had previously been imagined.

Given that mid-ocean ridges constitute the largest volcanic system on Earth, this discovery has important implications for the global carbon cycle which have yet to be explored.

Source : Science Daily.