Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgOn observe actuellement une montée en chaleur du Ruapehu, mais une éruption ne semble pas imminente. Les volcanologues du GNS ont observé une augmentation de la température de l’eau du lac qui était de 41°C le 1er mars et qui atteint 38-39°C actuellement. La température la plus élevée jamais relevée depuis le retour du lac dans le cratère en 2002 est de 42,5°C en mai 2003 et on a observé huit cycles de réchauffement du lac depuis 2002.

Des modifications sont également intervenues au niveau des émissions de CO2, de l’activité sismique qui a légèrement augmenté, et dans la composition chimique de l’eau du lac.

En conséquence, la couleur du niveau d’alerte pour l’aviation est passée du vert au jaune, mais le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1 sur une échelle de 4.

Le lac de cratère est un danger quasi permanent car on sait que la moraine qui le retient peut lâcher à tout moment et provoquer des lahars dévastateurs comme celui du 24 décembre 1953 qui a tué 151 passagers d’un train à Tangiwai. Des capteurs ont récemment été installés afin de mieux anticiper un possible effondrement de la moraine qui retient l’eau du lac.

Le Ruapehu est dans l’hémisphère sud (et non ‘nord’ comme écrit initialement!!!) , ce qui signifie que l’hiver et la saison de ski approchent. Des explosions soudaines du volcan ont récemment blessé des skieurs et aucun instrument n’est actuellement capable de prévoir de telles humeurs du volcan.

 

drapeau anglais.jpgMount Ruapehu’s Crater Lake is heating up, but there are no signs an eruption is imminent.

GNS Science volcanologists observed high water temperatures ranging from about 38-39°C today to 41°C on March 1st. Since the lake was re-established in 2002, the highest recorded temperature was 42.5°C in May 2003, and there have been eight heating cycles.

Changes have also recently occurred in CO2 emissions, seismic activity and Crater Lake water chemistry.

As a consequence, the aviation colour code has been raised to yellow while the volcanic alert level remains at level one, on a scale of 4.

The crater lake is another potential danger as collapses of the crater rim may trigger lahars like the one that killed 151 people on December 24th 1953 at Tangiwai. Sensors have recently been installed in order to anticipate a possible collapse of the wall of tephra that holds back the lake water.

Ruapehu is in the southern hemisphere, which means winter and the winter sport season are getting nearer. Sudden explosions of the volcano recently injured several skiers but no instrument is currently able to predict such unexpected events on a volcano.

Ruapehu-web.jpg
Le sommet du Ruapehu et le lac de cratère en février 2009.
(Photo: C. Grandpey) 

Taal (Philippines)

drapeau francais.jpgLe PHILVOCS a publié le 31 mars son dernier rapport sur le Taal.

On peut y lire que depuis le mois de janvier 2011 le nombre de séismes d’origine volcanique est resté supérieur à la normale fixée à 14 événements quotidiens. Ces séismes superficiels avaient des magnitudes allant de M.1 à M.3 et ont été localisés à des profondeurs entre 1 et 5 km.

Les émissions de vapeur deviennent périodiquement plus intenses dans la partie septentrionale du Cratère Principal ainsi que dans la partie haute de Daang Kastila.

Les mesures de gaz effectuées au niveau du lac en janvier et mars 2011 ont révélé une augmentation du CO2 qui est passé de 2250 à 4670 tonnes par jour. Cette augmentation montre une libération anormale de gaz au niveau du magma en profondeur.

Les mesures de déformation effectuées sur Volcano Island en février 2011 ont montré un léger gonflement par rapport aux même mesures en décembre 2010. Cette tendance au gonflement est régulière depuis juin 2010.

Au vu des dernières observations, le PHILVOCS maintient Taal en alerte de niveau 1. Aucune éruption n’est prévue à court terme. Toutefois, il est demandé au public de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité. En particulier, l’accès au cratère principal reste interdit à cause du risque d’explosions et d’émanations de gaz toxiques. D’autre part, il est rappelé que Volcano Island est une Zone de Danger Permanent (PDZ) et que toute implantation définitive est fortement déconseillée.

 

drapeau anglais.jpgPHILVOCS released on March 31st its latest report about the Taal volcano. It indicates that since January 2011, the number of volcanic earthquakes has remained above the background level of up to 14 events per day. Felt earthquakes of varying intensities from Intensity I to III, ranging from a depth of 1 to 5 kilometres.

Occasional intensification of steaming activities was observed at the northern portion of the Main Crater Lake and at the upper Daang Kastila.   

Gas measurements conducted at Taal Main Crater Lake last January and March 2011showed CO2 emission flux increased from 2,250 to 4,670 tonnes per day. The remarkable increase in C02 concentration indicates anomalous gas release from the magma at depth.

Precise levelling measurements conducted in February 2011 around the flanks of Volcano Island showed that the volcano edifice is slightly inflated as compared with the December 2010 survey. Since June 2010, the volcano exhibited a general inflationary trend.

In view of the above observations, PHIVOLCS reiterates Alert Level 1. At present, no imminent eruption is indicated. However, the public is advised to strictly observe some safety precautions. PHIVOLCS reminds the general public that the Main Crater should remain strictly off-limits because sudden explosions may occur and high concentrations of toxic gases may accumulate. Furthermore, the public is also reminded that entire Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ), and permanent settlement in the island is strictly not recommended.

Taal-pour-blog.jpg
Le Taal et Volcano Island (Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

 

Etna & Stromboli (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgDans son dernier bulletin mensuel, l’INGV indique que l’activité est restée relativement calme sur les volcans siciliens.

S’agissant de l’activité de l’Etna, elle s’est limitée à un dégazage de la Bocca Nuova et du Cratère NE au fond duquel on continue à entendre des explosions. A noter que le 29 mars, une petite émission de gaz et de cendre – mais sans matériaux incandescents – a affecté la bouche qui perce le versant oriental du Cratère SE.

Les explosions du Stromboli ne sont pas très fortes et on enregistre une dizaine de projections par heure. Aucun événement majeur n’a été enregistré en mars.

 

drapeau anglais.jpgIn its latest monthly report, INGV indicates that activity has been relatively low on Sicilian volcanoes.

Activity on Mount Etna consisted in degassing at the Bocca Nuova and the NE Crater where explosions can still be heard deep in the pit. On March 29th, a slight gas and ash emission (but no incandescent material) affected the pit crater on the eastern flank of the SE Crater.

Explosions at Stromboli are not very strong and ten events or so are recorded every hour. No major event was recorded in March.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

On peut lire dans la presse américaine que la NASA doit faire voler au cours de la semaine prochaine, à 12 000 mètres d’altitude, un avion Gulfstream III équipé d’un radar à ouverture synthétique destiné à mieux comprendre ce qui se passe en profondeur sous le volcan Kilauea à Hawaii. Le radar interférométrique à ouverture synthétique (UAVSAR) est un appareil de haute technologie capable de détecter les plus infimes déformations du sol. Il est également utilisé dans l’étude des glaciers, séismes et autres glissements de terrain.

Le radar effectuera les mêmes mesures qu’en 2010 où il avait détecté au cours d’une journée le dégonflement de la caldeira, alors que le volcan traversait plusieurs épisodes successifs de gonflement et dégonflement. Cette fois, la technologie utilisée devrait être encore plus performante. L’intérêt de la mission est en particulier d’examiner la fracture qui s’est ouverte en mars pendant l’éruption de Kamoamoa. On pourra voir si cette fracture est en phase évolutive et comment le magma s’est injecté pour déclencher l’éruption.  

Personnellement, je pense que cette mission est intéressante et viendra en complément des informations données par les sismographes et les tiltmètres en place sur le Kilauea. Je pense toutefois que les conclusions ne permettront pas d’aller plus loin et de prévoir l’évolution de l’éruption. Les derniers événements ont montré que l’alimentation volcanique du Kilauea était relativement complexe avec des phases de connexion et de rupture de l’alimentation entre la zone sommitale et l’East Rift Zone.