Ol Doinyo Lengai (Tanzanie)

drapeau francais.jpgL’Ol Doinyo Lengai (2962 m) est l’un des volcans les plus intéressants de la planète. « Montagne de Dieu » pour les Masaï, il se dresse au-dessus d’une vaste plaine au sud du Lac Natron dans la Gregory Rift Valley. Le Lengai est le seul volcan au monde à émettre de la carbonatite, lave fluide, très riche en carbonate de calcium mais très pauvre en silice, contrairement aux autres types de volcans sur Terre.

La profondeur et la morphologie du cratère nord (le plus actif actuellement) ont connu de profondes modifications au cours des siècles. Au milieu du 20ème  siècle, le cratère était un gouffre de 200 mètres de profondeur aux parois abruptes, alors qu’il était plein à ras bord à la fin de ce même siècle. En 2007-2008, un violent épisode explosif modifia à nouveau totalement l’aspect du volcan. 

Le Lengai est très peu visité de nos jours. Les derniers rapports d’observations remontent à octobre 2010. On peut lire qu’il semble y avoir de petites éruptions de natrocarbonatite au fond du cratère, comme cela se produisait avant l’activité explosive de 2007-2008. Les photos prises au cours de ce même mois laissent apparaître deux petites coulées de lave noire émises par deux bouches sur le plancher. Toutefois, il était impossible de les atteindre et de les échantillonner afin de connaître leur composition.

J’ai eu la chance de gravir le Lengai en décembre 2002. A cette époque, l’activité se concentrait dans la zone sommitale. Au moment de ma visite, on pouvait observer un petit lac de lave très actif et des coulées de carbonatite impressionnantes qui, quelques semaines plus tard, ont débordé du sommet pour s’écouler sur les pentes du volcan. Vous pourrez voir quelques images de l’activité en 2002 dans un petit album photo dans la colonne de droite de ce blog.

 

drapeau anglais.jpgOl Doinyo Lengai (2962 m) is one of the most interesting volcanoes on our planet. Known to the Maasai as « The Mountain of God, » it rises abruptly above the broad plain south of Lake Natron in the Gregory Rift Valley. Its carbonatite is exceptional as Lengai is the only active volcano to emit this low-viscosity lava that is carbonate-rich but silica-poor, contrary to the other types of volcanoes on earth.

The depth and morphology of the northern crater have changed dramatically during the course of historical eruptions, ranging from steep crater walls about 200 metres deep in the mid-20th century to shallow platforms mostly filling the crater until 2007-2008 when violent explosive activity totally changed the morphology of the volcano.

There are very few people visiting the volcano today. The latest reports (October 2010) indicate that there seems to be a return, at the bottom of the pit crater, to the small eruptions of natrocarbonatite lava and cone building that were typical of Lengai prior to the 2007-2008 explosive eruption. The October photos show two short-lived black-coloured lava flows coming out of two vents on the crater floor. The crater is far too deep for lava to be sampled and its composition is unknown.   

I happened to visit the volcano in December 2002. By that time, activity was taking place in the summit area. At the moment of my visit, there was a very active lava pond and impressive lava flows some of which later travelled down the outer slope of the volcano. You can see the 2002 activity in a photo album in the right-hand column of this blog.

Un nouveau gardien pour le Merapi (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgAprès cinq mois de délibérations secrètes, le sultan de Yogyakarta vient de désigner le nouveau gardien spirituel du volcan Merapi. C’est à Asihono, fils de Marijan, l’ancien gardien qui a perdu la vie en octobre 2010 pendant la dernière éruption, que revient désormais la tâche d’épier les moindres grondements du volcan et de calmer son tempérament rebelle.

Un responsable du palais du sultan indique qu’« en tant que gardien du Merapi et en plus du maintien de la tradition, Asihono devra également pouvoir collaborer avec les volcanologues dans l’intérêt de la population ».

Le nouveau gardien du Merapi, âgé de 44 ans, est censé gérer les rituels traditionnels destinés à apaiser les humeurs du volcan en vertu d’un pacte datant du 17ème siècle qui lie la maison de Yogyakarta à la Reine mythique des Mers du Sud. D’après le pacte, les autochtones sont persuadés qu’en échange de la paix et de sa protection, le premier sultan et ses neuf descendants devaient épouser la Reine et faire chaque année des offrandes aux quatre demeures des esprits alliés du palais : le Merapi au nord, la plage de Parangkusumo au sud, le Mont Lawau à l’est et l’étang sacré de Dlepih Kahyangan à l’ouest.

Il faut espérer, comme ce fut le cas lors de la dernière éruption de 2010, que le gardien du Merapi conseillera à la population de suivre les recommandations officielles des volcanologues indonésiens et n’imitera pas son collègue du Kelud qui affirmait au et fort, il y a quelques années, que l’éruption n’était pas immédiate et invitait la population à ne pas obéir aux consignes d’évacuation.

Source : The Straits Times.

 

drapeau anglais.jpgAfter five months of secretive deliberations, the sultan of Yogyakarta has just chosen the new spiritual guardian of Mount Merapi volcano.The job of listening to the volcano’s every rumble and soothing its fearsome temper will be passed to Asihono, the son of the late guardian, Marijan, who died during the last eruption in October 2010.

A palace official indicated that « as the gatekeeper of Mount Merapi, besides maintaining the tradition, Asihono should also be able to collaborate with volcanology officials so that the people can benefit ».

The 44-year-old new spiritual guardian will be expected to lead traditional rituals to appease the volcano’s spirits, in honour of a 17th-century pact between the House of Yogyakarta and the mythical Queen of the Southern Sea. According to this pact, locals believe that in return for peace and protection, the original sultan and his nine descendants had to wed the Queen and present annual offerings to the four abodes of spirits allied to the palace: Merapi to the north, Parangkusumo beach to the south, Mount Lawu to the east and the sacred pond of Dlepih Kahyangan to the west.

Source: The Straits Times.

L’activité effusive dans le monde

Où faut-il aller pour voir couler la lave en ce moment ?

C’est la question que viennent de me poser deux volcanophiles qui aimeraient s’inscrire à des voyages organisés par des agences spécialisées. Ils souhaiteraient choisir une destination où il y a autre chose à voir que de simples paysages et des panaches de vapeur ou de gaz.

En ce moment, l’activité effusive est réduite dans le monde.

En Europe, le Stromboli fait jaillir des gerbes de lave (assez modestes, d’après les rapports quotidiens de l’INGV), mais il n’y a pas de coulées de lave. Rien d’autre à se mettre sous la dent, que ce soit sur l’Etna, sur l’Ile de la Réunion ou aux Antilles.

A Hawaii, il y a un peu d’activité dans le Pu’uO’o et l’Halema’uma’u (zones interdites d’accès) et rien ailleurs sur le Kilauea. Aucune lave n’entre dans l’océan en ce moment. Néanmoins, la situation est susceptible d’évoluer très vite d’un jour à l’autre.

Aucune activité spectaculaire n’est observée ailleurs aux Etats-Unis.

En Amérique Centrale, le Pacaya (Guatemala) a, semble-t-il cesser de faire couler sa lave et il se contente de dégazer en ce moment.  Même l’Arenal (Costa Rica) est très calme, si l’on en juge par les derniers commentaires de voyageurs.

Au Vanuatu, le Yasur reste bien actif avec des explosions qui projettent des gerbes incandescentes, mais il n’y a pas de coulées. Toutefois, des chaudrons de lave sont visibles au fond du Marum et du Benbow. Prévoir des téléobjectifs pour les photographier correctement.

C’est sur le continent africain que vous pourrez voir les deux plus spectaculaires lacs de lave de la planète, mais pas coulées là non plus : Le Nyiragongo en République Démocratique du Congo, l’Erta Ale en Ethiopie.

L’activité volcanique est globalement peu intense en ce moment. Il faut être patient. Nul doute que des volcans comme le Kilauea, l’Etna ou le Piton de la Fournaise ont encore quelques beaux spectacles à nous proposer.

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En attendant le retour de la lave hawaiienne dans l’océan…
(Photo: C. Grandpey)

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgOn observe actuellement une montée en chaleur du Ruapehu, mais une éruption ne semble pas imminente. Les volcanologues du GNS ont observé une augmentation de la température de l’eau du lac qui était de 41°C le 1er mars et qui atteint 38-39°C actuellement. La température la plus élevée jamais relevée depuis le retour du lac dans le cratère en 2002 est de 42,5°C en mai 2003 et on a observé huit cycles de réchauffement du lac depuis 2002.

Des modifications sont également intervenues au niveau des émissions de CO2, de l’activité sismique qui a légèrement augmenté, et dans la composition chimique de l’eau du lac.

En conséquence, la couleur du niveau d’alerte pour l’aviation est passée du vert au jaune, mais le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1 sur une échelle de 4.

Le lac de cratère est un danger quasi permanent car on sait que la moraine qui le retient peut lâcher à tout moment et provoquer des lahars dévastateurs comme celui du 24 décembre 1953 qui a tué 151 passagers d’un train à Tangiwai. Des capteurs ont récemment été installés afin de mieux anticiper un possible effondrement de la moraine qui retient l’eau du lac.

Le Ruapehu est dans l’hémisphère sud (et non ‘nord’ comme écrit initialement!!!) , ce qui signifie que l’hiver et la saison de ski approchent. Des explosions soudaines du volcan ont récemment blessé des skieurs et aucun instrument n’est actuellement capable de prévoir de telles humeurs du volcan.

 

drapeau anglais.jpgMount Ruapehu’s Crater Lake is heating up, but there are no signs an eruption is imminent.

GNS Science volcanologists observed high water temperatures ranging from about 38-39°C today to 41°C on March 1st. Since the lake was re-established in 2002, the highest recorded temperature was 42.5°C in May 2003, and there have been eight heating cycles.

Changes have also recently occurred in CO2 emissions, seismic activity and Crater Lake water chemistry.

As a consequence, the aviation colour code has been raised to yellow while the volcanic alert level remains at level one, on a scale of 4.

The crater lake is another potential danger as collapses of the crater rim may trigger lahars like the one that killed 151 people on December 24th 1953 at Tangiwai. Sensors have recently been installed in order to anticipate a possible collapse of the wall of tephra that holds back the lake water.

Ruapehu is in the southern hemisphere, which means winter and the winter sport season are getting nearer. Sudden explosions of the volcano recently injured several skiers but no instrument is currently able to predict such unexpected events on a volcano.

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Le sommet du Ruapehu et le lac de cratère en février 2009.
(Photo: C. Grandpey)