Un océan de magma à l’intérieur d’Io?

Un article récemment diffusé par plusieurs revues scientifiques indique qu’une nouvelle analyse des données recueillies par la sonde Galileo de la NASA renforce l’hypothèse qu’Io, la lune de Jupiter, recèle sous sa surface « un océan de magma ». Io est le corps le plus actif du point de vue volcanique de notre système solaire ; elle produit en une année 100 fois plus de lave que ne le fait la Terre.

Une équipe internationale de chercheurs menée par Krishan Khurana (UCLA) a repris les données enregistrées par la sonde Galileo lors de ses survols d’Io, au vu des dernières découvertes scientifiques relatives à la physique des minéraux.

Krishan Khurana et ses collègues ont étudié plus précisément les données du magnétomètre envoyées par Galileo et ils indiquent qu’elles sont en faveur d’une fusion étendue. Les chercheurs ont utilisé comme sonde le champ magnétique en rotation de Jupiter et ils ont découvert que la réponse induite dans Io suggère un grand réservoir de magma électriquement conducteur sous sa croûte. Cette couche globale de magma sous la surface doit avoir selon eux plus de 50 kilomètres d’épaisseur, soit 10% du volume de son manteau. La température de formation de ce magma dépasse probablement les 1 200° C.

Le schéma fourni par les chercheurs montre la structure interne de Io. La croûte de Io a une faible densité avec une épaisseur comprise entre 30 et 50 kilomètres. La fusion du sous-sol, l’asthénosphère, l’ « océan de magma » nouvellement découvert, est épais d’une cinquantaine de kilomètres et représente 10 % du volume du manteau. Le coeur d’Io, dont le diamètre est compris entre 1 200 et 1 800 kilomètres, est constitué de fer et de sulfate de fer.

En conclusion, un scientifique fait remarquer qu’ « il est possible que dans les premiers âges de la Terre et de la Lune, de tels océans de magma existaient sous leurs surfaces, mais ils ont depuis longtemps disparu ».

Les volcans pleurent…

Je suis très triste. François Le Guern vient de nous quitter et de rejoindre celui qu’il appelait son « patron », Haroun Tazieff, dans un autre monde. La maladie a eu raison de cet homme avec lequel la volcanologie perd une sacrée pointure. Scientifique de génie, il avait mis au point plusieurs systèmes de mesures sur les volcans de la planète, et les Américains ou les Japonais n’hésitaient pas à faire appel à ses compétences.

J’avais rencontré Fanfan à plusieurs reprises ces derniers temps et j’avais remarqué que la maladie avait tendance à gagner rapidement du terrain. Ma dernière rencontre a eu lieu le 7 mai dernier lors de l’assemblée générale de l’ADIS, association que le volcanologue avait créée dans le but de diffuser la culture scientifique en partageant l’émotion vécue sur le terrain.

Poussant la tyrolienne en jouant de cet accordéon dont il ne se séparait jamais, Fanfan m’a permis de connaître des moments très chaleureux. En particulier, je n’oublierai jamais cette soirée dans la banlieue de Bruxelles où nous nous sommes retrouvés entre amis au terme d’une journée à la mémoire d’Haroun Tazieff…

Adieu Fanfan.   

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(Photo: C. Grandpey)

 

Volcan de boue (suite)

Suite au commentaire qui a été écrit suite à ma note sur le volcan de boue en Azerbaidjan, voici une explication rapide. Un volcan de boue est une formation géologique provoquée par l’expulsion de gaz (le plus souvent du méthane) qui altère les couches géologiques traversées. Au contact d’une nappe d’eau souterraine, il se forme cette boue qui construit des « volcans » étranges. Les Maccalube di Aragona en Sicile comptent parmi les plus célèbres. Vous en verrez une image dans le Photoblog de la colonne de gauche de ce blog. Il faut faire attention quand on les visite car des explosions de gaz peuvent se produire.

Le volcan de boue indonésien (Lusi) ne s’est pas créé naturellement; il est la conséquence désastreuse d’une erreur de forage.

Je signale à la personne auteur du commentaire que son adresse électronique est invalide. Elle peut me contacter directement à mon adresse : grandpeyc@club-internet.fr

 

Eruption d’un volcan de boue en Azerbaidjan

drapeau francais.jpgSelon la presse locale, un volcan de boue est entré en eruption sur la Montagne Harami, dans la région Hajigabul de l’Azerbaidjan vers 8h30 jeudi matin. Il est écrit que l’activité du volcan a été observée pendant plus d’une demi-heure jusqu’à 70 – 80 km de distance. Le volcan était également visible depuis les villes de Hajigabul et Shirvan.

L’Azerbaidjan et la Mer Caspienne hébergent près de 400 volcans de boue, soit plus de moitié de tous ceux recensés sur la planète. En particulier, le volcan de boue Azeri – situé à une quinzaine de km de Baku, la capitale – est entré en éruption en 2001 avec une explosion qui a généré des flammes de 300 mètres de hauteur.  

 

drapeau anglais.jpgAccording to the local press, a mud volcano erupted on Harami Mountain in the territory of Hajigabul region of Azerbaijan at about 8.30 Thursday morning.
The press report says the activeness of volcano was observed more than 30 minutes from 70-80 km distance. The volcano was also seen from Hajigabul and Shirvan towns.

Azerbaijan and the Caspian Sea are home to nearly four hundred mud volcanoes, more than half the world’s total. Azeri mud volcano erupted in 2001, 15 km outside the Azerbaijani capital Baku. There was an explosion and 300 metre-high flames were emitted.