Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska / Etats Unis)

drapeau francais.jpgAprès avoir élevé le niveau d’alerte du volcan à la fin du mois de mars, l’AVO indique qu’une explosion a probablement eu lieu le 4 avril à 13h12, mais la couverture nuageuse n’a pas permis aux satellites d’observer cet événement qui a été bref et semblable à ceux de décembre 2011.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le Cleveland n’est pas doté d’équipements de mesure. Les scientifiques ont détecté l’explosion grâce à des réseaux infrasons.

 

drapeau anglais.jpgAfter elevating the alert level of Cleveland volcano by the end of March, the Alaska Volcano Observatory indicates a small explosion may have occurred on April 4th at 13:12 but clouds prevented satellite observation of an ash cloud. The observatory says the explosion was of short duration and similar to small events in December 2011.  
As I put it before, there is no equipement on Cleveland and scientists detected the explosion on distant infrasound networks.

 

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgLa situation reste inchangée. Le sommet du Kilauea continue à gonfler très lentement et on continue à observer une succession d’épisodes de gonflement et de dégonflement (« D/I events »). De nuit, une belle incandescence est visible au travers des panaches de gaz de l’Halema’uma’u depuis la terrasse du Jaggar Museum. On observe également des points d’incandescence dans le Pu’uO’o dont l’accès est interdit. La lave continue à s’écouler sur le pali et la plaine côtière mais il lui reste encore environ 1,6 km à parcourir avant d’atteindre l’océan.

Le HVO précise que ces coulées « ne peuvent être observées que depuis les airs » ou, si les conditions météo sont favorables, depuis le point d’observation public de Kalapana et par l’intermédiaire des webcams.

Les autorités du Parc des Volcans confirment que « les coulées ne sont actuellement pas accessibles depuis la fin de la Chain of the Craters Road. Le parcours de 16 km (A-R) est très pénible et réservée à des personnes très solides physiquement ».

Le point d’observation réservé au public à Kalapana se trouve à l’extérieur du Parc des Volcans. Son accès est gratuit. Il est ouvert de 14h à 22h. Les dernières voitures peuvent se garer jusqu’à 20 h.

 

drapeau anglais.jpgThe situation remains unchanged. The summit continues to inflate slowly while repetitive DI events can be observed. Overnight, glow is visible from the terrace of the Jaggar Museum within the Halema’uma’u gas plume and from sources within Pu’u ‘O’o crater whose access is forbidden. Surface flows are active on the pali and the coastal plain but there is no ocean entry. HVO indicates that lava is still 1.6 km or so from the shore.

The Observatory indicates that that these active lava flows « can only be viewed from the air » or, under favorable weather conditions, from the County Viewing Area at Kalapana and through the webcams.

Park authorities do confirm that « surface flowing lava is CURRENTLY NOT accessible from the end of Chain of Craters Road. The hike (16 km) is extremely arduous and should only be attempted by the most physically fit people.

The Kalapana viewing area is outside Hawaii Volcanoes National Park. Access is free. Currently the viewing area is open from 2:00 p.m. to 10:00 p.m. with the last vehicle allowed in at 8:00 p.m.

 

Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

drapeau francais.jpgL’activité sismique restait relativement élevée la semaine dernière sur le volcan Soufriere Hills, après les essaims volcano-tectoniques enregistrés les 22 et 23 mars. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 3,5, l’un des plus importants depuis le début de l’éruption.

Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 1320 tonnes par jour, avec un minimum de 264 tonnes et un maximum de 4594 tonnes, la troisième valeur enregistrée au cours des 10 dernières années. Les émissions les plus intenses ont été observées les 24 et 26 mars.

L’activité fumerolienne accompagnée d’émissions de cendre qui avait débuté le 23 mars a culminé avant midi avant de décliner lentement pour cesser en fin d’après-midi. Au moment le plus intense, la cendre jaillissait jusqu’à environ 150 mètres de hauteur. Le 28 mars, seule subsistait l’activité fumerolienne à l’intérieur de la fracture d’effondrement.

L’épisode d’activité du 23 mars est le plus significatif depuis la pause marquée par l’éruption il y a plus de deux ans. Les événements sismiques volcano-tectoniques les plus importants ont probablement été causés par un accroissement de la pression sous le volcan suite à une montée de magma. Les émissions de cendre avaient, de toute évidence, une origine phréatique.

Ce type d’activité s’était déjà produit sur le volcan Soufriere Hills plusieurs mois avant la reprise d’une extrusion de magma, comme en 2005 et 2008.

L’activité du 23 mars est là pour rappeler que le volcan reste très actif. Des coulées pyroclastiques peuvent se produire à tout moment, y compris dans Gages d’où elles peuvent atteindre rapidement Plymouth. De plus, le risque de lahars reste élevé, en particulier dans Belham Valley

Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

Source : MVO.

 

drapeau anglais.jpgSeismic activity was still high last week, following the large swarms of VT earthquakes that were recorded on March 22nd and 23rd. The magnitude of the largest event in the swarms was 3.5, making this one of the largest VT earthquakes since the start of the eruption.

The average SO2 emissions reached 1,320 tonnes per day with a minimum of 264 tonnes per day and a maximum of 4,594 – the third-highest value recorded in the last ten years. The highest values were between March 24th and 26th.

The ash venting and fumarolic activity that started in the morning of March 23rd peaked before noon and then slowly declined until it stopped in the late afternoon. At its peak, black jets of ash were seen rising about 150 metres high. Observations on March 28th showed only fumarolic activity from the vents inside the collapse scar.

The episode of March 23rd was the most significant activity at the Soufriere Hills since the current pause began more than two years ago. The large VT earthquakes are likely to have been caused by increasing pressure below the volcano from uprising magma while the ash venting was probably phreatic in origin. This type of activity had occurred before at Soufriere Hills up to several months prior to restarts in magma extrusion, for example in 2005 and in 2008.

The 23 March activity is a reminder that the volcano is still active. Pyroclastic flows can occur at any time without warning on any side of the volcano, including Gages from where they can travel rapidly into Plymouth. Besides, lahars remain a hazard, especially in the Belham valley..

The Hazard Level is kept at 2.

Source : MVO.

 

 

Etude des zones d’accrétion (Islande & Ethiopie)

drapeau francais.jpgUne équipe internationale de chercheurs sous la tutelle de l’Université de Leeds a étudié l’emplacement et le comportement des chambres magmatiques au niveau des dorsales océaniques. Ils ont travaillé dans l’Afar (Ethiopie) et en Islande, les deux seules régions du globe où ces dorsales émergent à la surface de la mer.

Les résultats des études ont été publiés dans la revue Nature Geoscience ; ils apportent un nouvel éclairage sur les zones où le magma est stocké et sur ses déplacements dans les réseaux d’alimentation géologiques. Pouvoir déterminer l’emplacement et le comportement des chambres magmatiques pourrait permettre d’identifier plus rapidement les premiers signes d’une éruption volcanique.

Les scientifiques ont utilisé les images fournies par le satellite Envisat de l’Agence Spatiale Européenne pour mesurer les mouvements du sol avant, pendant et après les éruptions. Ils ont ensuite mis au point des simulations informatiques montrant le processus d’accrétion.

(Remarque personnelle : Simuler le processus d’accrétion sur ordinateur est une bonne idée, mais cela ne permettra pas de prévoir les éruptions. Seul l’aspect « mécanique » du phénomène est susceptible d’être étudié par l’informatique qui est une science exacte, contrairement au processus éruptif qui ne l’est pas).

L’une des études a montré que les chambres magmatiques qui ont alimenté une éruption en novembre 2008 ne se trouvaient qu’à un kilomètre de profondeur alors que l’on pensait généralement qu’elles se trouvaient à plus de 3 km. Il est inhabituel de trouver des chambres magmatiques peu profondes dans des zones d’accrétion lente somme le rift de l’Afar où les plaques tectoniques s’écartent à la même vitesse que poussent les ongles de la main. Selon un scientifique qui a participé à cette étude, « il est vraiment surprenant de voir une chambre magmatique si proche de la surface de la Terre dans une zone où les plaques s’écartent très lentement. Les résultats changent notre approche des volcans ».

(Remarque personnelle : Cette affirmation n’est qu’en partie vraie. Déjà dans les années 60, Haroun Tazieff avait déclaré qu’il était persuadé que le magma se trouvait à très faible profondeur dans cette partie du monde).

Un autre scientifique de l’équipe a remarqué que le sol avait commencé à se soulever quatre mois avant l’éruption, sous l’augmentation de pression du magma dans l’une des chambres volcaniques. La compréhension de ces signes précurseurs est essentielle pour pouvoir prévoir les éruptions.

L’éruption de 2008 dans l’Afar va permettre aux scientifiques de mieux comprendre les phénomènes volcaniques au niveau des zones d’accrétion. La plupart de ces zones se situent en général à au moins deux mille mètres de profondeur, ce qui rend leur accès extrêmement difficile. Les nouvelles connaissances obtenues en Ethiopie vont aider les chercheurs à mieux comprendre les volcans islandais dont les éruptions peuvent avoir un impact sur le Royaume Unis.

(Remarque personnelle : Pourquoi seulement le Royaume Uni ? D’autres pays européens sont susceptibles d’être affectés par une éruption en Islande ! Egoïsme britannique ?

D’autre part, je suis toujours surpris de constater que nous sommes capables d’envoyer des sondes sur la planète Mars et que nous hésitons à explorer le fond des océans, certes moins médiatiques que l’espace !)

Source : Physorg.

 

drapeau anglais.jpgInternational teams of researchers, led by the University of Leeds, studied the location and behaviour of magma chambers on the Earth’s mid-ocean ridge system. They worked in Afar (Ethiopia) and Iceland – the only places where mid-ocean ridges appear above sea level.

The studies, published in Nature Geoscience, reveal new information about where magma is stored and how it moves through the geological plumbing network. Finding out where magma chambers lie and how they behave can help identify early warning signs of impending eruptions.

Scientists used images taken by the European Space Agency satellite Envisat to measure how the ground moved before, during and after eruptions. Using this data, they built and tested computer models to find out how rifting occurs.

(Personal remark: Testing computer models of rifting is a good idea but can’t help predicting eruptions. It can only help understand the « mechanical » aspect of this phenomenon).

Data in one study showed magma chambers that fed an eruption in November 2008 in the Afar rift were only about 1 km below the ground whereas the standard model had predicted a depth of more than 3 km. It is highly unusual for magma chambers to lie in shallow depths on slow spreading centres such as the Afar rift, where tectonic plates pull apart at about the same speed as human fingernails grow. According to the scientist who led the study, « it was a complete surprise to see that a magma chamber could exist so close to the Earth’s surface in an area where the tectonic plates move apart so slowly. The results have changed the way we think about volcanoes. »

(Personal remark: This is only partly true. French volcanologist Haroun Tazieff said in the 1960s  he thought that magma was shallow in that part of the world).

Another scientist noticed that the ground started « uplifting » four months before the eruption, due to new magma increasing pressure in one of the underground chambers. Understanding these precursory signals is fundamental to predicting eruptions.

The 2008 eruption in Afar helps scientists to learn more about volcanoes at spreading centres. Most spreading centres are under 2 km of water at the bottom of the ocean, making detailed observations extremely challenging. The new knowledge derived from Ethiopian volcanoes will help scientists understand volcanoes in Iceland, where eruptions can have a big impact in Europe.

Personal remark: I have always been surprised to see we are able to send probes to Mars and still reluctant to study the bottom of the oceans!

Source: Physorg.

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Site remarquable d’accrétion en Islande: la faille d’Almannagja.
(Photo: C. Grandpey)