Dans une interview sur le journal en ligne ABC.es, le géologue espagnol Juan Carlos Carracedo critique violemment l’approche de l’éruption d’El Hierro par les scientifiques en place sur l’île. Selon lui, « nous sommes la risée du monde » et il regrette l’absence de volcanologues compétents en matière d’éruptions sous-marines. Il ne comprend pas pourquoi il a fallu autant de temps pour envoyer un bateau sur le site de l’éruption afin de récolter des échantillons. Il ne comprend pas non plus pourquoi on a autorisé les habitants de La Restinga à revenir chez eux à un moment où le danger était plus grand que lors de leur évacuation.
J’ai émis à plusieurs reprises sur ce blog des doutes sur la capacité des scientifiques locaux à gérer la crise éruptive à El Hierro. Hier encore, je regrettais l’envoi tardif d’un bateau sur le site. Des prélèvements d’échantillons ont été effectués, mais aucune conclusion définitive n’a été émise sur leur origine.
Au moment où j’écris ces lignes, la sismicité est en baisse et le tremor n’a pas connu d’accroissement notable ces derniers jours. Il semble donc que l’éruption se soit calmée et qu’il n’y ait plus de risque de voir la lave sortir sur l’île proprement dite. C’est heureux car je ne suis pas certains que les volcanologues locaux auraient été en mesure de faire face à une telle éventualité.
Certaines personnes vont dire que je n’ai pas le droit d’écrire de telles choses car je ne suis pas volcanologue de formation. Certes, mais j’ai une expérience du terrain qui me permet de faire certaines remarques. J’ai eu la chance de bien connaître l’équipe Tazieff et je me dis que les temps ont changé. Garouk et son équipe auraient sans aucun doute procédé à une étude beaucoup plus rigoureuse de la situation !