Beaucoup de gens l’ignorent, mais le volcanisme sous-marin est beaucoup plus actif que celui que nous pouvons observer sur les terres émergées et on pense même que les éruptions sous-marines représentent près des trois-quarts de toutes celles qui se produisent sur Terre. Elles surviennent dans des lieux inaccessibles, de sorte que personne ne les observe. On peut d’ailleurs s’étonner de constater que nous connaissons mieux la Lune, Mars ou Jupiter que les profondeurs de notre propre planète !
Jusqu’à présent, le seul volcan sous-marin vraiment analysé par les scientifiques était le NW Rota-1 près de l’île de Guam, dans le Pacifique. Aujourd’hui, l’éruption la plus profonde jamais observée est celle du volcan West Mata près des Iles Fidji, dans la partie sud-ouest du Pacifique, et plus précisément dans le Lau Basin. Cette région est celle où la subduction est la plus rapide au monde.
West Mata a été découvert en 2008-2009 et les premières observations d’éruptions ont été effectuées à l’aide d’un robot télécommandé à environ 1200 mètres de profondeur. A l’époque, les éruptions étaient quasiment permanentes et on pouvait voir de grosses bulles de lave – environ un mètre de diamètre – d’où s’échappait du gaz qui semblait alors s’enflammer.
Comme c’est le cas avec la plupart des activités volcaniques sous-marines, les bouches éruptives sont colonisées par une foule d’organismes vivants. Certains scientifiques pensent que c’est à partir de ces lieux que sont nées les premières molécules de la vie sur Terre.
L’éruption la plus récente à West Mata a été observée à 700 mètres de profondeur. Les scientifiques ont été surpris de constater qu’une activité explosive pouvait se produire à une telle profondeur, en dépit de la pression très forte exercée par l’eau.
Les échantillons recueillis ont montré qu’il s’agissait de boninite, une lave saturée en eau jamais récoltée auparavant, si ce n’est dans d’anciens dépôts volcaniques. Cette lave ne se rencontre que dans les zones de subduction et ces récents échantillons pourraient aider à mieux comprendre cet aspect de la tectonique des plaques.
Source : Nature Geoscience.