Il était une fois…

Par une belle journée de 1993, Veronica Perez, une brave paysanne de 76 ans, ramassait des racines dans la forêt de la vallée de Buyuan quand elle se sentit enveloppée par une onde de vent très chaud. Le Mayon venait de vomir une de ces coulées pyroclastiques qui le rendent tristement célèbre. En moins de cinq minutes, la cendre du volcan brûla la peau de cette femme, y compris son dos. Rapidement conduite à l’hôpital, elle a survécu à ses blessures. 

Cette expérience douloureuse a totalement changé la vie de Veronica Perez, y compris son nom. Affectueusement surnommée « Lola Ver » autrefois, elle est devenue « Lola Mayon », car la cicatrice en forme de dôme qui tranche désormais son dos lui indique quelle est l’humeur du volcan et surtout si une éruption va avoir lieu. Comme elle le dit, « si la cicatrice me fait un peu mal, cela veut dire que le volcan va entrer à coup sûr en éruption. L’autre jour, une semaine avant notre évacuation, j’ai dit à ma famille que la cicatrice me faisait souffrir et qu’une éruption allait probablement avoir lieu ». Elle avait fait une déclaration identique en 2004 et en 2006, juste avant que le Mayon se mette en colère, et où moment même où le PHILVOCS mettait en garde la population sur le risque d’une éruption.

L’entourage de Lola Mayon  adhère plus ou moins à ses prédictions. Certains se moquent d’elle tandis que d’autres lui font confiance « à cinquante pour cent ». Elle a attiré l’attention des médias étrangers, en particulier les Japonais, les Vietnamiens et même les Américains. Son seul désir est d’aider les gens. Elle-même n’a pas peur du volcan car elle est persuadée que son “sauveur” sera toujours auprès d’elle pour la protéger. « Quand vous vous sentez en danger, il suffit de dire simplement: Salvador del Mundo, Salva me, Salva ran man ako, ikaw.”

Source : Manila Bulletin.

 

Lola Mayon a-t-elle raison ? Peu importe. Ce qui m’inquiète, c’est que beaucoup de gens lui font confiance, comme d’autres font confiance aux gardiens des volcans indonésiens. Dans le cas présent, c’est une bonne chose, car les prédictions de Lola Mayon ne peuvent qu’inciter les habitants de son village à rejoindre les centres d’évacuation. Dans d’autres circonstances, c’est plus gênant. Souvenons-nous du gardien du Kelud qui, persuadé qu’une éruption n’allait pas se produire, recommandait aux villageois de rester chez eux. L’éruption n’a effectivement pas eu lieu, mais la chance ne sera pas forcément en permanence du côté de ce brave homme…

 

 

Les mesures effectuées le 26 décembre montrent une nette baisse des séismes d’origine volcanique ainsi que des émissions de SO2. D’une manière globale, ces deux paramètres sont en déclin depuis le 22 décembre. Il ne s’agit peut-être que d’une phase de répit avant une activité explosive plus violente.

Mayon (Philippines)

drapeaufrancais.jpgLes mesures effectuées au cours des derniers jours sur le volcan sont les suivantes :

1)      Séismes d’origine volcaniques : 1051 événements le 22 décembre, 815 le 23/12, 871 le 24/12 et 406 le 25/12.

2)      Emissions de SO2 : 6737 tonnes le 22 décembre, 5737 le 23/12, 2738 le 24/12, 8993 le 25/12.

Ces mesures sembleraient donc refléter une certaine baisse d’activité, sauf que les émissions de SO2 remontent en flèche après une baisse régulière pendant 72 heures. Ce dernier point inquiète les volcanologues philippins qui se souviennent qu’en 1984 le Mayon a connu une grosse éruption après une accalmie de 4 jours.

Source : PHILVOCS.

 

drapeau anglais.jpgThe measurements performed over the past days reveal the following results:

3)      Volcanic earthquakes : 1051 events on 22 December, 815 on 23/12, 871 on 24/12 and 406 on 25/12.

4)      SO2 emissions : 6737 tons on 22 December, 5737 on 23/12, 2738 on 24/12, 8993 on 25/12.

5)      One might think the volcano is getting quieter. However, SO2 emissions are rising strongly, after a regular decrease for 72 hours. This is what worries volcanologists who remember that Mayon violently erupted in 1984 after a four-day lull.

Source: PHILVOCS.

Gaua (Archipel du Vanuatu)

drapeaufrancais.jpgAu cours des dernières semaines, l’activité du volcan a principalement consisté en émissions de cendre et parfois de vapeur. Des retombées de cendre ont été observées dans la partie occidentale de l’île. En décembre, les périodes de forte émission de gaz ont été plus fréquentes qu’en novembre. A noter qu’entre le 14 et le 18 décembre, les nuages de cendre étaient plus sombres et plus denses et signalaient peut-être une nouvelle phase éruptive. Le niveau d’alerte est maintenu à 2, sur une échelle de 4.

Source: Global Volcanism Program.

 

drapeau anglais.jpgOver the past weeks, volcanic activity was mainly characterized by continuous ash emissions accompanied by periodic steam emissions. Ashfall was reported in the western part of the island. In December, significant gas emissions were more frequent than during November. Ash emissions during 14-18 December were thicker and darker, and possibly represented a new eruptive phase. The alert level remains at 2, on a scale of 4.

Source: Global Volcanism Program.

Coup de chaleur aux Philippines!

Alors que chez nous c’est la grippe porcine – habilement baptisée « grippe A » ou « H1N1 » pour ne pas faire chuter les achats de rôtis de porc – qui préoccupe la population, aux Philippines, c’est une autre histoire cochonne qui anime les conversations parmi les réfugiés du Mayon… 

Il y a quelques jours, les autorités ne comprenaient pas pourquoi certains réfugiés insistaient pour rentrer chez eux, sous prétexte qu’il fallait « nourrir les cochons » pour qu’ils ne crèvent pas de faim. Ils le comprenaient encore moins quand les enfants leur disaient qu’il n’y avait pas de porcs à la maison !  Poussant un peu plus loin leurs investigations, les responsables locaux se sont vite aperçus que « nourrir les cochons » signifiait en fait « faire l’amour », moment agréable mais impossible dans la promiscuité de centres d’hébergement bondés ! Les autorités ont par ailleurs réalisé que les querelles ou les accès de nervosité qui naissaient parfois entre les réfugiés étaient dus à un manque de relations sexuelles au sein de couples.

Afin de résoudre ce problème, deux « chambres conjugales » ont été mises en place dans chaque centre d’évacuation, mais cette solution ne semble pas satisfaire les intéressés qui préfèrent l’intimité de leur maison pour satisfaire ce « besoin biologique ». .Il semblerait qu’ils craignent les moqueries de leurs congénères ou d’être épiés par des voyeurs…

Les autorités envisagent maintenant de distribuer des coupons qui permettraient aux couples en manque de se rendre dans des motels situés à proximité des centres d’évacuation. Reste à définir le nombre de coupons à donner à chaque couple, en sachant que les coupons seront donnés uniquement aux épouses pour dissuader leurs conjoints d’aller fricoter avec d’autres femmes….. !

Dans la province d’Albay, il n’y a donc pas que le Mayon qui soit en chaleur. La situation volcanique est stable, avec toutefois un déclin du nombre de séismes volcaniques au cours des dernières 24 heures. Le niveau d’alerte est maintenu à 4 sur une échelle de 5.